Roschdy Zem, Jamel Debbouze, Samy Naceri et Sami Bouajila dans "Indigènes" © Mars Distribution- Indigènes, de Rachid Bouchareb (France, Maroc, Algérie, Belgique, 2H08) avec Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouajila
Tourné au Maroc et en France, Indigènes suit les pas de Saïd (Jamel Debbouze, co-producteur du film), Abdelkader (Sami Bouajila), Messaoud (Roshdy Zem) et Yassir (Samy Naceri), de jeunes "Nord-Africains" qui en 1943, s'engagent dans l'armée française pour libérer la "mère patrie" de l'ennemi nazi. Peu évoqué dans les manuels scolaires, l'engagement de ces 130.000 tirailleurs, goumiers et tabors algériens, marocains et tunisiens sera déterminant dans le succès de la campagne d'Italie et la victoire des Alliés.
Couronnée d'un prix collectif d'interprétation masculine à Cannes, cette fiction au lourd budget de 14 millions d'euros réveille les consciences en dévoilant l'ingratitude de la République envers ses soldats venus des colonies, qui ont joué un rôle actif à la libération de la France en 1944. Son ambition est "d'ouvrir un chapitre de l'Histoire de France", selon son réalisateur, un Français d'origine algérienne qui a mis cinq ans à le tourner. La leçon d'histoire donnée par ce film très didactique, avait été longuement applaudie au festival de Cannes pour son vibrant plaidoyer en faveur de ces soldats quasiment rayés de la mémoire collective. Juste avant le générique de fin, un texte rappelle que les anciens combattants indigènes ont vu leurs retraites et leurs pensions d'invalidité gelées à leur niveau de 1959 par une loi dite de "cristallisation".
- Le diable s'habille en Prada de David Frankel (Etats-Unis, 1H50), avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci, Simon Baker, Emily Blunt
Satire du monde de la mode new-yorkais adaptée du roman à succès du même nom écrit par Lauren Weisberger, Le diable s'habille en Prada offre à Meryl Streep un rôle de femme de pouvoir qui l'a fascinée. "C'est l'un des meilleurs scénarios que j'ai lus depuis longtemps", a-t-elle affirmé à l'occasion de la projection du film au festival de Deauville. Elle y campe Miranda Priestly, rédactrice en chef du magazine new-yorkais "Runaway", qui fait et défait les tendances de la mode au gré de ses diktats. Pour la seconder, elle embauche, à la surprise de ses employés, une jeune femme, Andy (Anne Hathaway), qui ignore tout d'elle, du magazine et, comble de provocation, est totalement dépourvue de style. Ces deux femmes en apparence si dissemblables vont se rapprocher et se dévoiler au contact l'une de l'autre.
Meryl Streep a conféré une certaine humanité au personnage de Miranda Priestly, véritable "dragon" dans le roman. "Ce qui m'intéressait, c'est de voir qu'une femme puissante, surtout en Amérique, est toujours perçue avec suspicion, dédain et méfiance", a confié l'actrice au magazine Studio d'octobre. "Si un homme agissait comme Miranda, cela ne dérangerait personne, ce serait 'normal'", a-t-elle affirmé, ajoutant : "dans ce pays, il faudra que l'on ait un jour une femme président pour, enfin, balayer clichés et idées reçues sur le comportement des femmes à responsabilités !".
Et aussi :
- Hard Candy de David Slade (Etats-Unis, 1H43) avec Patrick Wilson, Ellen Page, Sandra Oh
- La dignité du peuple, documentaire de Fernando Solanas (Argentine, 2H00)
- Neil Young: Heart of Gold documentaire de Jonathan Demme, (Etats-Unis, 1H43)
- Les amitiés maléfiques d'Emmanuel Bourdieu (France, 1H40) avec Malik Zidi, Thibault Vinçon, Natacha Régnier, Dominique Blanc, Jacques Bonaffé
- Monsieur et monsieur, trois courts métrages d'animation pour enfants de Bretislav Pojar et Miroslav Stapanek (République tchèque, 43 minutes)
- Voiture de luxe (Chine, 1H28) de Wang Chao avec Tian Yuan, Wu Youcai, Li Yiqing
- She's the man d'Andy Fickman (Etats-Unis, 1H45) avec Amanda Bynes et Channing Tatum
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