
Le rôle joué par les troupes coloniales françaises dans la libération de la France pendant le dernier conflit mondial a été quelque peu oublié par l'histoire. C'est le sujet du cinquième film de Rachid Bouchareb, Indigènes, qui est présenté en compétition ce jeudi. 1943. Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir n'ont jamais foulé le sol de la métropole mais comme 130.000 autres "indigènes", ils s'engagent dans l'armée française pour libérer "la mère patrie" de l'ennemi nazi. Ces héros vaincront en Italie, en Provence et dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand.
Indigènes rappelle le rôle essentiel des dizaines de milliers de tirailleurs, goumiers et tabors algériens, marocains et tunisiens qui participèrent à la campagne d'Italie et à la libération de la France. Au générique de ce film, on retrouve Jamel Debbouze, que l'on a plus l'habitude de croiser dans des comédies, Samy Naceri, Roschdy Zem et Sami Bouajila, quatre comédiens très en vue, représentatif de la génération "beur". Rachid Bouchareb a été révélé en tant que réalisateur en 1985 avec Bâton Rouge. Non content de présenter son propre film en compétition, il est également le producteur de Bruno Dumont, qui était sur la Croisette mardi pour présenter Flandres. Indigènes sortira sur les écrans le 27 septembre.
"L'ami de la famille"
Deuxième film de la compétition, celui de l'Italien Paolo Sorrentino, L'Ami de la famille. Geremia de Geremei, soixante-dix ans, est un usurier laid, sale, riche, radin, cynique et ironique. Le rapport qu'il entretient avec l'argent est morbide et obsessionnel et tout le rend malade, sa mère, son père, l'argent, les femmes, la vie. C'est pour cette raison qu'il a l'impression d'être seul. Sorrentino a déjà connu les affres de la compétition il y a deux ans avec Les conséquences de l'amour. Il faudra attendre le mois de novembre pour découvrir le film en salles.
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