Après le Brésil, l'Arménie est à l'honneur

Par Ani BASAR, le 21 septembre 2006 à 06h50 , mis à jour le 21 septembre 2006 à 07h14

La France va lancer ce jeudi le coup d'envoi d'"Arménie mon amie", année d'échange culturel qui invite à la rencontre d'une civilisation singulière.

"Arménie mon amie"

La communauté arménienne de France, forte de 350.000 membres, est à l'honneur pendant un an et pourra mettre en lumière des relations séculaires d'amitié entre les peuples français et arméniens. Symboliquement, "Arménie mon amie" débute ce jeudi, jour du quinzième anniversaire de la fête nationale de l'ex-pays de l'Union soviétique et s'achèvera le 14 juillet 2007.

L'année de l'Arménie succède ainsi au Brésil. Après la chaleur et la joie de vivre du pays de la samba, la tâche n'est pas aisée. "Chaque saison apporte sa couleur. On est dans un autre registre : celui de l'éducation, de l'intimité et de la culture, compte tenu des 3000 ans d'histoire de cette nation", explique Nelly Tardivier, commissaire de l'Année de l'Arménie contactée par LCI.fr.

"Capital sympathie"

Trois millions des 6,5 millions d'Arméniens vivent en dehors de leur territoire. Implantée depuis près de 90 ans, la communauté en France est discrète mais très active. "Le capital sympathie de la France pour les Arméniens est immense et j'aimerais profiter de cette occasion pour expliquer d'où provient ce sentiment", expose Nelly Tardivier.

Le 30 septembre, Jacques Chirac se rendra à Erevan, la capitale de l'Arménie pour le lancement officiel du programme en France et son pendant en Arménie. Le chanteur d'origine arménienne, Charles Aznavour, y donnera un premier concert et un second à l'Opéra Garnier à Paris, le 17 février. Des concerts de musique classique et contemporaine jalonneront toute cette période en France. De nombreux colloques et conférences complèteront la programmation pour aborder toutes les facettes de l'identité arménienne.

La question du génocide

L'année aura également un tour politique. Les Arméniens se sont toujours mobilisés lorsqu'il s'est agi de défendre leur histoire. Chaque 24 avril, dans les grandes villes de France, on commémore l'anniversaire du génocide perpétré par les Turcs en 1915. Le chiffre d'1,5 millions de morts enterrés sans sépulture est avancé. Quatre-vingt-onze ans après, la Turquie continue d'affirmer que les massacres ont eu lieu des deux côtés.

Si la question est incontournable, Nelly Tardivier a indiqué que le désir des Arméniens était de "profiter de cette année pour faire connaître toutes les richesses et les spécificités de leur culture. J'invite donc chaque personne à venir découvrir ses mystères", a-t-elle conclu.

Par Ani BASAR le 21 septembre 2006 à 06:50
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