Cannes 2006 : l'Amérique latine clôt la compétition

Par Par D.S. (avec AFP), le 27 mai 2006 à 07h09 , mis à jour le 27 mai 2006 à 11h40

La compétition au festival de Cannes s'achève samedi avec la projection du Labyrinthe de Pan du Mexicain Guillermo Del Toro et du film argentin Cronica de una fuga. A la veille de la proclamation du palmarès, les jeux paraissent ouverts même si certains s'osent à des pronostics.

Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro (Pan Européenne Edition)Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro (Pan Européenne Edition) © Pan Européenne Edition

A l'approche du palmarès, qui sera proclamé dimanche, les jeux paraissaient très ouverts pour la Palme d'Or du Festival de Cannes. Selon Médiamétrie, Babel avec Brad Pitt arrive en tête des suffrages (21,7%), talonné par Volver de Pedro Almodovar (19,3%). Loin derrière, on retrouve la Marie-Antoinette de Sofia Coppola (7,8%) et Indigènes de Rachid Bouchareb (5,7%). En revanche, Marie-Antoinette arrivait en tête pour le journal Le Film Français, avec six critiques qui l'ont aimé "à la folie", suivi à égalité de Volver et Babel (4 chacun). Mais c'est au jury que reviendra le dernier mot : le monde du cinéma devra donc attendre la cérémonie de clôture dimanche soir.

En attendant, les festivaliers peuvent assister samedi à la projection du Labyrinthe de Pan du Mexicain Guillermo del Toro et de Chronique d'une fugue de l'Argentin Israel Adrian Caetano. Le premier long métrage avec Sergi Lopez raconte l'histoire mystérieuse d'une jeune femme qui découvre près de la maison familiale un labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté. Plus réaliste, Cronica de una fuga recrée l'enfer vécu par un jeune gardien de but argentin arrêté arbitrairement à Buenos Aires en 1977.

Hors compétition, les festivaliers pourront voir Le garçon sur un cheval au galop du Polonais Adam Guzinski et Election 2, un premier film de l'Asiatique Johnnie To. Dans Un certain regard, seront diffusés 977 du Russe Nikolay Khomeriki Gwaï wik d'Oxide et Danny Pang. Enfin, la Quinzaine des réalisateurs accueille M. Blash et son Lying.

In the mood for Wong Kar-Wai

Nul doute que le président du jury a une influence considérable, voire décisive, sur le palmarès du Festival de Cannes (mais pas toujours — en 2004, Quentin Tarantino n'aurait pas réussi à consacrer Old Boy car ses jurés lui ont préféré Fahrenheit 9/11). Les chances qu'un film en compétition obtienne la Palme d'or sont ainsi établies au regard de la personnalité et du style du président. On entend ici et là que Babel et Marie-Antoinette plairaient davantage à Wong Kar-Wai que Volver. Réponse dimanche. En attendant ceux qui veulent mieux connaître le cinéaste chinois pourront se plonger dans l'ouvrage que lui consacre Thierry Jousse. Y sont abordées la filmographie du réalisateur (l'auteur s'attarde sur In The Mood for Love et 2046), ses influences, ses obsessions (l'obsession justement, le fétichisme, le temps...). Analyses de séquences et témoignages, dont une interview du réalisateur, complètent ce petit livre très bien fait et abondamment illustré.

  • Thierry Jousse : Wong Kar-Wai, éditions Cahiers du cinéma/Scérén-CNDP, coll. "Les petits cahiers", 96 p., 8,95 euros.

Par Matthieu Durand

(Image d'ouverture : Le Labyrinthe de Pan (Pan Européenne Edition))

Par Par D.S. (avec AFP) le 27 mai 2006 à 07:09
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