Map of the sounds of Tokyo de Isabele Coixet © DR
Dossier Festival de Cannes sur dvdrama - Alors que je me remets difficilement de ce qui restera ma grande frustration du Festival, ne pas avoir interviewé Brad Pitt, j'ai eu la chance vendredi matin, au détour d'un ascenseur de faire une rencontre toute aussi féérique, inattendue, renversante, de croiser l'un des plus beaux regards du cinéma, des yeux d'une incroyable luminosité, profondément perçant.
J'étais pressée, comme c'est souvent le cas, je courrais entre deux projections, une interview, une conférence de presse et, soudain, le temps s'est arrêté... Quelques paliers dans un même ascenseur, un sourire renversant, celui de Jude Law. Surprise j'y réponds à peine, je dois le regarder bêtement, je me sens stupide...
Visage et je m'endors...
C'est la magie de Cannes, une vision qui pourrait ne plus en être une, hélas, celle-ci restera pour le moment irréelle, de l'ordre du fantasme, un rêve se substituant à ceux de Tsai Ming-Liang (Visage), d'une telle lenteur et d'une telle obscurité symbolique que je me suis assoupie, je l'avoue honteusement. Après La saveur de la pastèque et I Don't Want to Sleep Alone, le réalisateur malaisien, déjà présent à Cannes pour The Hole en 1998, commissionné ici par le Musée du Louvre, rend hommage au cinéma de la Nouvelle Vague au travers d'une allégorie picturale centrée sur un tableau, Visage, qui sera présenté ce soir. Un rêve par lequel je me laisse emporter après avoir goûté ceux imaginés par Terry Gilliam, dont le film, s'il manque de maîtrise scénaristique, déborde d'une folle fantaisie.
Une voix, celle de Laetitia Casta, sensuelle héroïne du Tsai Ming-Liang, vient rompre brutalement cette délicieuse illusion, je me réveille et le temps reprend son cours. Le Festival touche à sa fin, le marché du film a déjà fermé ses portes, de nombreux professionnels se sont déjà envolés pour de nouvelles aventures, la Croisette se vide.
Le dernier de la compétition
Un dernier film en compétition, celui d'Isabel Coixet, Carte des sons de Tokyo. Après plusieurs récits, dont le bouleversant Ma vie sans moi, la jeune réalisatrice espagnole montera pour la première fois les marches. Une histoire d'amour tranchante sous les lumières cruelles de Tokyo, celle d'une jeune femme menant une double vie, payée pour donner la mort, chargée d'abattre un homme dont elle s'éprend. Si la mise en scène se révèle à la hauteur du synopsis, ce film devrait clore majestueusement la compétition.
Coco Chanel fait la clôture
C'est enfin sur les yeux moirés de la vaporeuse Anna Mouglalis que le rideau de cette 62e édition se fermera. Elle enflammera une dernière fois la Croisette en y interprétant Coco Chanel dans le film de Jan Kounen, Coco Chanel & Igor Stravinsky. Le cinéaste s'extirpe ici d'un registre onirique et, après avoir mis en scène de manière éclatante le roman de Frédéric Beigbeder, 99 francs, il s'arrête sur la liaison passionnelle de ces deux artistes.
Le Festival s'éteindra ainsi sur une note sulfureuse, dans la lignée de ce qu'il fut cette année, une rencontre entre un cinéma très expérimental, visuelle, provocateur et de grandes histoires d'amour, condamnées, brisées, l'histoire de la vie, l'histoire du cinéma.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





