Une scène de Spider-Man 3 © 2007 Gaumont Columbia TriStar Films Shrek 3, Die Hard 4, Harry Potter 5... : en quête de marges accrues, les studios de Hollywood misent sur des recettes éprouvées pour écraser le box-office de l'été en prenant le minimum de risques, notent des experts. "On a dénombré 14 suites" sortant cet été sur les écrans nord-américains, souligne Lew Harris, responsable éditorial du site internet Movies.com, spécialisé dans le cinéma. Spiderman 3, début mai (1er mai en France), va donner le coup d'envoi d'une saison de quatre mois pendant laquelle les salles obscures des Etats-Unis et du Canada réalisent traditionnellement 40% de leurs recettes. Le nouvel épisode des aventures de l'homme araignée, plus sombre que les précédents sortis en 2002 et 2004, est doté d'un budget record de 300 millions de dollars. Sony espère rééditer les performances d'une franchise qui a déjà raflé 1,6 milliard de dollars dans le monde, sans compter les ventes de DVD.
Pour tous les goûts
Deux semaines plus tard (13 juin en France), l'ogre vert pétomane Shrek, enfant chéri du studio DreamWorks, entrera en scène pour la troisième fois afin de se lancer à la recherche d'un nouveau souverain dans son royaume délirant. Ce gentil monstre a les moyens d'effrayer la concurrence, puisque Shrek 2, sorti en 2004, reste le troisième film de l'histoire en terme de recettes en Amérique du Nord derrière Titanic et Pirates des Caraïbes 2. Le troisième épisode des aventures du capitaine Jack Sparrow, joué par Johnny Depp, sort justement le 25 mai en Amérique du Nord (deux jours avant en France). Pirates, une franchise Disney, a régné sur le box-office mondial en 2006, raflant plus d'un milliard de dollars de recettes.
Des méchants très antipathiques, du muscle, de la sueur et des explosions : John McClane, alias Bruce Willis, revient le 27 juin (4 juillet en France) pour un Die Hard 4: retour en enfer, production Fox. Le précédent épisode, Une journée en enfer, avait obtenu les deuxièmes meilleures recettes mondiales en 1995. Puis le 13 juillet (deux jours avant en France), ce sera au tour de Harry Potter et l'ordre du Phénix, cinquième film mettant en scène le petit sorcier à lunettes. Depuis 2001, les quatre Potter ont raflé pour la Warner plus de 3,5 milliards de dollars de recettes dans le monde, soit l'équivalent du produit intérieur brut du Niger.
Action, comédie, super-héros...
Parmi les autres films attendus cet été figurent la comédie d'action Rush Hour 3 (non encore daté en France), La Vengeance dans la peau (12 septembre en France) où Matt Damon sera pour la troisième fois l'espion amnésique Jason Bourne, Evan tout-puissant (15 août en France), suite de Bruce tout-puissant (2003) dans lequel Steve Carell prendra la relève de Jim Carrey, ou encore Ocean's 13 (20 juin en France) et son générique de rêve : George Clooney, Brad Pitt, Al Pacino et Andy Garcia. Outre Spider-Man, les aficionados de super-héros pourront se régaler avec Les Quatre fantastiques et le surfer d'argent (8 août en France), et dans ce tourbillon de recyclages, même Les Simpson, sur les écrans fin juillet (25 juillet en France), "est en quelque sorte une suite" des dessins animés diffusés à la télévision depuis 1989, note M. Harris.
Réduction des coûts
Les grands studios de Hollywood dépendent tous de conglomérats cotés en bourse dont les actionnaires réclament de solides résultats, alors que l'industrie cinématographique est par nature risquée et tente de réduire ses coûts : les studios Disney ont licencié 20% de leurs employés en 2006 et la Warner 5% en 2005. Toutes ces suites sont donc encore "un moyen de réduire les risques au minimum", estime Gitesh Pandya, responsable du site internet spécialisé boxofficeguru.com. Mais "parfois, ils dépensent de l'argent en pure perte, comme pour Basic Instinct 2, flop magistral en 2006, souligne M. Pandya. Mission: Impossible 3 avait lui aussi échoué dans ses objectifs, contribuant à coter à Tom Cruise son contrat de production avec la Paramount l'été dernier.
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