Penelope Cruz dans le film "Volver" © DRA mi-parcours de la compétition, le Festival de Cannes demeure sous le charme du Volver de Pedro Almodovar, mais d'autres films ont séduit, ému, provoqué, et la compétition paraissait très ouverte d'ici la proclamation du palmarès dimanche. Le dernier opus, marqué du sceau de la maturité du réalisateur espagnol, connu pour ses audaces et son extravagance, fait sans doute figure de favori à ce stade de la compétition. Avant il est vrai l'entrée en lice très attendue, mercredi, de la Marie-Antoinette de l'Américaine Sofia Coppola. Histoire de femmes, de fantômes et de mort, Volver était mardi le favori du jury de neuf critiques rassemblés par la revue professionnelle Screen, devant Les climats du Turc Nuri Bilge Ceylan et Les lumières du faubourg du Finlandais Aki Kaurismaki.
Douze films déjà visionnés
"A titre personnel, les deux films marquants sont pour moi celui d'Almodovar et le Babel de Gonzalez Inarritu" présenté mardi en compétition, indique Jean-Luc Wachthausen, responsable de la couverture de Cannes pour le Figaro. "Almodovar est parvenu à une maîtrise du récit et de la direction d'acteurs formidable, notamment avec Penelope Cruz qui mérite sans doute un prix d'interprétation", poursuit ce journaliste. "J'aime beaucoup Volver, c'est une sorte de résumé de l'oeuvre d'Almodovar", renchérit Michel Denisot, aux manettes de l'émission "Le Grand Journal" sur Canal +. Le quotidien spécialisé américain "The Hollywood reporter" a également aimé le film, mais se demande "s'il n'est pas un peu trop conventionnel pour Cannes", selon le responsable des critiques du journal, Kirk Honeycutt. Un comble pour le cinéaste symbole de la Movida espagnole... Talonnant Volver, plusieurs des douze films projetés en six jours de compétition -- sur un total de vingt -- ont séduit une large part des festivaliers.
Kaurismaki, Lou Ye...
En bonne place figure l'inclassable Aki Kaurismaki, qui clot avec Les lumières du faubourg une trilogie sur les laissés pour compte de la société, après Au loin s'en vont les nuages et L'Homme sans passé. Mais le Chinois Lou Ye a également suscité l'adhésion, avec Palais d'été, histoire d'amour difficile sur fond de mouvement pro-démocratique en 1989. Les difficultés du film avec la censure chinoise rajoutent un enjeu politique qui pourrait aussi bien servir son auteur que le desservir aux yeux du jury, présidé par Wong Kar-wai, le réalisateur chinois de Hong Kong. "J'ai beaucoup aimé Palais d'été, et également Red Road", poursuit Kirk Honeycutt, à propos du premier long métrage de la Britannique Andrea Arnold sur l'obsession d'une jeune employée d'un réseau de surveillance vidéo urbaine à l'égard d'une petite frappe sortie de prison.
Un cru de bonne tenue
Jean-Luc Wachthausen distingue pour sa part Babel: "il y a une vision, un style, une intelligence du récit qui donne à ce film une portée universelle", explique-t-il à propos de la dernière oeuvre de l'auteur exicain d'Amours chiennes et de 21 grammes. Dans un cru 2006 jugé de très bonne tenue par tous les critiques interrogés, d'autres films ont été très bien accueillis, sans peut-être susciter l'émotion particulière qui distingue une future Palme d'or : le Caïman de Nani Moretti, Le vent se lève de Ken Loach. Avis plus partagés en revanche pour les Américains Southland Tales, Fast food nation, les Français Selon Charlie et Flandres.
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