
L'actrice Meryl Streep et les réalisateurs Brian de Palma, Oliver Stone, Sidney Lumet et Sydney Pollack font partie des invités du festival de Deauville qui ouvre ses portes ce vendredi pour dix jours. Selon son organisateur, Bruno Barde, le festival du film américain, dont c'est la 32e edition, propose "un regard sur tout le cinéma américain dans sa richesse et sa diversité". "Meryl Streep est une actrice immense: du talent, de la générosité, de la beauté. C'est rare et c'est quelqu'un qu'on souhaite avoir à Deauville depuis très longtemps", se félicite le patron du festival. L'actrice viendra sur les planches normandes le 9 eptembre présenter, hors compétition, le dernier Robert Altman, "A prairie home companion", et l'adaptation du roman à succès "Le diable s'habille en Prada".
De Palma, de Venise à Deauville
Autre adaptation très attendue, celle du polar de James Ellroy "Le dahlia noir" par Brian de Palma, qui faisait l'ouverture de la Mostra de Venise mercredi. De Palma et l'écrivain américain seront présents dimanche à Deauville. Le festival rendra hommage à un autre grand réalisateur, Sydney Pollack, en projetant son dernier film, "Sketches of Frank Gehry" (un documentaire sur l'architecte américain) ainsi que des oeuvres antérieures, dont "Jeremiah Johnson" ou "Out of Africa".
Al Gore en promotion
Toujours dans la catégories des premières, Oliver Stone sera là pour la projection de "World Trade Center", premier grand film hollywoodien consacré aux attentats du 11 septembre à New York et inspiré de l'histoire vraie de deux policiers. Sidney Lumet, Darren Aronofosky ("Pi", "Requiem for a dream") ou Emilio Estevez (accompagné de son père Martin Sheen et de Sharon Stone) viendront également présenter leur dernier film. Autre invité de poids, pour des raisons différentes, Al Gore. Comme à Cannes fin mai, l'ancien vice-président américain viendra dénoncer les dangers du réchauffement climatique par le biais du documentaire "An inconvenient truth" (Une vérité qui dérange), qui relate son combat sur le sujet et est présenté dans la section "Les docs de l'Oncle Sam".
Le jury de Nicole Garcia
Outre les premières, consacrées aux grosses machines hollywoodiennes, la section compétition donnera un coup de projecteur sur le jeune cinéma indépendant et permettra aux festivaliers de découvrir quelques pépites, comme chaque année. Le jury sera présidé par Nicole Garcia, entourée des comédiens et/ou réalisateurs Maurice Barthélémy, Amira Casar, Guillaume Canet, Antoine de Caunes et Marthe Keller, du chanteur Julien Clerc, de l'écrivain Philippe Djian et de la monteuse Emmanuelle Castro. Onze longs métrages (dont huit premiers films) seront en lice, parmi lesquels "A guide to recognizing your saints", produit par le chanteur Sting, "the Oh in Ohio", avec Liza Minnelli et Danny de Vito, ou "Twelve and holding" de Michael Cuesta, auteur en 2001 du remarqué "L.I.E.". Le 10 septembre, le jury remettra le Grand Prix, les Prix du Jury et du Scénario.
Hommage à Claude Lelouch
Au total, 79 films seront projetés à Deauville, qui s'attend à accueillir plus de 50.000 spectateurs. Enfin, la ville rendra hommage au plus célèbre de "ses" films, "Un homme et une femme", de Claude Lelouch, sorti en 1966 et tourné l'année précédente dans la station normande. Une "place Claude Lelouch" sera inaugurée le 5 septembre sur les planches, en présence du réalisateur et de la comédienne Anouk Aimée.
| Hollywood 70's : la décennie prodigieuse |
Après quelques décennies de purgatoire, les films américains tournés dans les années 70 n'en finissent pas d'être réhabilités. Et c'est tant mieux. Dans un essai génial et polémique, Le nouvel Hollywood, l'Américain Peter Biskind avait révélé les coulisses de cette période de créativité débordante et d'ego démesurés sur fond d'excès en tous genres (lire : "Le putsch raté de la génération ‘sexe-drogues-Hollywood'"). En signant Le cinéma américain des années 70, Jean-Baptiste Thoret a choisi pour sa part d'en revenir aux œuvres (La horde sauvage, Taxi Driver, French Connection, Apocalypse Now...) et à leurs auteurs (Peckinpah, Scorsese, Penn, Hashby, Cimino...). Ses analyses claires et pointues nous (re)plongent dans une série de chefs-d'œuvre et nous permettent d'en découvrir le fil directeur. Cerise sur le gâteau : l'ouvrage est richement illustré. On le referme avec une seule envie : voir et revoir ces désormais "classiques" du 7e art.
Jean-Baptiste Thoret : Le cinéma américain des années 70, éditions Cahiers du cinéma, 396 p., 35 euros.
MD
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