Le cinéaste Jean Delannoy, en compagnie de l'actrice Gina Lollobrigida © www.abacapress.comNicolas Sarkozy a salué un "immense réalisateur". Jean Delannoy s'est éteint mercredi à l'âge de 100 ans. Rendu célèbre pour sa collaboration avec Jean Cocteau sur L'Eternel Retour, en 1943, ce cinéaste académique et prolifique, brocardé dans les années 50 par de jeunes réalisateurs, avait également travaillé pour la télévision.
Né le 12 janvier 1908 à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, Jean Delannoy exerça plusieurs professions avant de se lancer dans le cinéma, en 1930. Décorateur, acteur, monteur et finalement réalisateur, il acquit une remarquable maîtrise technique, repérable dès son premier film, Paris-Deauville (1933). Amateur de littérature, il accéda à une large notoriété en collaborant avec le poète Jean Cocteau pour la réalisation de L'éternel retour (1943), adaptation du mythe de Tristan et Yseult incarnée par Jean Marais et Madeleine Sologne. Devaient suivre des films à grand succès comme l'adaptation du roman de Paul Féval Le Bossu (avec Jean Marais dans le rôle principal), La Symphonie pastorale, couronnée de la Palme d'Or au Festival de Cannes de 1946, Les jeux sont faits, ou encore une adaptation de Victor Hugo, Notre-Dame-de-Paris. Ses acteurs fétiches à cette époque étaient alors Michèle Morgan, Jean Marais, Jean Gabin ou Gina Lollobridgida.
L'acrimonie de la Nouvelle Vague
Mais son style académique, voire un peu froid, lui valut au cours des années 50 d'être pris pour cible des critiques de jeunes réalisateurs, qui devaient devenir des figures de la Nouvelle Vague. Il devait notamment être visé par un article acerbe de François Truffaut dans Les Cahiers du Cinéma.
Après de nombreuses réalisations à la fin des années 50 et au cours des années 60 (comme des adaptations des romans de Simenon : Maigret tend un piège, en 1957, ou Maigret et l'affaire Saint-Fiacre, en 1959 ; citons encore une adaptation de La Princesse de Clèves), Jean Delannoy se mit à travailler pour la télévision et adapta, entre autres, Hamlet ou Manon Lescaut. Revenu au grand écran peu avant les années 90, ses derniers films devaient être dans une veine religieuse avec Bernadette, en 1988, sur la vie de Bernadette Soubirous, suivie l'année suivante de La Passion de Bernadette, puis, en 1994, de Marie de Nazareth.
Jean Delannoy, qui avait intitulé ses mémoires Aux Yeux du souvenir, titre de l'un de ses films, était commandeur des Arts et lettres, grand officier de la Légion d'honneur et grand croix de l'ordre national du mérite.
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