Maurice Druon/Image d'archives © Abaca
L'écrivain et ancien résistant Maurice Druon, auteur des "Rois Maudits" et du "Chant des partisans" est décédé mardi à l'âge de 90 ans. Né à Paris en 1918, membre de l'Académie française dont il a été secrétaire perpétuel, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Les Grandes familles", prix Goncourt 1948, et "Les Rois Maudits", adapté à la télévision au début des années 1970.
Ecrivain particulièrement fécond, ministre des Affaires culturelles en 1973-74, Maurice Druon est mort vers 18 heures à son domicile parisien. Né le 23 avril 1918 à Paris, d'un père russe originaire d'Orenbourg dans l'Oural, Maurice Druon suit les cours de l'Ecole libre des sciences politiques lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale. Elève officier de cavalerie à Saumur, il s'évade en 1942 et rejoint Londres. Correspondant de guerre, il se consacre à la littérature dès la Libération, évoquant son expérience de combattant dans son premier roman, "La Dernière brigade" (1946). Il est élu à l'Académie française en 1966 à 48 ans. Maurice Druon avait été élu secrétaire perpétuel de l'Académie française en 1985, une fonction de laquelle il avait démissionné en 1999 pour se consacrer à l'écriture. On lui doit aussi "Le Chant des partisans", hymne de la Résistance, écrit avec son oncle, l'écrivain Joseph Kessel.
Défense de Maurice papon
Engagé politiquement, Maurice Druon est nommé en 1973 ministre des Affaires culturelles de Georges Pompidou, puis élu député de Paris de 1978 à 1981. Celui qui, quelques années plus tôt, a vilipendé les insurgés de Mai 68, annonce qu'il ne subventionnera pas ceux qui "viendront au ministère avec une sébile dans la main et dans l'autre un cocktail Molotov". Au cours de son passage aux Affaires culturelles (1973-74), il crée notamment le Centre national des Lettres. En 1977, Maurice Druon entre au comité central du RPR, fondé par Jacques Chirac, et sera membre de son conseil politique de 1979 à 1980. Député de Paris de mars 1978 à juin 1981, il est élu à l'Assemblée des communautés européennes en juin 1979, mais démissionne un an plus tard. Refusant de "juger avec nos yeux instruits d'aujourd'hui" plutôt qu'avec nos "yeux aveugles d'hier", il avait pris la défense de l'ancien préfet de Vichy Maurice Papon lors de son procès à Bordeaux, en 1998.
La "fidélité au gaullisme"
Dans un communiqué publié mardi soir, le président Nicolas Sarkozy salue en lui "une grande plume et une grande âme" ayant "mis son talent et son énergie au service de la culture française, de la langue française". Le Premier ministre, François Fillon, souligne pour sa part que toute la vie de Maurice Druon aura été faite de courage et d'engagement. "Courage dans la Résistance, fidélité au gaullisme et à la France libre, attachement aux richesses et traditions de notre culture".
Pour la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie "l'auteur du 'Chant des partisans' a été tout au long de sa vie un combattant de la liberté profondément attaché aux valeurs du gaullisme et à la grandeur de la France". Dans un autre communiqué, le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, salue un "ami". "Ce deuil accablera tous ceux qui aiment la beauté et la droiture", écrit-il.
(D'après agence)
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