© AFP/F.GuyotMalgré la controverse, 4 mois, 3 semaines et 2 jours, Palme d'or à Cannes, a été classé mardi "tous publics" par la Commission de classification des oeuvres cinématographiques. Le ministère de l'Education, indiquant avoir "pris acte de l'avis", a annoncé dans la foulée dès mercredi matin sa décision de diffuser le film auprès des collégiens et lycéens. Le communiqué précise que le DVD, édité à 1500 exemplaires et diffusé par le réseau SCEREN - CNDP (Centres Nationaux de documentation Pédagogique), sera accompagné d'un document pédagogique, intégrant l'avertissement de la commission et visant à "accompagner les professeurs dans leur travail en classe sur cette oeuvre".
Pour sa part, le ministère de la Culture avait déjà annoncé mardi soir que ce film, annoncé dans les salles le 29 août, sortirait avec un visa tous publics, mais assorti là aussi d'un avertissement. Lequel devrait être ainsi rédigé : "Le sujet du film, son traitement et certaines de ses scènes sont susceptibles de troubler des spectateurs sensibles et plus particulièrement les plus jeunes pour lesquels un accompagnement est à recommander".
Un drame cru sur l'avortement... et des soupçons de censure
Signé par le Roumain Cristian Mungiu, ce drame cru sur un avortement clandestin dans la Roumanie communiste avait reçu fin mai, le Prix de l'Education nationale, qui depuis 2003 récompense un film de la sélection officielle à Cannes pour ses "qualités artistiques et pédagogiques". Dans ce cadre, l'oeuvre est ensuite diffusée sous forme de DVD pédagogique, lors de projections accompagnées par des enseignants, en milieu scolaire.
Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, avait d'abord jugé le film "trop dur" pour un public adolescent et refusé d'éditer le film début juillet mais il s'était ensuite ravisé face à la levée de boucliers suscitée par sa décision. La Société des réalisateurs de films avait affirmé que ce refus était lié à des "pressions d'associations anti-avortement". Le Planning familial ainsi que la Ligue des droits de l'homme notamment avaient protesté. Tout en reconnaissant un certain "flottement", Xavier Darcos s'était alors défendu d'être un "censeur", assurant avoir agi selon le "principe de précaution" tout en "respectant le jury" d'enseignants qui avait choisi de distinguer le film pour en faire un outil pédagogique.
D'après agence
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