Willy Ronis le doyen s'éteint

Par , le 12 septembre 2009 à 13h46 , mis à jour le 30 octobre 2009 à 14h31

Le photographe français Willy Ronis est mort samedi à 99 ans. Il laisse derrière lui une myriade de clichés de Paris. Le plus connu : "Les Amoureux de la Bastille".

[Expiré] [Expiré] Willy Ronis © AFP/O.Laban-Mattei

C'est la fin d'une ère. On connaît tous un cliché de Ronis. Autant qu'un Doisneau, un Boubat ou un Cartier-Bresson, tous déjà partis depuis quelques années. A son tour, un grand photographe des années noir et blanc, Willy Ronis, disparaît. Il était le doyen des photographes français. Il s'est éteint samedi à l'âge de 99 ans (qu'il avait fêtés le 14 août), a indiqué à l'AFP le PDG d'Eyedea Presse, dont dépend l'agence de photo Rapho où il travaillait. Le photographe, qui ne se déplaçait plus qu'en fauteuil roulant, était affaibli par son grand âge et les dialyses "qu'il subissait régulièrement", a précisé Stéphane Ledoux, patron d'Eyedea (Gamma, Rapho...). Mais "il a été clair dans son esprit et pétillant jusqu'au bout", a-t-il souligné.

  • Willy Ronis, une poétique de l'engagement

    <b>Photo - </b>La Monnaie de Paris consacre une exposition au photographe disparu en septembre dernier. 150 clichés autour de cinq grands axes : la rue, le travail, les voyages, le corps et sa vie.

    Publié le 19/05/2010 Willy Ronis, une poétique de l'engagement
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"On dit que je suis de l'école humaniste : je veux bien l'admettre, car je ne cherche pas à truquer quoi que ce soit, j'aime bien les gens simples, qu'on croise dans la rue", confiait-il l'été dernier au Parisien, à l'occasion des Rencontres photographiques d'Arles. "Sa photo était profondément humaniste et vraie. C'était un des plus grands photographes de son temps, qui nous a offert un regard sur la France", a commenté Stéphane Ledoux. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a rendu hommage à "l'un des plus grands maîtres de la photographie" qui "a offert à nos vies ce miroir lumineux". A son tour, Nicolas Sarkozy a salué un homme qui "a immortalisé pour nous et pour les générations à venir une France populaire et poétique". Pour François Fillon, : Willy Ronis est "un précieux témoin du vingtième siècle". Et Martine Aubry évoque celui qui fut "incontestablement, l'un des plus talentueux photographes français".

"Il prend vite une photo, en catimini, puis redescend"
 
Né en 1910 au pied de la Butte Montmartre, ce titi parisien prend vite le pli d'immortaliser les rues de Paris, avec ce regard humaniste qui faisait sa patte et que salue Stéphane Ledoux. Il publie ainsi Belleville-Menilmontant, un ouvrage qui sera plusieurs fois réédité. Il est photoreporter et illustrateur dès 1937 (travaillant en indépendant essentiellement pour des titres de gauche, comme Capa et Chim), mais le devient à temps plein en 1945. Il avait ainsi rejoint Doisneau et Brassaï à l'agence Rapho. Agence aujourd'hui regroupée avec Gamma. Membre du Parti communiste, le photographe a aussi montré "les dures réalités". "C'est vrai, j'ai des inclinations sociales", avait-il dit. Il fait des reportages sur le Front populaire, immortalise Rose Zehner, meneuse de grève aux usines Javel-Citroën en 1938. Mais "j'ai très vite aimé toutes les facettes de la photographie", avait-il ajouté. On connaît son "Nu" à Gordes, un corps de femme penché sur une bassine, en l'occurrence sa femme qu'il avait surprise en plein été se rafraîchissant, et sa photo, très surréaliste, avec le peintre André Lhôte.

L'un de ses clichés les plus connus est sans conteste "Les Amoureux de la Bastille", pris en 1957 : redécouvrir cette photo (et d'autres de Ronis). "Au cours d'une de ses balades dans Paris, Willy Ronis monte au sommet de la colonne de Juillet. Après avoir pris quelques photos, il aperçoit un couple contemplant les toits de Paris, qui lui tourne le dos. Il prend vite une photo, en catimini, puis redescend. Plus tard, la photo sera beaucoup publiée, dans des magazines, des livres, en cartes postales, en posters, en puzzles. Willy Ronis, qui a l'habitude de recevoir des lettres de gens qui se reconnaissent sur ses photos, s'étonne que personne ne se manifeste. Il s'agit certainement d'un couple d'étrangers en visite à Paris, qui ignore totalement l'existence de cette photo", raconte la rétrospective de la mairie de Paris à propos de cet instantanné aussi connu que les Amoureux de l'Hôtel de Ville de Robert Doisneau.

Il reçoit le prix Kodak en 1947, est médaillé à la Biennale de Venise en 1957 et exposé au MoMA de New York. Ronis avait fait ses dernières séries de photos en 2001. En 2005-2006, l'Hôtel de Ville de Paris lui avait consacré une grande rétrospective.

Son portrait :

Par Diane Heurtaut le 12 septembre 2009 à 13:46
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5 Commentaires

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  • M Berle, le 13/09/2009 à 03h08

    Peut etre savait il voir un Paris qui n'existe que dans Nos reves..mais Leornard de Vinci n'a t'il pas dit ' que la vrai realite n'existe que dans les reves.. '

  • Jim, le 13/09/2009 à 00h59

    La disparition d'un grand monsieur de la photographie. Effacé, discret, mais il laisse des traces indélébiles de la vie du travail et des travailleurs.

  • Martin Brigitte, le 13/09/2009 à 00h35

    Un dernier Adieu a l'ami de la photographie. Le dernier doyen, une école de la photographie a son nom.

  • Martin Brigitte, le 13/09/2009 à 00h31

    Le maestro de la photo, l'orchestre de ses clichés, un bon observateur de la vie de tous les jours au fil du temps comme une barque dans l'eau ou défile les arbres et ou la lumiére rayonne dans le paysage. Nous a Nice on a les photos de Giletta.

  • Martin Brigitte, le 13/09/2009 à 00h26

    Hommage a un grand homme de la photographie française. Un génie, un Master de la photographie.

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