Ariane Ascaride, qui a reçu le prix d'interprétation féminine au festival de cinéma de Rome le 21 octobre 2006 © TF1-LCI/AFP-T.FabiAprès une semaine de paillettes et de tapis rouge, la première édition du Festival de cinéma de Rome a fermé ses portes samedi sur un bilan positif, les organisateurs ayant réussi à drainer de nombreuses stars mais surtout à associer étroitement le grand public à l'événement. Samedi, "Playing the victim" du réalisateur russe Kirill Serebrennikov a remporté le prix du meilleur film, sélectionné par un jury populaire de cinquante cinéphiles parmi les seize longs-métrages en concours.
Considéré par certains comme une version moderne du "Hamlet" de Shakespeare, l'oeuvre met en scène Valya, étudiant qui gagne sa vie en jouant le rôle de cadavre dans les scènes de reconstitution de meurtres par la police. Une nuit, il rêve qu'il est lui-même mort, et son père défunt lui apparaît en lui disant qu'il a été empoisonné par sa mère et son amant. "Je n'aurais jamais pensé recevoir un prix à Rome avec un film sur les Russes et la Russie. Je souhaite que mon travail ait la force de changer les mentalités", a commenté Kirill Serebrennikov. Un prix spécial du jury a récompensé "This is England" du Britannique Shane Meadows, qui explore la communauté skinhead des années Thatcher à travers le regard d'un jeune adolescent.
Côté acteurs, la Française Ariane Ascaride (qui joue dans "Le voyage en Arménie" de Robert Guédiguian) et l'Italien Giorgio Colangeli ("L'Aria salata" d'Alessandro Angelini) ont remporté les prix d'interprétation féminine et masculine. "J'avais une envie très forte de parler de l'Arménie, de me confronter avec le thème des racines, de ses racines qu'on n'est pas allé chercher", a confié Ariane Ascaride, qui a co-écrit le scénario du "Voyage en Arménie" avec l'écrivain française Marie Despléchin.
Nombreuses stars
A l'issue du concert de clôture de la "Fête internationale de Rome", intitulé officiel du festival, le maire de Rome Walter Veltroni s'est félicité du succès de la première édition de l'événement, estimant que les objectifs initiaux étaient plus qu'atteints. Au total 56.000 billets ont été vendus au grand public, qui pu découvrir avant-premières et films en concours en même temps que la presse, selon le souhait des organisateurs de "démocratiser" le festival et d'apporter un "plus" par rapport à la Mostra de cinéma de Venise qui s'était déroulée quelques semaines plus tôt.
Certes, la programmation romaine a été moins flamboyante que celle de Venise, mais avec un budget de quelque 10 millions d'euros - soit supérieur de deux millions à celui de la Mostra - le festival de Rome a pu s'offrir de grandes avant-premières et la présence de nombreuses stars internationales. Nicole Kidman, Martin Scorsese, Monica Bellucci, Leonardo di Caprio, Robert de Niro ou encore Sean Connery ont ainsi été immortalisés sur le tapis rouge de l'auditorium de Rome, lieu central de la manifestation.
Les seules critiques d'importance ont été celles de journalistes et professionnels du milieu qui ont dénoncé la "boulimie" et "l'offre gigantesque" de films: outre les 16 oeuvres en compétition, 95 films ou documentaires ont été projetés en une semaine dans le cadre des avant-premières, rétrospectives ou catégories parallèles. "L'appellation ‘Fête' est plus qu'appropriée : la manifestation a relancé les contacts avec le public que les festivals classiques avaient ces derniers temps perdus, pour devenir une affaire réservée aux spécialistes du secteur", a commenté à la presse le cinéaste italien Giuseppe Tornatore.
D'après agence
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