Nicolas Cage dans le "World Trade Center" d'Oliver Stone © UIPLe Vietnam avec Platoon et Né un 4 Juillet, l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy avec JFK : en abordant des sujets controversés, Oliver Stone a toujours essayé d'aider les Américains à faire leur catharsis de leur Histoire contemporaine. Moins de cinq ans après le 11-Septembre -le film est sorti fin août aux Etats-Unis-, son World Trade Center a également cette ambition.
A un détail près : il n'était pas question de réaliser un film sur les attentats en eux-mêmes, ni de revenir sur la gestion de la crise par George W. Bush. Des crashs, le spectateur ne verra rien, sauf une ombre furtive d'un avion au-dessus de Manhattan. Du président américain, seulement une courte apparition sur CNN, via un écran de télévision disposé en arrière-plan. Des causes ou des explications géopolitiques, rien de spécial, à l'exception d'une ou deux remarques lancées par les personnages sur Israël ou sur un éventuel attentat terroriste.
La petite histoire
Si World Trade Center ne raconte pas la grande Histoire, c'est pour mieux mettre en relief la petite, celle de personnes ordinaires confrontées à un événement extraordinaire et faisant preuve de "courage et de survie". Ces personnes, ce sont deux policiers new yorkais, John McLoughlin et Will Jimeno. En service le 11 septembre 2001 au matin, ils entrèrent dans les tours jumelles pour faire leur travail -sauver les gens. Après les effondrements, ils furent coincés pendant près de 24 heures sous les débris de ce qui allait devenir Ground Zero. Les deux hommes ont activement collaboré à la réalisation du film pour que les acteurs -respectivement Nicolas Cage et Michael Pena- collent le plus possible à ce qu'ils ont vécu en ce jour si particulier.
En parallèle, Oliver Stone raconte l'angoisse de leur famille. Et suit aussi le parcours d'un marine, venu seul et spontanément à New York après avoir appris la nouvelle des attentats. C'est lui qui permettra de localiser et de retrouver les deux policiers. Là-aussi, le cinéaste s'est inspiré d'une personne réelle, en l'occurrence le sergent Jason Thomas -contrairement à ceux des policiers, son nom et sa couleur de peau ont été changés.
Reconstitution à grand spectacle
Habitué du genre, Oliver Stone délivre également une simulation presque aussi vraie que nature de l'effondrement des Twin Towers. Impressionnante, la scène majeure du film plonge ainsi le spectateur au cœur du 11-Septembre, comme s'il était prisonnier des tours. Grâce à la technologie numérique, la reconstitution de Ground Zero la nuit suivant le drame prend pour sa part des airs apocalyptiques.
Le pathos d'un côté, le grand spectacle de l'autre : difficile de ne pas ressentir d'émotion lorsque commence le générique de fin égrenant le nom des pompiers et policiers disparus au World Trade Center. Mais un Oliver Stone sans controverse et (trop) politiquement correct, est-ce bien un Oliver Stone à 100% ?
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