Shohei Imamura : disparition d'un grand du cinéma japonais

Par Par Olivier CORRIEZ, le 30 mai 2006 à 11h03 , mis à jour le 30 mai 2006 à 11h12

Un grand du cinéma japonais s'est éteint mardi. Shohei Imamura est mort à l'âge de 79 ans. Il était l'un des rares réalisateurs à recevoir à deux reprises la Palme d'Or à Cannes.

[Expiré] [Expiré] le réalisateur japonais shohei imamura © AFP

Au fil de sa carrière, le réalisateur japonais Shohei Imamura s'est construit une solide réputation pour devenir l'un des plus grands de son pays. Et cela en seulement une vingtaine de films. Né en 1926 dans une famille bourgeoise, il entre rapidement en révolte. Il fréquente les milieux des truands et se lance dans le marché noir avant d'étudier l'histoire occidentale. En 1951, il entre dans le milieu du cinéma et travaille comme assistant réalisateur pour deux grands studios nippons. Dès son premier film en 1958, Le Désir volé, il aborde les thèmes qui seront les siens dans la majorité de ses films : les traditions villageoises, la société japonaise. Il poursuit avec Le désir inassouvi, Les enfants du charbonnage, Cochons et cuirassés dans lequel des gangs s'affrontent pour collecter les déchets de nourritures servis dans les bâtiments militaires pour les donner ensuite à manger aux cochons ! Un style étrange qui fait sa marque de fabrique.

Dans Le Femme insecte (1963), il révèle son goût pour l'entomologie mais il sera aussi le témoin de la guerre et des effets dévastateurs de la bombe atomique. On retrouve son "trauma", commun à toute une génération de cinéastes, dans Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar (1979), le documentaire de 1971, En suivant ces soldats qui ne sont pas revenus et surtout Pluie noire (1989), film qui lui valu le Grand prix de la Commission supérieure technique à Cannes. C'est sur la Croisette que le cinéaste s'est forgé une réputation internationale, il y a présenté huit films, que ce soit en compétition, hors compétition ou dans la section Un Certain Regard. Il est d'ailleurs l'un des rares à avoir obtenu à deux reprises la distinction suprême, la Palme d'or : la première fois en 1983 pour La Ballade de Narayama et 14 ans plus tard pour L'Anguille. Son dernier film, De l'eau tiède sous un pont rouge, avait d'ailleurs été présenté en 2001 à Cannes.

(Photo : Shohei Imamura au festival de Cannes en 1997
lors de la présentation de "Kanzo Senseï" - AFP)

Par Par Olivier CORRIEZ le 30 mai 2006 à 11:03
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