
- Manderlay de Lars von Trier (Danemark/Suède-2h19) avec Bryce Dallas Howard, Isaach de Bankolé, Danny Glover (sortie en France le 9 novembre).
C'est l'étrange histoire de Manderlay, un domaine isolé dans le sud profond des États-Unis. En 1933, Grace (Bryce Dallas Howard) et son père avaient laissé derrière eux la petite communauté de Dogville et s'en éloignaient pour retourner chez eux. Mais ils sont chassés de leur ancien territoire et, à la recherche de nouveaux terrains de chasse, ils font route vers le sud pour trouver une résidence. Ils découvrent Manderlay, où les gens vivent comme si l'esclavage n'avait pas été aboli 70 ans plus tôt.
Lars von Trier poursuit sa remise en question des mythes fondateurs américains, avec un film qui s'inscrit dans le prolongement direct du très dérangeant Dogville présenté il y a deux ans à Cannes, y compris dans le parti pris esthétique dont l'absence de décors. Nicole Kidman ne poursuit cependant pas l'expérience et c'est Bryce Dallas Howard qui reprend le rôle de Grace. Le réalisateur danois, couronné par une Palme d'or en 2000 pour Dancer in the dark, a officiellement enterré le "Dogme", sorte de cahier des charges des formes d'un nouveau cinéma dont il est l'inspirateur. Ce fils de militants communistes continue cependant sur le fond son interrogation sur les valeurs morales et la place du religieux.
- A history of violence de David Cronenberg (Canada/Etats-Unis-1h30) avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris (sortie en France le 2 novembre).
Tom McKenna (Viggo Mortensen), un père de famille à la vie tranquille, abat dans un réflexe de légitime défense son agresseur dans un restaurant. Il devient alors un personnage médiatique et connu du grand public.
Le Canadien David Cronenberg occupe une place à part dans le gotha mondial du cinéma. D'abord considéré comme un maître de l'horreur, notamment grâce à Frissons, Rage, Videodrome ou La mouche, il a également gagné un vrai statut d'auteur avec des films dérangeants comme Faux semblants (la relation fusionnelle et malsaine entre des jumeaux interprétés par Jeremy Irons) ou Le Festin nu (adapté de William S. Burroughs). Il avait choqué le Festival de Cannes en 1996 avec Crash, adapté d'un roman de J.G. Ballard, film qui lui avait pourtant valu le prix spécial du jury. Cannes dont il a également été le président du jury en 1999, créant la polémique à travers un palmarès contesté (les prix d'interprétation aux deux acteurs amateurs du film L'Humanité, de Bruno Dumont).
Hors compétition les festivaliers pourront découvrir Joyeux Noël, de Christian Carion. Et dans la sélection Un Certain Regard : Cidade baixa, premier film du Brésilien Sergio Machado, ou Le temps qui reste de François Ozon.
Photo d'ouverture : image extraite de "Manderlay", de Lars von Trier - DR
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