La crise touche aussi le Festival de Cannes

Par Matthieu DURAND, le 20 avril 2009 à 12h26 , mis à jour le 20 avril 2009 à 12h37

Crise économique oblige, la sobriété sera de rigueur pour les sociétés présentes au 62e Festival de Cannes, du 13 au 24 mai. Pour la première fois depuis plusieurs années, une érosion de la fréquentation est même envisagée.

La Croisette à CannesLa Croisette à Cannes © TF1/LCI

Cinéphilie, luxe, glamour et fantaisie constituent les piliers du Festival de Cannes. Ce sera à nouveau le cas pour sa 62e édition, qui se déroulera du 13 au 24 mai prochains, même si, crise économique oblige, il devrait y avoir un peu moins de paillettes sur les marches du Palais des Festivals.


Deuxième événement mondial le plus couvert par les médias après les Jeux olympiques, le Festival de Cannes (13-24 mai) sera certes moins affecté que d'autres. Son président Gilles Jacob assure que les partenaires privés du Festival sont là au complet, une "consolidation" qui "tombe à pic au moment où des subventions publiques s'évaporent", dit-il, comme celle du quai d'Orsay. Soulignant que le budget global du Festival "dépasse 10 millions d'euros", le ministère des Affaires étrangères explique avoir supprimé sa subvention de 72.000 euros en raison du "contexte budgétaire" et de la priorité donnée au "soutien à la production et à la diffusion des cinémas du Sud".


Petit-déjeuner compris

"On est dans une crise mondiale sans précédent. Elle touche aussi la Côte d'Azur et Cannes", admet le président du syndicat des hôteliers cannois, Michel Chevillon. Certes, l'hôtel Martinez est complet depuis février pour la durée du Festival, y compris pour la plus belle suite de ce palace art déco (36.000 euros la nuit pendant le festival), selon son directeur Richard Schilling. Mais globalement les hôteliers ont dû s'adapter à la baisse de la demande.

Si plus de 70% d'entre eux ont maintenu leurs tarifs par rapport à 2008 (25 à 30% les augmentant), des établissements qui exigeaient des réservations d'une durée minimale de douze jours ont accepté des forfaits cinq jours et tous les "deux étoiles" offriront le petit déjeuner à leurs festivaliers. Au port de Cannes, "la tendance est très bonne" et les 60 places pour les yachts de 30 à 60 mètres sont déjà réservées, a déclaré le directeur, Steve Perrone. Les demandes de locations de yachts sont cependant en nette baisse, selon un loueur.

 

Budgets et effectifs à la baisse 


Groupes de luxe et sociétés de production, y compris les majors américaines, seront présents mais plus sobrement. "Cette année, les sociétés ont limité le nombre de personnes qui viennent à Cannes et la durée de leur séjour", note Michel Chevillon. Le coiffeur "officiel" du festival, Jacques Dessange n'emmènera que 15 employés au lieu de 20 en 2008 et réduira son budget de 10 à 20%. L'Oréal a supprimé sa campagne de publicité devant l'hôtel Martinez où il descendra malgré tout avec ses ambassadrices.


La réduction de la voilure risque d'être plus visible au niveau des fêtes privées. La discothèque Jimmyz, gratuite pour ses invités, a dû trouver d'autres sponsors, après avoir été lâchée par ses deux partenaires habituels Fendi (mode) et Swarovski (cristaux) "en raison de la crise", dit sa productrice Albane Cléret. Swarovski répond que "l'implication dans ce projet n'était plus en lien" avec leur stratégie de marque.


Rosé et pissaladière

Michel Ernest, un des traiteurs "historiques" du festival, ressent les effets de la crise. Si ses clients comme les distributeurs UGC ou Gaumont n'ont pas baissé leur budget communication, des structures plus petites "semblent bloquées" financièrement. "Cette année, on me demande davantage de menus avec pissaladière (une spécialité provençale bon marché, ndlr) qu'avec foie gras", remarque-t-il, notant un regain d'intérêt pour le mousseux ou le rosé au détriment du champagne. Outre de vraies difficultés financières, certaines sociétés "estiment qu'il ne fait pas bon montrer qu'on est riche, alors le ‘hip' c'est communiquer cacahuète", dit ce traiteur.


Dans le monde anglo-saxon, "certains craignent une mauvaise image en se rendant dans un endroit symbole de richesse", indique le premier adjoint à la mairie de Cannes, David Lissnard. Ainsi le magazine américain Vanity Fair, célèbre pour sa "party" fréquentée par les stars, fait l'impasse cette année. Pour Gilles Jacob, "la fréquentation risque d'enregistrer une érosion légère pour la première fois depuis plusieurs années. Ceux qui se plaignaient d'une trop forte affluence s'en féliciteront-ils ?". Les films eux sont toujours plus nombreux alors "comme disent les anglo-saxons qui constatent comme nous que le cinéma en salle marche bien : ‘business as usual'", conclut-il.

 

D'après agence

Par Matthieu DURAND le 20 avril 2009 à 12:26
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3 Commentaires

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  • Lolo, le 12/05/2009 à 12h58

    Ne me dites pas que les peoples devront payés la réservation de leur suite MON DIEU QUEL HORREUR ils seront obligés de manger des oeufs de lumps à la place du caviar PAUVRE FRANCE

  • Guillaume, le 24/04/2009 à 14h58

    Salade à la place du foie gras, rosé à la place du champagne, encore un peu et on se croirait à la fête de l'huma !!

  • Clespeed, le 20/04/2009 à 19h46

    Oh ... les p'tites biches, va falloir qu'elles mangent de la salade à la place du foie gras !! Mon Dieu !! J'espère que la salade ne viendra pas de chez Lidl au moins !!!

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