Cannes : les favoris sont hispano-mexicains

le 28 mai 2006 à 07h54 , mis à jour le 28 mai 2006 à 08h08

Le Hong-Kongais Wong Kar-wai et son jury décernent ce soir la Palme d'or du 59e festival de Cannes. "Volver" d'Almodovar et "Babel" du Mexicain Inarritu font figure de grands favoris. Mais "Le labyrinthe de Pan" de Del Toro et "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola sont aussi des candidats très sérieux.

TF1/LCI Penelope Cruz Pedro Almodovar Volver CannesPenelope Cruz dans le film "Volver" © DR

Le Hong-Kongais Wong Kar-wai et son jury décernent dimanche soir la Palme d'or du 59e festival de Cannes, pour laquelle Volver de l'Espagnol Pedro Almodovar et Babel du Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu font figure de grands favoris. Mais Le labyrinthe de Pan, signé d'un autre réalisateur mexicain, Guillermo Del Toro, et Marie-Antoinette de Sofia Coppola apparaissaient également comme des candidats très sérieux à la récompense suprême.

Selon un sondage Médiamétrie réalisé samedi auprès de 720 festivaliers, Volver est en tête des suffrages pour la Palme d'or (26,8%), juste devant Babel (23,2%). Loin derrière, on trouve Marie-Antoinette et Le labyrinthe de Pan avec Sergi Lopez. Ce dernier film, présenté lors du dernier jour de compétition samedi, a suscité un gros engouement sur la Croisette. A la veille de l'annonce du palmarès, le festival bruissait de rumeurs sur un possible sacre de ce conte sombre dont l'action se situe en Espagne en 1944 et qui mêle réalité et fantastique.

Gare aux pronostics !

Pour le panel de critiques de la revue Le Film français, Marie-Antoinette était en tête avec six critiques qui l'ont aimé "à la folie", suivi de Volver et Babel (4 chacun). Mais le Labyrinthe n'avait pas encore été diffusé. Babel a par ailleurs obtenu samedi soir le Prix du jury oécuménique, remis chaque année par un panel de six critiques de cinéma catholiques ou protestants. Il faut cependant garder en tête que les jurys s'ingénient chaque année à déjouer les pronostics, comme ils l'avaient fait en 2004 en couronnant le très controversé Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, ou l'an passé L'Enfant des frères Dardenne, alors que Caché de Michael Haneke faisait figure de favori.

Wong Kar-wai et ses 8 jurés, Monica Bellucci, Helena Bonham Carter, Samuel L. Jackson, Patrice Leconte, Lucrecia Martel, Tim Roth, Elia Suleiman, Zhang Ziyi, se réuniront en conclave dans un lieu secret, avant l'annonce du palmarès vers 19h15 : Palme d'or, Grand Prix, les prix d'interprétation, Prix de la mise en scène, Prix du scénario, Prix du jury, Palme d'or du court métrage et Caméra d'or du meilleur premier film.

In the mood for Wong Kar-Wai

Nul doute que le président du jury a une influence considérable, voire décisive, sur le palmarès du Festival de Cannes (mais pas toujours — en 2004, Quentin Tarantino n'aurait pas réussi à consacrer Old Boy car ses jurés lui ont préféré Fahrenheit 9/11). Les chances qu'un film en compétition obtienne la Palme d'or sont ainsi établies au regard de la personnalité et du style du président. On entend ici et là que Babel et Marie-Antoinette plairaient davantage à Wong Kar-Wai que Volver. Réponse ce soir. En attendant ceux qui veulent mieux connaître le cinéaste chinois pourront se plonger dans l'ouvrage que lui consacre Thierry Jousse. Y sont abordées la filmographie du réalisateur (l'auteur s'attarde sur In The Mood for Love et 2046), ses influences, ses obsessions (l'obsession justement, le fétichisme, le temps...). Analyses de séquences et témoignages, dont une interview du réalisateur, complètent ce petit livre très bien fait et abondamment illustré.

  • Thierry Jousse : Wong Kar-Wai, éditions Cahiers du cinéma/Scérén-CNDP, coll. "Les petits cahiers", 96 p., 8,95 euros.

Par Matthieu Durand

le 28 mai 2006 à 07:54
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