Zodiac, un thriller angoissant sur un tueur démoniaque

Par Philippe ROCH, le 24 mai 2007 à 17h29 , mis à jour le 24 mai 2007 à 18h29

David Fincher tire son dernier film d'une histoire vraie et plonge l'Amérique dans la terreur d'un tueur en série insaisissable.

Warner Bros. Jake Gyllenhaal dans ZodiacJake Gyllenhaal dans Zodiac © Warner Bros.

Ça y est, le festival de Cannes arrive dans les salles obscures, et de quelle manière !  Zodiac (voir la fiche film)  est le premier film de la sélection officielle à se dévoiler sur le territoire français. Et autant le dire tout de suite, rien ne pouvait laisser présager une telle réussite.

Zodiac est un tueur en série qui a sévi dans la région de San Francisco à la fin des années 60. Revendiquant près de trente meurtres, il symbolise dans l'imaginaire collectif le tueur en série " à l'américaine ", jouant avec les policiers et parsemant des indices comme autant de pierres blanches pouvant mener ces derniers à le confondre.

Des meurtres sanglants, incompréhensibles...

Le film est centré sur trois de ces enquêteurs : un policier (Mark Ruffalo), un journaliste (Robert Doney junior) et un dessinateur (Jake Gyllenhaal). Le scénario du film est inspiré des ouvrages de ce dernier, des recherches menées sur plus de dix ans qui ne sont parvenues à aucune inculpation malgré les soupçons énormes planant sur un suspect.

Débarrassé de tout maniérisme visuel mais magnifié par un sens du cadre et du détail renversant, le film use de sa durée pour faire glisser l'enquête et ceux qui la mènent aux confins de la folie. Les personnages de Fincher évoluaient jusqu'à maintenant dans des univers qui les conditionnaient complètement (l'atmosphère nauséeuse de Seven ou celle froide et mécanique de Panic room). La mise en scène leur laisse ici la place de réellement exister et d'imprimer la pellicule par leurs actions et leurs états d'âme.

Un réalisateur au sommet, des acteurs au diapason

Les victimes du Zodiac ne sont pas uniquement celle à qui il a pris la vie et Fincher cherche à le montrer. Ceux qui ont vécu dans la peur ou dans l'obstination de le démasquer y ont également laissé des plumes et les personnages du film en sont les premiers exemples. Désaveu public pour l'un, alcoolisme pour un autre et naufrage familial pour le dernier, Zodiac - le film - fait de son tueur insaisissable une menace invisible mais persistante, diffusant son venin par son absence de mobile, pesante et insidieuse.

Le film ne cherche pas à nous offrir une course poursuite spectaculaire au serial killer comme c'était le cas pour Seven. Il s'agit ici d'une enquête policière et journalistique dont l'action évolue essentiellement par les dialogues et les acteurs dirigés de main de maître par Fincher. Ils sont d'ailleurs tous exceptionnels, Mark Ruffalo en tête qui après le flic de Collatéral confirme les espoirs qu'on avait placés en lui.

Festival de Cannes 2007

Voir notre rubrique "Cannes 2007"

Après un Panic room inconsistant et un Fight Club surestimé, David Fincher nous revient donc avec une perle du thriller, un film adulte et maîtrisé qui lui donne un nouveau statut à Hollywood. Après celui du petit prodige visuel, il pourrait bien devenir un des auteurs les plus intéressants de sa génération.


Par Philippe ROCH le 24 mai 2007 à 17:29
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