Le cinéaste égyptien Youssef Chahine est mort

le 27 juillet 2008 à 11h08 , mis à jour le 27 juillet 2008 à 18h33

Le plus célèbre des cinéastes égyptiens est décédé dimanche à l'âge de 82 ans.

youssef chahine cinéma égypteLe plus célèbre des cinéastes égyptiens, Youssef Chahine, est décédé le 27 juillet au Caire à l'âge de 82 ans. Son oeuvre intimiste et politiquement engagée a été récompensée en 1997 par le prix du 50e anniversaire du festival de Cannes. © TF1/LCI

Il était le plus célèbre des cinéastes égyptiens. Youssef Chahine est décédé dimanche au Caire, à l'âge de 82 ans. A la suite d'une hémorragie cérébrale survenue en Egypte et qui l'a plongé dans le coma le 16 juin, il avait été hospitalisé à Paris pendant un mois. Il avait ensuite regagné l'Egypte mi-juillet dans un état stationnaire. Les funérailles auront lieu lundi à 13 heures, heure locale, en la cathédrale grecque-catholique du Caire. Le cinéaste sera ensuite enterré dans le caveau familial à Alexandrie, la grande ville du nord où il est né, a précisé l'agence officielle Mena.

En soixante ans de carrière, Youssef Chahine a produit une oeuvre aussi intimiste que politiquement engagée. Né le 25 janvier 1926, il a pris l'Egypte comme toile de fond sur laquelle il n'a cessé, en une quarantaine de films, d'imprimer sa mémoire et ses idées de gauche et anti-islamistes. Plus célébré à l'étranger qu'il ne l'était dans son pays, Youssef Chahine avait obtenu en 1997 le prix du cinquantième anniversaire du festival de Cannes pour l'ensemble de son oeuvre, après un Ours d'argent au festival de Berlin.

Cinéma engagé, films sur sa jeunesse

"Il voulait être acteur, mais s'est aperçu qu'il bégayait un peu et n'était pas si beau, alors il s'est dit: je vais jouer à travers d'autres", a un jour raconté Omar Charif, star mondiale découverte par Youssef Chahine. Pauvreté, combat ouvrier et lutte d'indépendance, il s'empare de tout le registre du cinéma engagé des années 50 et 60 pour faire passer des messages politiques dans le genre du mélodrame néo-réaliste. Quelques titres se distinguent, comme Eaux noires (1956), Gare centrale (1958), et La Terre (1969), chef-d'oeuvre poétique et politique consacré au monde paysan.

Sans renoncer aux sagas politiques, Chahine se lance ensuite dans le roman filmé de sa jeunesse avec Alexandrie, pourquoi ? (1978, prix spécial du jury à Berlin l'année suivante), La mémoire (1982) et Alexandrie encore et toujours (1989), qui formeront sa trilogie autobiographique. Alors que l'islamisme se répand, Youssef Chahine s'insurge, lui qui connut dans son enfance une Egypte tolérante, multi-ethnique, où les chrétiens, comme il l'est, et aussi les juifs vivaient en harmonie avec les musulmans. L'émigré (1994) et Le destin (1997) lui valent la colère et la censure des intégristes égyptiens. Critique évidente du régime autocratique en Egypte, son dernier film, Le chaos, co-signé avec Khaled Youssef en 2007, ne remporta pas le succès qu'il escomptait en Egypte, ni à l'étranger.

Nicolas Sarkozy salue "un réalisateur engagé" 

Depuis l'annonce du décès du cinéaste, les hommages et les marques de sympathie se multiplient. Nicolas Sarkozy a immédiatement salué un "fervent défenseur du mélange des cultures" et de la liberté d'expression. Le Premier ministre François Fillon a lui salué la mémoire de ce "pourfendeur de l'obscurantisme et chantre de  l'humanisme". Le maire de Paris a également réagi, affirmant que "la trace que laissera cet humaniste d'une densité exceptionnelle est celle  d'une oeuvre cinématographique marquante, riche et originale".  Christine Albanel, la ministre de la Culture a également salué le "fidèle ami de la France (...)  dont chaque film éclairé par la lumière de la  liberté, se dresse comme un manifeste humaniste". De son côté, Gilles Jacob, le président du festival de Cannes, a affirmé que le Festival "pleure un grand cinéaste mais aussi  un ami, un modèle et un exemple". 

Marie-George Buffet, la secrétaire générale du Parti Communiste a quant à elle déclaré : "Avec la mort de Youssef Chahine disparaît  l'un de ces grands cinéastes qui donnent au 7e art sa raison d'être, ses palmes  d'honneur." "J'aimais passionnément  Youssef, son intelligence décapante et généreuse, sa drôlerie tendre, son humour  profondément égyptien (...) tout en lui était séduction", a affirmé l'ancien  ministre socialiste de la Culture, Jack Lang. Jacques Chirac, a lui estimé que "Youssef Chahine était un combattant inlassable contre l'intégrisme et la violence, un ardent défenseur de la tolérance et du respect".

