Depeche Mode revient du côté sombre

Par Par Fabrice AUBERT, le 17 octobre 2005 à 08h00 , mis à jour le 19 octobre 2005 à 14h20

Quatre ans après "Exciter", le trio anglais publie son onzième album studio. "Playing the angel" se distingue par sa noirceur, notamment au niveau des textes, et ses sonorités électro.

visuel album playing the angel de depeche mode

Encore une fois, et peut-être plus que par le passé malgré le parcours sinueux du groupe, le nouvel opus de Depeche Mode n'a jamais failli voir le jour. D'un côté, Dave Gahan, cantonné au chant depuis plus de vingt ans, mais fort du succès d'estime de "Paper monsters", son album solo sorti en 2003, exigeait de placer plusieurs de ses propres chansons pour poursuivre l'aventure. De l'autre, Martin Gore ne semblait pas spécialement décidé à laisser son alter ego mettre son nez dans la composition, son domaine réservé.

Bref, les "devotees" n'espéraient plus grand-chose de la part du trio originaire de Basildon -Andy Fletcher est toujours là pour jouer le médiateur entre ses deux compères. Mais chacun ayant mis de l'eau dans son vin, "Playing the angel" ("Faire l'innocent") débarque donc dans les bacs quatre ans et demi après "Exciter".

Gore influencé par son divorce

Ce onzième album de "DM" est sûrement le plus sombre. C'est en effet peu dire que le contexte dans lequel il a été élaboré -Martin Gore était alors en plein divorce- se retrouve sur les textes. Les titres des chansons sont à eux seuls tout un programme : "A pain that i'm used to" ("Une douleur à laquelle je suis habitué"), "Damaged people" ("Des gens abîmés") ou encore "The darkest star" ("L'étoile la plus sombre"). L'âme du groupe raconte ainsi les conséquences de sa séparation sur ses deux enfants dans "Precious", le premier single (cliquez ici pour voir le clip). Ou écrit que "douleur et souffrance frappent toujours là où cela fait mal/Sachant que l'on ne peut pas perdre ce que l'on ne possède pas". Sans surprise, ses thèmes favoris, sexe et religion, sont très présents. Mais là aussi, le pessimisme règne dans "The sinner in me" ("Le pécheur qui est en moi") et "John the revelator" ("Jean le prédicateur"), où -c'est assez rare pour le signaler- il prend une prise de position politique ferme contre les extrémistes.

Pour sa part, Dave Gahan, qui a finalement réussi à obtenir trois morceaux, n'est pas en reste. Avec "I want it all" ("Je veux tout"), qualifié d'autobiographique, il explique qu'il n'est jamais satisfait et finit par être attiré par ce qui est mauvais pour lui. Sur "Suffer Well" ("Bien souffrir"), il relate qu'il ne "fait que (se) cramponner à bien souffrir" ("I just hang on/Suffer well"). Son dernier titre "Nothing's impossible" ("Rien n'est impossible") est néanmoins la seule note d'optimisme sur les onze de "Playing the angel" (la douzième piste est un interlude instrumental sans intérêt).

Gahan toujours parfait au chant

Si le fond n'est donc pas très joyeux, la forme, sans l'être spécialement, atténue cependant cette noirceur. Produit par Ben Hillier, qui a notamment collaboré avec Blur pour "Think tank", "Playing the angel" est plus rapide que ses deux prédécesseurs. En majorité électronique et synthétique, il est toutefois assez éclectique grâce aux guitares et la batterie en arrière-fond. Et il faut noter le travail évident apporté à la recherche de sonorités inhabituelles.

On navigue ainsi entre électro-pop dont Depeche Mode s'est fait la spécialité ("A pain that I'm used to be", aux sirènes stridentes), new-wave du début des années 80 remis au goût du jour ("Lilian"), pop-rock classique ("Suffer well"), tendances industrielles ("The sinner in me"), voire notes asiatiques ("Damaged people"). Quelques morceaux plus lents ralentissent le rythme, parfois sur des ambiances oppressantes ("The darkest star") ou planantes ("I want it all"). De son côté, même s'il n'est pas très original et peu représentatif du reste, "Precious" est en revanche efficacement formaté pour les radios. Le tout est porté par un Dave Gahan, qui malgré sa quarantaine bien entamée, apporte son chant puissant comme sur "John the revelator", sorte d'électro-rock où il retrouve les accents de son album solo. Enfin, comme d'habitude, Martin Gore passe deux fois derrière le micro principal ("Macrovision" et "Damaged people"), mais loin du niveau de ses interprétations antérieures.

