© lci / DRDes manchots et des hommes : les affiches cinéma de cette semaine présentent des films d'une rare intensité. Film ou documentaire, les amateurs des salles obscures seront comblés avec notamment le très attendu Aviator, dernier opus de Martin Scorsese et le nouveau documentaire animalier, dans la lignée du Peuple Migrateur, La marche de l'Empereur, de Luc Jaquet, qui entraîne le spectateur dans les pas d'un manchot empereur sur la banquise.
- Aviator de Martin Scorsese (Etats-Unis, 2h45) avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett et Kate Beckinsale
Aviator couvre près de vingt ans de la vie tumultueuse de Howard Hughes (Leonardo DiCaprio), industriel, milliardaire, casse-cou, pionnier de l'aviation civile, inventeur, producteur, réalisateur, directeur de studio et séducteur insatiable. Cet excentrique et flamboyant aventurier devint un leader de l'industrie aéronautique en même temps qu'une figure mythique, auréolée de glamour et de mystère, avant de finir sa vie, reclus et en proie à des troubles obsessionnels. Aviator est la deuxième collaboration entre DiCaprio et Scorsese, après Gangs of New York (lire l'encadré ci-dessous).
- La marche de l'Empereur de Luc Jacquet (France, 1h20)
Ce documentaire, tourné dans les paysages grandioses de l'Antarctique, suit une année de la vie des manchots empereurs. A l'approche de l'hiver, ils se rassemblent sur la banquise et se dandinent dans une longue marche vers le lieu des amours. A travers des scènes drôles ou tragiques, le réalisateur montre la parade nuptiale, le départ des femelles après la ponte, le passage de l'hiver des mâles sur la banquise, couvant l'œuf sous le blizzard, le drame de la mort, par le froid ou sous les coups des prédateurs... La découverte d'un monde interdit aux touristes près de la base Dumont d'Urville. Des acteurs - Romane Bohringer, Charles Berling et Jules Sitruk - prêtent leur voix au récit (cliquez ici pour découvrir quelques photos du film).
- Après - Un voyage dans le Rwanda de Denis Gheerbrant (France, 1h45), documentaire
Dix après le génocide, un voyage à travers l'inconcevable, tel que le reconstruisent des rescapés par leurs récits et la culture traditionnelle incarnée dans leur danse. Déo, qui les a recueillis, devient compagnon interprète du cinéaste, qu'il emmène sur sa colline natale pour remonter l'histoire d'un peuple d'éleveurs et d'agriculteurs, Tutsis et Hutus.
- Rencontre à Wicker Park (The Wicker Park) de Paul McGuigan (Etats-Unis, 1h54) avec Josh Harnett, Diane Kruger, Rose Byrn, Matthew Lillard
Entre Matthew (Josh Hartnett) et Lisa (Diane Kruger), le coup de foudre est immédiat et absolu : plus rien ne compte alors à leurs yeux que leur passion dévorante. Mais, un jour, Lisa disparaît mystérieusement, sans laisser de traces ni d'explications. Deux ans plus tard, alors qu'il a enfin trouvé la force de surmonter sa douleur et s'apprête à épouser une autre femme, Matthew croit apercevoir Lisa dans un bar. Hanté par cette réapparition et par le souvenir intact du grand amour de sa vie, Matthew n'a plus qu'une obsession : retrouver Lisa.
Et aussi :
- Bukowski (Bukowski : born into this) de John Dullaghan (Etats-Unis, 1h30), documentaire.
- J'aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma de Francis Fourcou (France, 1h30)
- Tellement proches! (Seres queridos) de T. de Pelegri et D. Harari (Espagne, 1h29) avec Norma Aleandro, Guillermo Toledo.
- La vie de Michel Muller est plus belle que la vôtre de Michel Muller (France, 1h30) avec Michel Muller, Jean Benguigui, Ludovic Berthillot.
(Photo : Leonardo Di Caprio, récompensé aux Golden Globes pour Aviator)
Hommage à Hollywood |
En réalisant Aviator, Martin Scorsese rend aussi hommage à l’Hollywood de la grande époque, celle des patrons de studios tout puissants, des stars inaccessibles et des films à grand spectacle. "Les premiers films que j’ai vus, avec ma famille, étaient ceux des années 40 et du début des années 50", explique Scorsese dans Mes plaisirs de cinéphile (Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, 9€). Des œuvres qui "m’ont aidé à construire ma vision du cinéma", souligne-t-il. Beaucoup de "réalisateurs [hollywoodiens] du passé" n’étaient pas "reconnus", ni "privilégiés", poursuit-il, mais "ils ont réussi à tourner des films très personnels sans pour autant nier le genre auquel ils appartenaient". Et le cinéaste de se demander s’il aurait pu "survivre pendant l’ère des grands studios". |
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