L'équipe du film "Coluche" © AbacapressUn film et deux polémiques. La première, qui portait sur le sous-titre du long-métrage d'Antoine de Caunes consacré à Coluche, est désormais close. Le tribunal de grande instance de Paris a débouté en première instance de sa demande le producteur Paul Lederman, rendant ainsi possible la sortie du film mercredi dans les salles. La même demande a ensuite été déboutée en appel par la cour d'appel de Paris. L'ancien agent de l'humoriste estimait détenir les droits de ce sous-titre, tiré d'un sketch de l'humoriste ("L'histoire d'un mec"). La producteur réclamait le retrait du sous-titre et 150.000 de dommages et intérêts, qui devaient être, selon lui, intégralement reversés à l'association Les Restos du Coeur.
Dans son ordonnance, la juge des référés a considéré que l'expression "l'histoire d'un mec" constituait "une locution d'usage familier". Par conséquent, "l'originalité du titre revendiqué ne s'impose pas avec l'évidence requise au juge des référés", mais devrait être abordée devant le juge du fond. En outre, contrairement à l'avocat de Paul Lederman, elle a estimé qu'il n'existait pas de "risque de confusion" entre le sketch de 10 minutes créé en 1974 et le film interprété par
François-Xavier Demaison. Paul Lederman, qui s'était déplacé au Palais de Justice de Paris pour l'occasion, s'est dit atterré par une telle décision. Antoine de Caunes "n'a pas le droit d'utiliser l'expression 'L'histoire d'un mec' pour ne raconter que quelques mois de la vie de Coluche et le faire passer pour un être immonde", a-t-il réagi. Ce film est "une véritable trahison par rapport à ce qu'était Coluche. C'était un artiste d'exception et c'est ce qui m'importe à moi", a-t-il ajouté.
Une "version étriquée des faits"
Le jugement rendu, les soucis d'Antoine de Caunes ne seront pas terminés pour autant. Outre l'appel de Paul Lederman, qui devait être examiné mardi à 17 heures, le réalisateur a appris avec surprise que la famille de Coluche exprimait de fortes réserves sur la trame du long-métrage. La famille de Michel Colucci ne "partage aucunement" la "version étriquée des faits" présentée le film, a affirmé lundi le fils aîné, Romain Colucci, dans une déclaration transmise par son avocate. Le réalisateur a tenté d'expliquer ses choix en précisant que le film n'était "ni une hagiographie ni une entreprise de déstabilisation". "C'est un film indépendant, je l'ai fait avec l'envie que les gens aiment encore plus Coluche après l'avoir vu", a-t-il expliqué.
"Nous avons essayé de travailler main dans la main avec la famille, d'être respecteux de son point de vue, mais nous n'avons pas fait ce film pour elle", a poursuivi l'ex-animateur de Canal+. "Je suis surpris, parce qu'il était entendu qu'ils observeraient un devoir de réserve. Je sais bien que j'évoque un moment douloureux de la vie de Coluche et en même temps, lorsque j'ai remis le scénario à Véronique (qui fut son épouse) elle m'a même soufflé un moment d'intimité dont j'avais besoin pour le film. Mais cela ne signifiait pas qu'elle ait validé le film", a conclu de Caunes. Pour Romain Colucci, les auteurs ont notamment "limité la stature historique de Coluche à l'absorption de stupéfiants, aux fêtes et à leurs débordements".
D'après agence
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