Charles Fleming : "Box-Office" (Sonatine Editions) © Sonatine Editions/sxc.huBox-Office
Charles Fleming
Sonatine Editions
430 pages, 20 euros
Flashdance, Top Gun, Le Flic de Beverly Hills... Derrière trois des plus gros succès du cinéma hollywoodien des années 80, un duo de producteurs hors normes : Jerry Bruckheimer et Don Simpson. Le premier a enchaîné jusqu'à aujourd'hui les cartons en salles (Armageddon, Pirates des Caraïbes...) et sur le petit écran (CSI Les Experts, Cold Case Affaires Classées...). Le second est mort en 1996, à l'âge de 52 ans, au terme d'une existence marquée par les excès. C'est sa vie que raconte Charles Fleming dans le passionnant Box-Office, un ouvrage de la trempe du Nouvel Hollywood de Peter Biskind.
"(...) Dépassant toutes les normes locales de décadence et de dépravation, Simpson et ses exploits étaient légendaires, écrit Fleming. Ses putes, ses bagnoles de sport, les drogues auxquelles il était accro, son attention obsessionnelle envers ses tenues vestimentaires, ses problèmes de poids et de chirurgie esthétique, sa fascination pour le côté obscur de la vie étaient si permanents qu'ils étaient devenus un lieu commun."
Né en 1943 en Alaska, Don Simpson débarque à Hollywood avec une ambition démesurée. Le jeune homme se fait embaucher au bagout à la Paramount. Mais la "grande gueule" a aussi un nez et le flair pour débusquer les sujets qui emballeront le public. Des sujets faciles à raconter et faciles à comprendre. La formule magique pour un film réussi est baptisée "high concept". Elle repose sur trois actes, que résume la productrice Lynda Obst : "Il y a le premier acte chaud bouillant, avec un incident superexcitant, puis le second acte avec la crise et les moments sombres lors desquels notre héros est mis au défi, et le troisième acte avec le moment de triomphe, la rédemption et la fin sur une image figée".
"Méchant flic, pire flic"
Le concept, que Simpson invente alors qu'il est "presque perpétuellement défoncé à la coke", tient toujours aujourd'hui, l'image figée en moins. Simpson est un visionnaire et son association avec Bruckheimer enflamme le box-office. Les deux hommes se complètent. Comme le souligne un observateur de l'époque, "c'est pas gentil flic, méchant flic. C'est méchant flic, pire flic". Don et Jerry s'habillent pareil, achètent la même voiture, meublent leur villa de la même façon... Mais là où Bruckheimer sait garder raison, Simpson se laisse aller à tous les excès : il se drogue, se gave de médicaments, se livrent à des orgies de plus en plus extrêmes...
Un comportement qui, ajouté à l'échec commercial de Jours de Tonnerre avec Tom Cruise, fait voler en éclat le duo. Simpson ne s'en remettra pas. Sa mort, d'un arrêt cardiaque, ne surprend personne à Hollywood. La biographie que signe Charles Fleming révèle d'ailleurs tout l'envers du décor de l'usine à rêves américaine. Finalement, Simpson était un producteur démesurément excessif dans un milieu où, particulièrement dans les années 80, les excès étaient de mise.
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