Les bobines ont un nouveau temple

le 26 septembre 2005 à 07h00 , mis à jour le 26 septembre 2005 à 21h44

La Cinémathèque française, figure tutélaire du patrimoine cinématographique mondial, a inauguré lundi en fanfare à Paris son nouveau siège de Bercy. Une exposition-hommage aux Renoir père et fils sera ouverte au public dès mercredi.

[Expiré] [Expiré] cinematheque française bercy nouveau siège AFP © AFP

La Cinémathèque française fait peau neuve. Son nouveau navire-amiral, campé à deux pas du ministère des Finances, a été inauguré en grande pompe ce lundi. Pour l'occasion, le Premier ministre Dominique de Villepin et le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres étaient présents aux côtés de Claude Berri, président de la Cinémathèque, et Serge Toubiana, son directeur général. Près de 600 personnalités, dont Martin Scorsese, Roman Polanski ou Wong Kar Wai, avaient été conviées à cette inauguration. "Ce nouveau lieu sera un lieu d'histoire et de mémoire, mais aussi, nous le souhaitons tous, un lieu vivant, ouvert aux artistes, aux techniciens, aux réalisateurs, aux auteurs, aux producteurs, aux citoyens, à tous les passionnés de cinéma qui viendront ici se rencontrer, échanger, débattre, présenter et partager leurs travaux, leurs coups de coeur, leurs visions, leurs regards", a notamment déclaré le ministre.

Martin Scorsese lors  de l'inauguration
de la Cinémathèque - LCI
Le bâtiment, dessiné par le célèbre architecte américain Frank Gehry, abritait à l'origine l'American Center, mais il a été entièrement restructuré par le Français Dominique Brard pour accueillir la Cinémathèque après son départ du Palais de Chaillot. En bordure du Parc de Bercy, l'édifice à l'architecture audacieuse compte quatre salles de projection : une grande salle de 420 places baptisée "Henri Langlois" en hommage au fondateur de l'institution, une autre de 200 places ("Georges Franju") et deux salles plus petites de 94 et 83 places ("Jean Epstein" et "Lotte Eisner"). Dans chaque salle, l'architecte a fait recouvrir les murs de bois exotique et choisi une couleur dominante : bleu pour la salle Henri-Langlois, rouge pour la salle Jean-Epstein, qui ressemble à une bonbonnière.

Les Renoir, père et fils, à l'honneur

Outre les salles de projection, la Cinémathèque, qui fêtera en 2006 son 70e anniversaire, accueille en son sein la Bibliothèque du Film (BiFi), une médiathèque, mais aussi une librairie et un restaurant qui ouvriront leurs portes en janvier. Une exposition permanente intitulée "Passion Cinéma" permettra de découvrir les trésors qui sommeillaient jusqu'ici dans les réserves de la vénérable institution, ainsi que d'autres pièces rares appartenant au Centre national de la Cinématographie (CNC).

Clou de l'inauguration, l'exposition "Renoir/Renoir", conçue en association avec le musée d'Orsay, propose au public à partir de mercredi des regards croisés sur l'oeuvre du peintre Pierre-Auguste Renoir et celle de son fils, le cinéaste Jean Renoir, auteur de "La grande illusion" et de "La règle du jeu". Sur 650 m2, une trentaine de tableaux, dont le célèbre "Bal du Moulin de la Galette", voisinent avec des extraits de films emblématiques de l'oeuvre de Jean Renoir : "French Cancan", "La fille de l'eau", "Le carrosse d'or"... La Cinémathèque propose également à cette occasion une rétrospective intégrale de l'oeuvre de Jean Renoir. En outre, un coffret de 12 DVD, "Jean Renoir L'Essentiel", est édité par StudioCanal Vidéo.

Un peu d'histoire

La Cinémathèque a été fondée en 1936 dans le but de conserver et de montrer au public le patrimoine cinématographique mondial sous toutes ses formes. Outre les films, le centre conserve les éléments significatifs de leur conception (scénarios, maquettes...), de leur fabrication (décors, costumes, appareils...), de leur diffusion (affiches, photographies...) et de leur accompagnement intellectuel (recherche historique, esthétique...). A l'origine, la Cinémathèque est une association à but non lucratif fondée par Henri Langlois et Georges Franju avec le soutien moral et financier de Paul-Auguste Harlé. Ils ont alors pour but de conserver les films, les restaurer, les montrer et donner aux générations nouvelles un enseignement cinématographique. Au début des années 60, le ministre de la Culture André Malraux offre à Henri Langlois la salle du Palais de Chaillot, où défilent les plus grandes personnalités du cinéma, de Charlie Chaplin à Alfred Hitchcock en passant par Akira Kurosawa et Orson Welles. En 1972, Henri Langlois crée le premier grand musée du cinéma du monde. Peu après, il reçoit un Oscar d'honneur puis un César. Présidée aujourd'hui par Claude Berri, producteur et réalisateur, et dirigée par Serge Toubiana, la Cinémathèque rassemble 40.000 films, 4.000 appareils, 6.000 brevets, 5.000 plaques de lanternes magiques à la Bibliothèque nationale de France, plus de 1.500 objets, 2.000 costumes... Elle sauvegarde en moyenne 100 à 150 films par an et organise des expositions aussi bien en France qu'à l'étranger. Chaque année, plus d'un millier de nouvelles copies de films y sont déposées par des distributeurs, réalisateurs et producteurs.

Photo : nouvelle cinémathèque (crédit AFP)

le 26 septembre 2005 à 07:00
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