Ken Loach obtient la Palme d'Or

le 28 mai 2006 à 19h59 , mis à jour le 28 mai 2006 à 22h15

Le réalisateur britannique a remporté dimanche la Palme d'Or du 59e Festival de Cannes avec son film "Le vent se lève". Les prix d'interprétation ont été remis collectivement aux actrices de "Volver" et aux acteurs d'"Indigènes".

TF1/LCI Palme D'or Cannes Ken Loach Le Vent se lève © Canal +

Le Britannique Ken Loach a remporté dimanche la Palme d'Or du 59e Festival de Cannes avec son film "Le vent se lève", et les prix d'interprétation ont été remis collectivement aux actrices de "Volver" et aux acteurs d'"Indigènes", une première dans l'histoire du festival. "Nous avons tous été émus par ce film et notre décision sur la Palme a été unanime", a révélé le président du jury, le Hong-Kongais Wong Kar-wai.

Dans un palmarès où la dénonciation des guerres apparaît comme un fil rouge, le Grand Prix du Jury, la plus importante distinction après la Palme, revient au film "Flandres" du Français Bruno Dumont, un oeuvre brute sans musique et aux dialogues réduits au strict minimum.

Cinéaste engagé et très marqué à gauche, Ken Loach, qui fêtera ses 70 ans le 17 juin, obtient pour la première fois la récompense suprême avec son film sur la guerre d'indépendance irlandaise, pour sa huitième participation à la compétition officielle.

La lutte de républicains irlandais

A travers l'histoire de deux frères, "Le vent se lève" raconte la lutte de républicains irlandais contre les troupes d'occupation anglaises, les féroces Black and Tans. La dernière partie du film traite de la guerre civile qui a ensuite opposé les Irlandais favorables au traité de 1921 donnant à l'Irlande du Sud une autonomie partielle sous domination britannique et ceux qui réclamaient une indépendance totale.

Le prix d'interprétation masculine va collectivement aux acteurs du film "Indigènes" du Français Rachid Bouchareb: Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Sami Bouajila, Roschdy Zem et Bernard Blancan. Le film, longuement applaudi lors de sa projection jeudi, rend hommage au rôle joué par les soldats de l'Armée d'Afrique dans la libération de la France à la fin de la seconde guerre mondiale.

Le prix d'interprétation féminine a également été remis à titre collectif, du jamais vu à Cannes, aux six actrices espagnoles qui incarnent les principaux rôles du film "Volver" de leur compatriote Pedro Almodovar: Penelope Cruz, donnée jusqu'au bout grande favorite pour ce prix, mais aussi Carmen Maura, Lola Duenas, Blanca Portillo, Yohana Cobo et Chus Lampreave.

"Marie-Antoinette" fait chou blanc

Cité longtemps comme le mieux placé pour décrocher la Palme d'Or, Almodovar a finalement obtenu le prix du scénario. Le prix de la mise en scène est allé au Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, déjà auteur de "Amours chiennes" et "21 grammes", pour le très remarqué "Babel".

Une des surprises est le Grand Prix décerné à "Flandres", de Dumont, cinéaste aux options radicales et ancien professeur de philosophie. Viols, émasculations, exécutions sommaires sont traités frontalement par un réalisateur qui estime que "(son) travail n'est pas de faire un objet joli" et qui avait déjà reçu le Grand Prix du Jury en 1999 pour "L'humanité".

Parmi les grands perdants de cette 59e édition figure tout d'abord l'Américaine Sofia Coppola, qui n'a rien obtenu pour son film "Marie-Antoinette", pourtant l'un des événements les plus attendus de la compétition. Rien non plus pour "Le labyrinthe de Pan", une des très bonnes surprises du Festival, signé du Mexicain Guillermo Del Toro. (AFP)

(Ken Loach avec Emmanuelle Béart qui lui a remis la palme d'Or dimanche/Canal +/DR)

le 28 mai 2006 à 19:59
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28 Commentaires

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  • Clairevoyance, le 29/05/2006 à 22h02

    Rendons hommage a Ken Loach, grace a lui des milliers d'insomniaques ont retrouve le sommeil... en regardant ses films...

  • Roucoucou, le 29/05/2006 à 21h59

    J'arrive tout juste du festival de Cannes et je profite par votre intermédiaire de remercier Mme Emmanuelle beart pour sa correction..A la montée des marches elle a pris le temps de se retourner et de saluer tout le public..La plupart des personnalités montaient les marches comme si elles couraient le 100 mètres...

