
Paris Bercy. 25 janvier. Près de 13.000 spectateurs sont au rendez-vous de l'un des 13 concerts de Mylène Farmer entamés dans la salle de spectacle parisienne le 13 janvier dernier. Au milieu de la fosse a été plantée une scène en forme de croix. Au fond, la scène traditionnelle est encore cachée par une épaisse porte dorée évoquant un temple. Après la diffusion d'un court-métrage, l'auditoire attend avec impatience l'arrivée sur scène de la star qui, comme à son habitude, soigne son entrée. Le noir se fait dans l'enceinte. Au dessus de la scène centrale, apparaît un caisson lumineux qui descend progressivement. Mylène Farmer y est allongée, yeux clos. Les portes du "temple" s'ouvrent, une passerelle vient faire la jonction entre les deux plateaux. Six hommes débarquent et transportent le cylindre de verre vers la scène principale. La foule est en délire. La star ouvre les yeux, lance un grand sourire à son public et entame son concert qui va durer 2h20.
Les chansons s'enchaînent. Mylène Farmer alterne les titres de son dernier album Avant que l'ombre... avec ses anciens succès. Elle démarre avec l'énergique Peut-être toi, enchaîne avec le tube XXL, Dans les rues de Londres, California, Porno Graphique, Sans contrefaçon et Q.I. Après C'est une belle journée, changement d'ambiance. Le noir revient dans Bercy. Le tonnerre gronde. Un piano apparaît comme par enchantement au milieu de la croix centrale. Le célèbre musicien Yvan Cassar, prend place et démarre les premières mesures de Ange parle-moi.... Mylène Farmer revient sur scène par les airs, transportée par une nacelle transformée en chandelier géant. La foule est en délire. S'en suit une sélection de chansons parmi les plus douces du répertoire de l'égérie rousse (Redonne-moi, son dernier single, Rêver et L'autre. Mylène Farmer parvient à recréer dans cette immense salle, un moment d'intimité émouvant, tout en sobriété. Elle apparaît plus proche de son public, n'hésitant pas à faire monter une spectatrice toute émue sur la scène. Le public déjà tout acquis à sa cause est subjugué. La chanteuse met fin à ce joli tableau avec l'inévitable hymne Désenchantée qui met l'auditoire en transe.
Spectaculaire final
Le reste du spectacle se déroule avec toujours cette alternance mathématique de chansons récentes et de succès passés : Nobody Knows laisse la place à Je t'aime mélancolie suivi de L'amour n'est rien, la reprise de Déshabillez-moi, Les mots (qu'elle chante en duo avec son batteur Abraham Laboriel Jr. en remplacement de Seal), Fuck them all et enfin Avant que l'ombre... pour un final tout aussi spectaculaire que l'entrée. Mylène Farmer, glissée dans une robe rouge, chante derrière un rideau d'eau sur lequel on peut lire par moment le mot "passé" écrit en lettre d'eau ! Avant la fin de la chanson, une lumière blanche éclaire le haut d'un long escalier qu'emprunte lentement la chanteuse, laissant au milieu tomber sa robe flamboyante, simulant la nudité. Le rideau d'eau dessine une silhouette, celle de Mylène Farmer. Les portes se referment.
Contrairement à ses précédents spectacles, la chanteuse mène presque seule sa revue accompagnée de ses musiciens et ses deux choristes. Les danseurs et danseuses n'accompagneront la star que lors de rares moments. Néanmoins, sept danseurs espagnols de flamenco (sept frères nous révèle la chanteuse) assurent énergiquement les interludes, laissant le temps à la star de changer de costumes (tous signés Franck Sorbier). Du coup, la scène de Bercy paraît un peu grande pour la chanteuse qui tente, tant bien que mal, d'occuper tous les recoins. Au final, le spectacle, non transportable pour une tournée, est à la hauteur des ambitions du public avec une mise en scène parfaite servie admirablement par des jeux de lumière très réussis. Dommage que de petits problèmes de sons aient été au rendez-vous. La star est apparue plus décontractée que jamais mais aussi plus souriante et partageuse qu'elle ne l'a jamais été. L'essentiel est là, la magie Farmer a une nouvelle fois opéré.
(Photo : Mylène Farmer - Copyright TF1)
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