L'Iran dénonce le prix du jury, un acte "islamophobe"

Par D.H. (avec agence), le 28 mai 2007 à 15h34 , mis à jour le 28 mai 2007 à 15h41

Le film anti-iranien "Persépolis", qui a reçu dimanche le prix du jury à Cannes, est "un acte de sabotage de la culture iranienne", accuse Téhéran.

"Persepolis", film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud"Persepolis", film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud © DR

Il sort en France le 27 juin. Le dessin-animé anti-iranien "Persépolis" de la Française d'origine iranienne Marjane Satrapi et du Français Vincent Paronnaud a été primé dimanche soir à Cannes du prix du jury.

Une "promotion" que ne tolère pas Téhéran. Non content que le film ait été déjà sélectionné pour le 60e Festival de Cannes, l'Iran a dénoncé lundi un geste d'"islamophobie" dans la remise du prix à Marjane Satrapi, auteur de la bande-dessinée éponyme dont est tiré le film. "L'islamophobie dans la dramatisation occidentale trouve ses racines en France", a même estimé le conseiller culturel de la présidence iranienne qui juge que l'oeuvre est "un acte de sabotage de la culture iranienne, et ne sera pas le dernier film anti-iranien".

Téhéran dénonce un acte politique et non pas culturel

Au moment de la sélection officielle du film à Cannes, une fondation iranienne dépendant du ministère de la Culture et de la guidance islamique avait déjà dénoncé "un tableau irréel des conséquences et des réussites de la révolution islamique". Elle s'était aussi demandée si sa sélection n'était pas "à mettre au compte d'un acte politique ou même anti-culturel de la part du festival ?". Le quai d'Orsay avait rejeté ces accusations, en rappelant que le film avait été "sélectionné par les responsables du Festival de Cannes, qui ne sont pas évidemment sous l'autorité du gouvernement français et donc il n'y a rien de politique dans ce choix".

Marjane Satrapi, 37 ans, avait alors relativisé l'ire de Téhéran, estimant que "Persépolis", quasi entièrement en noir et blanc, est un "film humaniste" à l'"histoire universelle", dit son auteur la Française d'origine iranienne. Autobiographique, le film dresse un portrait vif, tendre et humoristique, d'une jeune fille issue de la bourgeoisie de Téhéran à l'époque de la révolution islamique de 1979 et les désillusions qui s'ensuivent pour elle. Souvent drôle et poétique, "Persépolis" n'en contient pas moins une charge contre le régime iranien, dépeint comme violemment répressif des libertés individuelles, et en particulier celles des femmes forcées, du jour au lendemain, de se voiler et de déserter les lieux publics. Marjane Satrapi a annoncé qu'elle ne retournait plus en Iran car ce n'est "pas un Etat de droit".

Par D.H. (avec agence) le 28 mai 2007 à 15:34
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