127 heures : le livre VS le DVD, le décryptage

Par , le 10 août 2011 à 14h00 , mis à jour le 23 septembre 2011 à 19h09

Chronique - En 2003, un randonneur américain s'amputait le bras, coincé par un rocher, pour s'échapper d'un canyon isolé. Alors que le livre d'Aron Ralston ressort en poche, de même que le film 127 heures en DVD et Blu-ray, avec plein de bonus, TF1 News s'est livré à un exercice stimulant : comparer la vision que l'on se fait du témoignage du survivant avec les images de Danny Boyle.

127 heures James Franco Aron Ralston, Danny BoyleDe gauche à droite, couverture du livre "127 heures" d'Aron Ralston, aux Editions Pocket, portrait de l'auteur, Danny Boyle et James Franco dans le canyon reconstitué du tournage de "127 heures" et pochette du DVD du film © Editions Pocket/Abacapress.com/Fox SearchLight/Distribution Fox Pathé Europa

26 avril 2003. Etat de l'Utah aux Etats-Unis. Aron Ralston pédale hardiment sur son VTT, près du Maze District, l'un des endroits les moins fréquentés du parc naturel du Canyonlands, lieu de récréation des amateurs de randonnées et de vues spectaculaires sur des paysages érodés par le temps.

Ce fou de nature et sportif émérite mouline come un fou pour avancer péniblement au milieu de l'immense mesa de grès rouge, la bouche desséchée par l'air brûlant de ce véritable four à chaleur tournante. Sur son dos, douze kilos d'équipement, de quoi tenir lors de cette balade d'une journée de 50 km, à vélo puis à pied. But de ce parcours dans cette enfilade de canyons accidentés : le Horseshoe Canyon, où il compte admirer quelques-unes des plus belles peintures rupestres du plateau du Colorado.

"Fait comme un rat"

Dans son sac, trois litres d'eau dans une poche hydratante, plus une bouteille d'un litre d'eau, cinq barres de chocolat, deux burritos et un muffin au chocolat, sans compter son matériel d'escalade indispensable et son Leatherman, outil multi-usages (une pince, trois lames) qu'il "utilise rarement" mais qu'il "emporte toujours, au cas-où". "J'aurai l'estomac dans les talons ce soir", se dit Aron : "mais ces provisions suffiront pour la journée."

Du haut de ses 27 printemps, le jeune aventurier ne peut pas se tromper plus. Nous sommes samedi, à deux heures de voiture et trois de vélo de la ville la plus proche, dans une région où seuls les avions légers et les hélicoptères sont efficaces pour vous secourir. Une pierre s'écroule sur Aron, coinçant sa main droite contre le mur d'un canyon profond et étroit. Il est "fait comme un rat". Pour survivre aux 127 heures qui suivent, il va devoir s'amputer le bras.

Eau = vie

Cette histoire, on la connaît, tout d'abord parce qu'Aron Ralston l'a racontée, dans son livre Between a rock and a hard place, paru en France en 2005, sous le titre Plus fort qu'un roc. Mais aussi, parce que cet ouvrage a été adapté au cinéma par Danny Boyle en 2010, avec James Franco dans le rôle du survivant. Et alors que le livre de Ralston ressort en poche, en août, aux éditions Pocket, TF1 News s'est livré à un exercice stimulant : comparer l'image que l'on se fait de son témoignage écrit avec le film 127 heures de Danny Boyle qui vient de sortir en DVD et Blu-ray, avec plein de bonus.

Grâce au making of du film, on peut ainsi comparer le ressenti d'Aron Ralston, seul face à la mort - son découragement, son détachement clinique, sa panique, sa colère, sa léthargie, son désespoir, jusqu'à l'euphorie de la délivrance finale - au jeu très physique de James Franco, laissant une grande part à l'improvisation. On comprendra aussi pourquoi Danny Boyle a ajouté une scène n'ayant pas eu lieu dans la réalité, celle du plongeon d'Aron dans un lac souterrain avec deux jeunes filles rencontrées lors de sa balade. Destinée à définir le personnage principal, téméraire, voire imprudent, comme le récit de ses nombreuses randonnées le démontre dans le livre, cette séquence permet de "saturer le début du film d'eau" pour illustrer son importance, explique Danny Boyle. Car quand Aron aura bu tout le précieux liquide dont il dispose, il mourra.

Timing parfait

Le document sur les recherches effectuées par les secours, alertés par la famille et les amis d'Aron, se révèle également passionnant. Si le livre les évoque, le film pas. Il est donc captivant de suivre l'avancée des recherches sur le terrain, racontées par les intervenants du moment, alors même que, en parallèle, le randonneur subit son calvaire. Et de réaliser que se couper le bras n'aurait pas suffi à sauver Aron. Encore a-t-il eu la chance incroyable de bénéficier d'une assistance médicale immédiate, grâce à la présence d'un hélicoptère parti à sa recherche.

Scènes coupées, fin alternative, plongée dans les décors du film, interviews, photos prises par Aron sur son lieu de supplice..., tous ces éléments additionnels font de la lecture et du visionnage conjoint de 127 heures, un bel exercice de cinéma et une formidable leçon de vie.

La bande annonce de 127 heures de Danny Boyle se trouve ci-dessous :

127 heures

 

* 127 heures d'Aron Ralston
Aux Editions Pocket
7 Euros
384 pages

* 127 heures de Danny Boyle
Avec James Franco
DVD : 19,99 Euros
Blu-ray : 24,99 Euros
Coffret DVD avec le film Into the wild de Sean Penn : 24,99 Euros
Coffret blu-ray avec le film Into the wild de Sean Penn : 29,99 Euros

Par Ludmilla Intravaia le 10 août 2011 à 14:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Culture
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • loucky68, le 15/08/2011 à 21h07

    Bien d"accord avec vous...!

  • cali_again, le 15/08/2011 à 14h21

    Vraiment poignant, j'ai vu le film hier, j'avais l'impression d'etre avec lui dans le ravin... Quand je pense que ça lui est arrivé réellement, j'en ai froid dans le dos! Cette histoire laisse à reflechir... Et ceux qui critiquent que il s'est fait du pognon et alors? Il le mérite amplement! Et croyez moi qu'apres ce qu'il a traversé, ce pognon doit lui passer bien aussi de la tete! La vie n'a pas de prix.

  • luty1008, le 13/08/2011 à 14h41

    Du commerce et encore du commerce...C'est ca la lecon a en tirer...ca m'ecoeure..

  • stelmaria0, le 13/08/2011 à 11h29

    Peut etre parce qu'on a pas les memes moyens qu'aux Etats Unis

  • artibel, le 13/08/2011 à 08h27

    C'est étonnant comme les américains savent exploiter commercialement le moindre fait divers dont ils font livres, films et DVD. Nous avons des leçons à prendre dans ce domaine ; il y a par exemple un roman français, Le Serpent Rouge d'Henri Ludianov qui est un livre qu'on prend à 10h du soir en se disant "je vais lire une demie-heure" et qu'on a toujours entre les mains à 4 heure du mat, qui pourrait être exploiter commercialement de la même manière que le Da Vinci Code, mais ça en France, on ne sait pas faire...

Lire tous les commentaires

      logAudience