  • Amaury, le 29/05/2006 à 14h34

    Encore une fois le palmarès du festival reflète parfaitement les opinions politiquement correctes des critiques "gauche caviar" qui pullulent à Cannes. La palme pour Ken Loach, un habitué, cinéaste marxiste. Un prix pour Indigènes, histoire de faire comprendre au peuple français raciste et ignorant que la France est "multiculturelle". Un prix pour Bruno Dumont, vous savez celui qui engage des acteurs non professionnels à peine capables de s'exprimer... C'est prétentieux. Cannes est le festival uniquement des films arts et essais.Heureusement qu'il existe des fées comme Sofia Coppola qui nous font partager de grands films sans pour autant se croire supérieures aux autres.

  • Seb, le 29/05/2006 à 11h31

    Un mot pour tout le monde qui se plaint du palmares... Avez-vous vu les films???... Si oui, vos critiques sont les bienvenues. Sinon, taisez-vous et attendez de voir... Comment peut-on dire qu'un film de Ken Loach et chiant??? En avez-vous vus au moins? C'est un des rares cineastes qui parvient a faire des films accessibles au public et qui ont malgre tout un fond... Quant au non choix entre les divers interpretes... Pourquoi pas? Enfin, pour ce qui est des palmes "politiques", je ne crois qu'il faille s'en desoler, mais se dire plutot que c'est un signe de notre epoque... Le monde est desormais incontrolable et nos artistes essaient de nous le dire... mais nous, nous nous perdons dans des protestations vaines... Un peu comme un taureau qui s'acharne sur le foulard rouge sans voir le torero...

  • Scrocco, le 29/05/2006 à 11h16

    Toujours ce besoin pour le jury de Cannes de récompenser les films les moins consensuels.Encore un palmarès "bidon" mais nous sommes habitués...

  • Mireille, le 29/05/2006 à 09h58

    Tout à fait d'accord, moi je propose qu'on fassse maintenant comme pour le bac : 85% des participants auront une palme, sans oublier le "politiquement correct" à la française : discrimation positive à tout PRIX, quelle misère!!!! à quand une véritable compétitions de films INDEPENDANTS des poncifs actuels avec un VRAI JURY INDEPENDANT?????

  • Alain, le 29/05/2006 à 09h46

    De toute façon, c'est le public qui a le dernier mot : beaucoup de films "palmérisés" n'ont jamais eu la faveur du public. C'est une évidence : d'un côté, les bobos friqués du Martinez et du Carlton qui jouent aux snobinards et de l'autre le spectateur de tous les jours qui va au cinéma d'abord pour se faire plaisir. Alors j'irai certainement voir Marie-Antoinette.

  • Bazin, le 29/05/2006 à 09h29

    Le festival de Cannes est il entrain de se suicider? Les interviews ressemblent plus à des articles de Gala ou de Voici et vous donnent pas l'envie et mettent de coté le vraie magie de Cannes.Le cinéma devient une excuse pour étaler du soit disant luxe, faire voir une Jet Set désabusée et faussement solidaire de la cause humanitaire, parler des pauvres et des opprimés dans des soirées et des toilettes qui frises l'indécence .Cannes devient très morale, beaucoup de films denonçant ce que le cinéma et les médias en général n'ont pas voulu faire au moment présent par manque de courage en général (c'est toujours d'actualité), c'est un peu trop facile.Pour couronner le tout des prix d'interprétations dilués dans un manque d'audace évident. Cannes ne fait plus rêver, ne surprent plus, ennuie,Deux personnes resortent de ce festival Mr Jamel et Mr Almodovar. Jamel pour sa joie communicative et son plaisir à être soi même et Almodovar pour son eternelle gentillesse et sa senbilité.

  • Riviere, le 29/05/2006 à 09h11

    Le resultat est de plus en plus politique, une sorte de festival du cinéma des droits de l'homme pour intellectuel en mal de sensation

  • Salute, le 29/05/2006 à 08h54

    Je constate que la difference devient de plus en plus flagrante au fil des ans , avec les oscars d'hollywood . On peut dire " Grandeur et décadence " quand on pense a ce qu'était le festival de cannes ...

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