
Dans votre quatrième album "Si on chantait plus fort", vous réalisez des prouesses vocales et vous vous libérez, aussi bien musicalement que dans votre façon - très originale, d'aborder vos sujets... Pensez-vous vous être accompli sur cet opus ?
Patrick Fiori : Oui, tout à fait. Accompli dans tous les sens du terme : aussi bien au niveau du répertoire de cet album que de la manière dont il a été enregistré et construit, avec les collaborations des auteurs-compositeurs. Je pense que je suis arrivé à mon objectif final. C'est vrai que je me suis permis quelques détours avec des titres comme La boîte aux lettres et Marlène pour ne citer que ceux-là... J'ai eu envie d'offrir au public et de nous offrir des petits dérapages.
Cet album, vous l'avez enregistré dans votre studio, chez vous, en Corse. Etait-ce une nécessité ?
Patrick Fiori : Je n'ai pas de studio en Corse, en fait, c'est ma maison qu'on a équipée. On est parti de Paris dans un camion, avec le co-réalisateur, on a mis du matos et on a fait Paris-Marseille, Marseille-Ajaccio, direction ma maison. On a installé tout le matériel dans le séjour et on est resté deux mois et demi là-bas. C'était génial et c'est aussi dans ce sens que je me suis accompli. Le fait d'enregistrer un album chez soi, au bord de la mer, sans vis-à-vis, sans tourner deux heures pour trouver une place, sans objets impersonnels, sans hôtels insignifiants... J'étais chez moi et je ne pouvais rêver mieux comme cadre pour travailler.
Vous étiez au Bataclan, à l'occasion du Hits & Co Show et vous préparez une tournée. Comment envisagez-vous ces représentations ?
Patrick Fiori : Je regardais beaucoup le Hits & Co Show et je n'y étais encore jamais allé, j'étais donc très content le jour où l'on m'a demandé de participer à l'émission. Et être au Bataclan, c'est génial, on a l'impression de faire un concert dès le premier titre sauf que l'on en fait deux (rires)... Ça permet à plusieurs autres artistes de passer. Pour la tournée, elle commence en avril et c'est un peu pareil, on va se régaler !
La relation que vous entretenez avec votre public est assez fusionnelle : vous les impliquez dans vos concerts, sur votre site Internet et jusqu'au titre de votre dernier album... Est-ce une preuve de générosité ?
Patrick Fiori : Je réponds à l'amour qu'on me donne. A partir du moment où il y a des gens qui, malgré le téléchargement illégal, font tout de même l'effort d'acheter des billets de concerts pour voir un artiste, et qui font parfois de longs trajets, je ne peux qu'être reconnaissant de cela. La vie coûte cher, une place de concert ça n'est pas donné ; les gens qui font l'effort de garder un peu d'argent en fin de mois pour venir voir un concert, je les respecte et j'ai envie de les remercier. L'instinct fusionnel que j'ai avec mon public vient donc du fait que je sais ce que ça leur coûte, le temps que ça leur prend... J'essaie d'être le plus généreux possible pour leur rendre la pareille.
Vous faites partie de la troupe des Restos du Coeur depuis 6 ans, que représente pour vous un tel engagement ?
Patrick Fiori : Je faisais déjà les Restos du Cœur à mon niveau quand j'étais beaucoup plus jeune, dans la région PACA et en Corse, avec des artistes qui n'étaient pas connus, comme moi à l'époque, et déjà on arrivait à récolter des fonds, à avoir quatre ou cinq mille francs. On les envoyait aux Restos du Cœur. Jamais je n'aurais pensé me retrouver là-bas un jour. Je sais ce que représentent les Restos du Cœur, non pas que je sois passé par là, mais je viens d'une famille assez modeste qui a tout fait pour subvenir aux besoins de ses enfants... Je connais la valeur d'un repas. Cette cause me touche énormément, c'est un honneur de la servir.
Le Hits & Co Show sera diffusé sur TF1 le 1er avril
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