(D'après agence)

le 27 juillet 2008 à 11:08
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12 Commentaires

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  • Awny, le 03/08/2008 à 15h24

    Un homme trés sensible , tu l'aimes depuis le premier instant , trés aimable , de talent extraordinaire et avant tout trés egyptien Awny

  • Jack, le 28/07/2008 à 12h14

    Je souhaite pour cette occasion presenter mes condoleance a la famille du defunt Youssef Chahine. Ayant eu la chance de cotoyer ce grand Monsieur trois annees durant car ayant habite Alexandrie dans le meme batiment que la famille Chahine, j'ai pu apprecier la grandeur d'ame de ce geant du cinema dans la vie de tous les jours. Que Dieu ait son ame. Jacques - Anvers

  • Rezak, le 27/07/2008 à 21h31

    C'est une des grandes figures de la culture universelle arabe qui deisparait.

  • Ifak117, le 27/07/2008 à 20h58

    Que Dieu ait son âme, un très grand réalisateur, le meilleur cinéaste Arabe et Africain. Un combattant acharné contre l'intégrisme et la violence, Son combat continuera et son flambeau demeurera. Repose en paix Youssef (Josephe) et que Dieu t'accorde sa miséricorde. Merci infiniment de publier.

  • Emmanuel du Couldray, le 27/07/2008 à 20h12

    Bonsoir, C'est avec tristesse que j'ai appris aujourd?hui par la télévision qu?après plusieurs semaines de coma, le Grand Cinéaste Égyptien Monsieur Youssef Chahine venait de nous quitter. Le 7ème Art perd l'un de ses talentueux enfants. Ce cinéaste universellement connu avait le génie de nous montrer de belles images qui se greffaient sur des scénarii de qualité. On a parlé d'humanisme chez cet homme, un mot qui ne veut rien dire, car il est utilisé à toutes les sauces par n'importe qui pour n'importe quel motif. Pour ma part, je dirai seulement que cet Homme engagé et tolérant a servi magistralement son art et ses semblables quelle que soit leur Religion. Je ne vous dit pas adieu, Monsieur, mais seulement un au revoir. Comme j?envie les anges du Paradis. Ils vont se distraire avec toutes ces belles histoires que vous aviez encore à nous conter. Bonne nuit.

  • Nina3180, le 27/07/2008 à 19h23

    Vraiment on a perdu un vrai cinéariste mes condoléances à toute sa famille ?? ???? ? ?? ???? ??????

  • FATYA, le 27/07/2008 à 16h08

    On a perdu aujourd'hui le pilier du cinéma arabe,les images et des messages si réalistes nous permettaient de ne pas fermer les yeux sur la vrai situation du monde arabe. Meme si ton opinion dérangés certains,elle était pleine de vérité, C surtout de cela que le monde arabe a besoin aujourd'hui.Paix à ton âme, merci pour ce que tu nous a laissée.

  • Bluesky, le 27/07/2008 à 14h18

    Une perte pour l'Egypte et le monde arabe, un homme sympathique, ouvert et intelligent, il a su, à travers, le cinéma, refléter l'image parfaite de la cohabitation harmonieuse, entre chrétiens, juifs et musulmans, dans son pays natal, une image qui se dessine dans des maghrébins, et, notamment, les tunisiens, aimé et estimé par toutes les souches de la population, le reflet des images de ses films, ressortent la similitude du vécu social et populaire de Bizerte, à l'extrême nord de la Tunisie, jusqu'au sud, les mélanges et les échanges des cultures, ont contribué à l'ouverture des esprits et aux enrichissements culturels, moraux et spirituels ... Disons que Youssef Chahine est parti en voyage, un voyage éternel, ses ?uvres demeureront à jamais, une légende et un modèle à suivre par ... un nouveau prodige égyptien ou autre dans le monde arabe pour valoriser les valeurs réelles de sa culture et sa richesse ... Bluesky

  • B.HEDDINE, le 27/07/2008 à 14h17

    Bonjour, Je souhaite pour cette occasion presenter mes condoleance a la famille du defunt Youssef Chahine, au president HOSNI MOBARAK le leader du 7eme art, a l'egypte ainsi qu'a ses fan partout dans le monde. Je tiens a preciser que le defunt n'etait pas, mais est l'un des pilliers du 7eme art, et pour moi ca mort n'est pas la fin d'un long trajet qu'il a bien marquee parcequ'il restera toujours present parmis nous avec ce qu'il a laissee comme oeuvres. NOUS SOMMES A DIEU ET A LUI NOUS RETOURNONS.

  • Bébert, le 27/07/2008 à 12h55

    C'était un très grand réalisateur sûrement le meilleur cinéaste africain

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