
Voir des extraits du film : Extrait 1 - Extrait 2 - Extrait 3 - Extrait 4 - Extrait 5 - Extrait 6 |
Quarante ans de carrière de Jacques Chirac sont passés en revue par Karl Zéro dans un documentaire long métrage, tout à la fois montage d'archives télévisées et confession fictive du chef de l'Etat, qui sort ce mercredi. "Au fond, le pouvoir m'emmerde. Je suis doué pour le conquérir, mais après il m'emmerde": c'est ainsi que le président de la République résume, par la voix de l'imitateur Didier Gustin, son parcours politique exceptionnel dans le film, intitulé "Dans la peau de Jacques Chirac". A l'origine de cette "autobiographie non autorisée", un travail de fourmi réalisé par Michel Royer, compère de Karl Zéro au "Vrai Journal" sur Canal+, qui a visionné 40 ans d'images télévisées sur Jacques Chirac, dont la carrière a suivi la progression du petit écran.
Les deux réalisateurs se sont amusés à confronter des déclarations diamétralement opposées prononcés à quelques années, voire quelques semaines d'écart. Entrée de l'Espagne dans l'Europe, démission de son gouvernement, ou innombrables promesses de baisses d'impôts, les exemples ne manquent pas, l'un des plus spectaculaires étant la juxtaposition des images où Jacques Chirac fustige l'obsession de la sécurité routière dans les années 80 avant d'en faire un "grand chantier" de son quinquennat.
Pas un pamphlet à la Michael Moore
Karl Zéro, auteur du commentaire avec le journaliste du Figaro Eric Zemmour, assure pourtant ne pas avoir voulu faire "un film chamboul'tout qui dégomme Chirac", encore moins se prendre pour le réalisateur américain Michael Moore, auteur du pamphlet contre George W. Bush "Fahrenheit 911". Au delà du jeu de massacre, le film s'efforce de suivre le parcours d'un jeune homme brillant, "beau gosse", pour qui la politique n'est ni une passion ni une vocation, mais simplement "un métier". On voit Jacques Chirac sillonner inlassablement la France, à partir de 1967, avec ses trucs de professionnel quand il s'agit de boire un verre avec les électeurs ou de monter les marches des estrades électorales. On peut se délecter de ses commentaires assassins sur ses adversaires ou vraix-faux amis, d'Edouard Balladur à Lionel Jospin, de François Mitterrand à Nicolas Sarkozy.
"Le drame, c'est que je n'ai aucune idée politique, sauf peut-être comme de Gaulle une certaine idée de la France qui ne correspond plus à rien de réel aujourd'hui", lui fait dire Karl Zéro. Selon le réalisateur, c'est "l'histoire d'un gars qui en veut, mais pas tellement plus qu'un autre, confronté à un pur destin romanesque, soutenu par une chance insolente qui transforme en succès chacune de ses erreurs". "Il est très humain, au fond, c'est même parfois émouvant", ajoute-t-il. "Je suis comme Belmondo, un héros, sauf que moi, c'est en vrai, confie 'Jacques Chirac'. Mais la différence avec Belmondo, c'est que c'est à la fin de ma carrière que je fais 'A bout de souffle'".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




