
- Last days de Gus Van Sant (Etats-Unis-1h37) avec Michael Pitt, Lukas Haas, Asia Argento
Blake (Michael Pitt), musicien replié sur lui-même, fléchit sous le poids de la célébrité, du succès et d'un sentiment d'isolement croissant. Réfugié dans une maison au milieu des bois, il tente d'échapper à sa vie, à son entourage et à ses obligations. Last Days (dont la sortie française est programmé ce vendredi) a été inspiré à Gus Van Sant (Palme d'Or en 2003 à Cannes avec Elephant) par les derniers jours de Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, qui s'est suicidé en avril 1994. Bien que dédié à la mémoire de Cobain et malgré la ressemblance frappante entre lui et Pitt, ce film n'est pas un "biopic" (film biographique) de plus. Last Days, qui mêle des éléments réels et d'autres purement fictifs, ne traite pas uniquement de la fin d'une rock star mais de l'isolement et de la mort, en droite ligne, dans la forme et le fond, de Gerry (2000, qui raconte le parcours de deux hommes perdus dans le désert) et Elephant (inspiré de la tuerie du lycée de Columbine). Formellement, la patte Van Sant est très présente dans ce film baigné de mysticisme, qui sollicite les sens et hante le spectateur longtemps après sa vision : rythme lent, chronologie décousue, dialogues rares et bande-son soignée. Michael Pitt (vu dans Innocents de Bernardo Bertolucci) livre une interprétation poignante de la douleur intérieure de Blake.
- Where the truth lies, de Atom Egoyan (Canada - 1h47) avec Kevin Bacon, Colin Firth, Alison Lohman
Avec Where the truth lies, le Canadien Atom Egoyan signe un polar ce qu'il faut de vénéneux, qui démonte l'industrie américaine du spectacle et déstabilise le spectateur en le laissant aller de découvertes en découvertes sur la nature réelle des différents protagonistes. A la fin des années 50, la mort d'une jolie femme de chambre jamais élucidée dans la suite d'un hôtel de luxe occupée par deux vedettes du show biz (Kevin Bacon et Colin Firth) précipite la rupture de ce duo de comiques jusque là inséparables à la vie comme sur scène. L'enquête menée par une jeune journaliste ambitieuse (Alison Lohman) pour éclaircir ce mystère, quinze ans plus tard, suscite des révélations dont personne ne sort indemne. Inspiré du premier roman du Britannique Rupert Holmes, ce film aussi sombre que soigné porte la patte d'Egoyan, qui multiplie les décalages chronologiques, joue de la voix off et des récits des uns et des autres pour brouiller les pistes. Le producteur attitré d'Atom Egoyan, Robert Lantos, explique que le choix de ce film noir doit "permettre de faire connaître à un public plus large" le travail du réalisateur canadien. Atom Egoyan a atteint une large renommée dès son premier long métrage Next of kin (1984). Exotica (1994) lui a valu une première sélection à Cannes, où De beaux lendemains a reçu en 1997 le Grand Prix du jury.
Hors compétition les festivaliers pourront découvrir Crossing the bridge -The sound of IstanbulI, le nouveau film du cinéaste allemand Fatih Akin, révélé l'an passé avec Head On, Ours d'or au festival de Berlin. Les fans de George Romero auront le privilège de découvrir un extrait de vingt minutes du dernier film du maître de l'épouvante, The Land of the Dead.
(Photo : Michael Pitt dans le film "Last days" de Gus Van Sant)
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