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| La réaction de Gaudin |
Après Lille, ce sera donc Marseille. La Cité phocéenne, 2e ville de France, a été choisie comme capitale européenne de la culture 2013. Elle partagera le titre de capitale européenne de la culture 2013 avec la ville slovaque de Kosice, déjà choisie le 9 décembre. Marseille était en concurrence avec trois autres villes françaises : Bordeaux, Lyon et Toulouse. Interrogé sur LCI mardi soir, Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, a estimé que ce choix allait "permettre à la ville de se régénérer", niant toute "rivalité politique" entre lui et les autres villes en lice. C'est "une chance pour Marseille" et "une chance pour l'Europe de nous avoir choisi", a-t-il également commenté, estimant que c'est "l'esprit d'équipe qui a gagné".
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a annoncé que la décision du jury "avait été prise à l'unanimité". Le président du jury, Robert Scott, a expliqué son choix en affirmant que "la candidature de Marseille présente un équilibre particulièrement réussi entre la qualité culturelle, l'engagement politique et le soutien économique". "Nous ne doutons pas que Marseille, Capitale européenne de la culture, sera un grand succès", a-t-il ajouté. "C'est une grande victoire. C'est la réussite d'un formidable élan du territoire Marseille Provence dont les acteurs politiques, économiques et culturels de 130 communes ont su se rassembler", s'est félicité, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Marseille Provence, Jacques Pfister, également président de la candidature Marseille Provence 2013. Les trois villes "évincées" ont félicité leur "adversaire". Pierre Cohen, député-maire socialiste de Toulouse, a pour sa part assuré qu'ils poursuivrait les objectifs du projet toulousain avec ses partenaires.
Grand oral de maires...
Pour choisir entre les 4 villes françaises, le jury, composé de 13 membres (six désignés par les ministères français de la Culture et des Affaires étrangères et sept par les institutions européennes), a auditionné les maires des quatre villes françaises candidates, accompagnés notamment des présidents de région. Le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé a été le premier à plancher lundi après-midi, suivi du maire de Marseille, l'UMP Jean-Claude Gaudin. Mardi matin, ce furent au tour du maire socialiste de Lyon Gérard Collomb de défendre son projet. et du maire PS de Toulouse Pierre Cohen passera le dernier.
Ce choix devra ensuite être validé, de façon formelle, par le Conseil des ministres de l'Union européenne. Né à l'initiative de Melina Mercouri, alors ministre grecque de la Culture, le titre de Capitale européenne de la culture a été lancé par le Conseil européen en 1985 afin de contribuer au rapprochement des peuples européens. La procédure de désignation a été réformée en 2006. Plusieurs villes françaises ont déjà eu ce titre : Paris en 1989, Avignon en 2000 et surtout Lille en 2004, qui avait su saisir cette occasion pour affirmer son image de ville dynamique. Cette année-là, la ville du Nord avait attiré environ 8 millions de visiteurs. "Lille 2004 a fait gagner dix ans de notoriété à notre territoire", avait estimé la maire socialiste de la ville, Martine Aubry, en 2005.
... après un jury venu sur le terrain
Depuis ce succès, le titre de Capitale européenne de la culture intéresse. Il assure des retombées économiques non négligeables et est l'occasion de développer de nombreuses infrastructures pour accueillir les initiatives culturelles. Les investissements sont à la charge des villes et des collectivités locales concernées, ainsi que de leurs entreprises partenaires. Pour sa part, l'Union européenne apporte une contribution à hauteur de 1 million d'euros.
Au début du processus de sélection, huit villes françaises étaient sur les rangs. Les candidatures d'Amiens, Nice, Saint-Etienne et Strasbourg ont été écartées lors d'un premier round d'auditions, qui a eu lieu fin décembre 2007. Le jury s'est rendu sur le terrain début septembre, pour examiner les projets des quatre villes encore en lice.
Le projet de Bordeaux s'appuyait sur l'identité latine et atlantique de la ville. Lyon défendait un projet axé sur les "confluences" qui ont façonné l'identité de la ville et misait sur les cultures numériques et l'image. Marseille mettait en valeur les échanges culturels entre l'Europe et les pays du Sud. Enfin le projet de Toulouse avait pour lignes directrices la démocratisation culturelle et le décloisonnement des disciplines. Après Liverpool (Grande-Bretagne) et Stavanger (Norvège) en 2008, Linz (Autriche) et Vilnius (Lituanie) seront les Capitales européennes de la culture en 2009.
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