Le retour attendu du duo Jeunet-Tautou

Par Olivier CORRIEZ, le 26 octobre 2004 à 17h55 , mis à jour le 27 octobre 2004 à 10h39

Quatre ans après le succès phénoménal du "Fabuleux destin d'Amélie Poulain", Jean-Pierre Jeunet revient avec une nouvelle œuvre majeure. Pour "Un long dimanche de fiançailles", adaptation du roman de Sébastien Japrisot, il retrouve son "Amélie", Audrey Tautou. Une réussite...

audrey tautou dans un long dimanche de fiançailles

Tout commence dans les tranchées de la Grande Guerre, en 1917. Cinq hommes doivent être exécutés pour mutilation volontaire. Parmi eux, Manech, le fiancé de Mathilde. Deux ans plus tard, la jeune femme refuse toujours d'admettre que son amoureux est mort au champ d'honneur. Elle en a la certitude. Et comme son pressentiment est plus fort que tout, elle va mener, entre sa Bretagne et Paris, sa propre enquête. Un amour qui peut déplacer des montagnes. Là est une nouvelle fois l'essentiel du film de Jean-Pierre Jeunet : l'amour. Comme dans Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, c'est le fil conducteur de ce Long dimanche de fiançailles adaptation du roman de Sébastien Japrisot, que le réalisateur projetait de porter à l'écran depuis plus de dix ans.

Dès les premières minutes du film, Jean-Pierre Jeunet nous fait pénétrer dans son univers si particulier qui avait fait le charme, et certainement le succès, de son précédent long métrage : utilisation de la voix off, flash-back, détails caractéristiques, histoires dans l'histoire… Non content de nous rappeler cette touche très personnelle, il nous entraîne rapidement au cœur de l'histoire de Mathilde, incarnée par Audrey Tautou, formidable. Encore une fois, son personnage est le pivot de l'histoire. Encore une fois, elle est de presque tous les plans. Encore une fois, elle s'empare de son personnage. Si bien qu'il nous arrive de penser, certainement à juste titre, que Mathilde est l'aïeule naturelle d'Amélie. Avec la maturité en plus. Les comparaisons s'arrêtent là. Autour d'Audrey Tautou, de nombreux acteurs évoluent, des fidèles du réalisateur mais aussi de nouveaux venus : Gaspard Ulliel (Manech), Clovis Cornillac, André Dussolier, Albert Dupontel, Dominique Pinon, Jean-Pierre Darroussin, Denis Lavant, Jean-Paul Rouve pour les messieurs et Marion Cotillard, Julie Depardieu ou encore Jodie Foster chez les dames.

Festival d'images

Servi par une photographie splendide, Jeunet nous offre un vrai festival d'images, qu'elles soient naturelles ou créées par ordinateur. Dans la deuxième catégorie, la reconstitution du Paris des années 20 est tout bonnement epoustoufflante (les Halles, la gare d'Orsay…). Les scènes de tranchées sont d'un réalisme saisissant, notamment dans la reconstitution et la description. mais Jeunet évite ce qui aurait pu devenir un insupportable voyeurisme de la violence en suggérant plus qu'il ne montre.

Attendu au tournant d'Amélie Poulain, Jean-Pierre Jeunet s'en sort avec brio. Un Long dimanche de fiançailles est un film réussi, passionnant, drôle, touchant, émouvant comme seul son "créateur" sait les faire. Un film populaire qui allie les qualités d'un film d'auteur aux exigences des gros budgets. Chapeau !

Par Olivier CORRIEZ le 26 octobre 2004 à 17:55
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