Au final, alors qu'on aurait pu craindre qu'il ne soit qu'un album de commande pour terminer le contrat qui liait Depeche Mode à EMI, "Playing the angel", sans atteindre la qualité d'un "Violator" (est-ce d'ailleurs possible ?), est une bonne surprise. Reste à savoir, comme à chaque fois avec un groupe tellement tourmenté, si elle ne sera pas la dernière.

Huit concerts en France

Promotion oblige, Depeche Mode entame début novembre une nouvelle tournée, baptisée "Touring the angel". Après l'Amérique du Nord, elle débarquera en Europe début 2006. Pas moins de huit prestations sont prévues dans l'Hexagone : Marseille (1er février), Toulouse (3 février), Lyon (5 février), Paris-Bercy (21-22-23 février), Amnéville (24 mars) et Douai (25 mars).

Cliquez ici pour réserver vos places 

(Photo : la pochette signée Anton Corbijn)

Par Par Fabrice AUBERT le 17 octobre 2005 à 08:00
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17 Commentaires

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  • Genevois, le 26/10/2005 à 18h27

    Bien que le neuchatelois ne soit pas satisfais c vrai vaut mieux un didier cuche sur un podium!! a la chanson svp bref fan je sais pas mais dm ma toujours fait vibre les precurseurs de l electro indemodable bref des dieux pourvu que cela dure....

  • Miss peto, le 22/10/2005 à 18h48

    Waouu !! je viens d'écouter l'album !! enfin de retour mon groupe préféré des années 80 , super ça m'en mets des frissons partout dans le corps surtout le morceau précious !! merci vivement le concert !!!

  • Velvet, le 22/10/2005 à 17h33

    Je serais également tentée de dire que cet album sent la "fin", ne serait-ce qu'à cause du nombre de références à des morceaux des précédents albums (un petit gimmick deci-delà, une sonorité...) Cependant, je trouve cet opus magnifique et j'espère qu'il n'est que l'énième avatar de Depeche Mode. C'est du bon boulot, la voix de Dave Gahan est pus juste et plus profonde que jamais, ça ne ressemble à rien d'autre... Je dis bravo... et encore !

  • Jerome, le 21/10/2005 à 22h50

    Le grand DEPECHE MODE est de retour ! Le son, les textes tout y est. Un album magique, digne d'un excellent travaille. Album à recommander...

  • Wendling, le 21/10/2005 à 16h58

    Comme d'habitude c'est génial et il n'y a rien à ajouter.

  • Chef, le 21/10/2005 à 15h15

    Bouh..... c'est nul

  • MORLOF, le 20/10/2005 à 18h22

    Album très réussi. Les mélodies sont superbes et la voix du chanteur est toujours autant sensuelle. Je recommande d'écouter " precious » et son clip. Il est entré direct en quatrième position des charts anglais.

  • ALICE, le 20/10/2005 à 11h19

    RIEN DE BIEN NEUF!MAIS PAS MAL.

  • Stephane, le 19/10/2005 à 15h31

    Production soignée, voix totalement maîtrisée, DM sait une fois de plus apporter un niveau d'exigence là où d'autres ne font que copier-coller à l'infini leurs recettes initiales. toujours les mêmes mais un peu différents, le trio (devrait on dire duo ?) ne la joue pas "on est potes pour la vie" et c'est tant mieux car ce qui compte ici c'est l'émotion véhiculéee sur une galette de plastique et les émotions à venir dans un bercy chauffé à blanc comme cela a été le cas à chacun de leurs passages qui, pour ceux qui aiment les artistes en live, ont été des souvenirs inoubliables.

  • Dédé, le 18/10/2005 à 12h32

    Tout n'est que business et cet album n'échappe pas à la règle !!

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