Académie française : Weyergans est arrivé... en retard

le 15 juin 2011 à 10h28 , mis à jour le 16 juin 2011 à 22h16

L'écrivain élu en mars dernier a fait son entrée sous la Coupole jeudi, alors que la cérémonie avait commencé sans lui. Il occupera le siège 32, un fauteuil chargé d'histoire et de malédictions...

François WeyergansFrançois Weyergans © LCI

L'Académie française ? Il y songeait depuis ses 14 ans : l'écrivain François Weyergans, élu le 26 mars 2009, a été reçu jeudi sous la Coupole. Certes, il est arrivé un quart d'heure en retard à la cérémonie. Pour fuir inconsciemment son destin ? Sûrement pas. Devant ses pairs parés de leurs solennels costumes, sa famille émue et un parterre de personnalités françaises et étrangères du monde des arts et des lettres, il a fait son entrée en plein discours de bienvenue d'Erik Orsenna, qui avait annoncé peu avant, sous les rires, que le nouvel immortel allait être légèrement en retard.

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"Etre académicien comme je l'entends, vous met au service de la littérature. Cela est un honneur et c'est à la fois émouvant et ludique",  confiait l'écrivain franco-belge de 69 ans,  enthousiaste à l'idée de siéger dans cette vénérable institution. "Mon rêve serait de monter un jour les marches du Palais des festivals de Cannes en habit vert d'académicien", dit-il. "Cela lierait mes deux bicornes, d'écrivain et de cinéaste", plaisante ce romancier tendre et rare, auteur de douze romans en 40 ans, qui monte ses textes comme on monte un film.

"Cela rappellerait aussi que l'Académie française a eu des liens étroits  avec Cannes. Plusieurs académiciens ont été présidents du jury ou jurés, comme  Pagnol ou Cocteau", ajoute ce passionné du 7e art qui a suivi les cours de  l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) dans les années 60 et  réalisé des documentaires sur Béjart ou Robert Bresson. Dans son Comité de l'Epée, un comité de parrainage, figurent d'ailleurs plusieurs acteurs et cinéastes, dont l'Iranien Jafar Panahi, Michel Piccoli, Isabelle Huppert ou encore Michael Haneke. L'incontournable habit vert brodé lui a été offert par la styliste Agnès  b., et s'inspire de gravures du 18e siècle. Quant à l'épée, "c'est celle de Maurice Béjart, qui était membre de l'Académie des Beaux-Arts, et me l'a léguée. C'est un hommage à une amitié de plus de quarante ans", souligne-t-il.

Des livres, des histoires de fantômes sur le siège 32

L'épée comporte une compression de César avec des chaussons de danse et une médaille de Notre-Dame de la Garde. "J'y ai fait graver un alphabet par Arthus Bertrand, déjà créateur de l'épée", précise l'auteur de Trois jours chez ma mère, prix Goncourt 2005. "J'ai aussi fait graver sur la lame : Plus je pense, plus je pense". François Weyergans a peaufiné pendant deux mois son discours, éloge de son prédécesseur Maurice Rheims, dont le fauteuil 32 était vacant depuis sa mort en  2003, et d'Alain Robbe-Grillet, "lu ou relu leurs livres, le crayon à la main". Le pape du Nouveau Roman aurait dû occuper ce fauteuil mais, élu en mars  2004, il mourra avant son intronisation, après avoir refusé de porter l'habit vert et de préparer un discours... Blessée de voir l'éloge de son père repoussé depuis huit ans, Nathalie  Rheims lui a consacré un livre satirique Le fantôme du fauteuil 32, quand certains parlent d'une malédiction liée à cet illustre siège.

Robert Aron était ainsi décédé six jours avant sa réception sous la Coupole. Dans le passé, il avait déjà porté malheur à d'autres, au point d'inspirer à Gaston Leroux un roman, Le fauteuil hanté, publié voici cent ans... Imperméable aux superstitions, le nouvel "immortel du 32" a passé jeudi son "grand oral" pendant lequel il a répété son discours de réception. François  Weyergans ne voulait "pas un texte académique mais quelque chose de très écrit,  aussi soigné qu'un chapitre de (ses) romans", dit-il. Le jour J, Erik Orsenna prononcera lui le discours de bienvenue, confie-t-il.

Selon la tradition, ses pairs lui "ont aussi dévoilé derrière un panneau de  bois un tableau figurant Richelieu, créateur de l'Académie française, sur son lit de mort. On ne le montre que lorsque vous êtes admis", raconte l'écrivain. "Tous les académiciens sont debout pour vous accueillir, poursuit-il. Ils ne le seront qu'une seule autre fois : lors de votre décès... Cela fait un peu froid dans le dos!"   

le 15 juin 2011 à 10:28
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11 Commentaires

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  • zen1491, le 18/06/2011 à 12h01

    Lisez donc un de ses livres et vous verrez s'il n'est pas un digne défenseur de la langue française ! Tout le monde ne peut pas d'appeler Dupont ou Martin !

  • baronvert, le 17/06/2011 à 09h31

    Il traite plutôt bien la langue française et moi cela me plait.

  • depondy, le 16/06/2011 à 23h30

    ..." LOOK " non plus !...

  • depondy, le 16/06/2011 à 23h27

    Franchement pour un " IMMORTEL ", arriver en retard ce n'est pas vraiment un problème !...

  • look165, le 16/06/2011 à 21h18

    Ca sonne vraiment français comme nom pour un "académicien français".

  • vingas, le 16/06/2011 à 19h56

    J'achète l'épée pour 1 euro ...

  • humanoide56, le 16/06/2011 à 19h27

    Mitterrand qui était en retard à un repas (détente juste après le conseil des ministres) "On peut avoir toutes les excuses pour arriver en retard, mais on en a aucune quand on arrive en avance !"

  • belialgoth, le 16/06/2011 à 19h14

    Minable et méprisant: fidèle à lui même...

  • 421123, le 16/06/2011 à 18h27

    Arriver en retard, même si l'on devient "immortel": il faut le faire! Il a de la chance: certains de ses prédécesseur qui devaient occuper le fauteuil trente deux n'y sont jamais arrivés, car décédés avant la cérémonie d'intronisation.Mieux vaut tard que jamais...

  • baronvert, le 15/06/2011 à 20h12

    Pas mal, pas mal ...

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