Des salles aux DVD, le délai passe à quatre mois

le 07 juillet 2009 à 09h35 , mis à jour le 08 juillet 2009 à 09h01

Frédéric Mitterrand se félicite de cette évolution, alors que l'amélioration de l'offre légale de films est la contrepartie du volet répressif du projet de loi "Hadopi", qui revient au Sénat.

TV télévision

Quatre mois : c'est désormais le nouveau délai après leur sortie en salles au bout duquel les films seront disponibles dans le commerce. Jusqu'à présent, ce délai était de six à sept mois et demi au minimum. Un accord réduisant cet intervalle a été signé lundi par les professionnels du cinéma. Il prévoit même des dérogations permettant de diffuser DVD et VoD d'un film trois mois à peine après sa sortie, dans des conditions il est vrai plutôt restrictives : seuls les films "ayant réalisé moins de 200 entrées au cours de leur 4e semaine d'exploitation en salles" seront concernés. Soit tout de même, selon le Centre National de la Cinématographie, près de 25% des films.

  • A quoi ressemble le "pirate-type"

    Alors que les députés vont se pencher cette semaine sur le projet de loi Création et Internet, un sondage s'attache aux habitudes des Français vis-à-vis du téléchargement illégal.

    Publié le 08/03/2009 A quoi ressemble le "pirate-type"
Plus d'infos

"Conclu pour une durée de deux ans tacitement reconductible par périodes d'un an", l'accord réaménage la "chronologie des médias" qui organise la diffusion des oeuvres sur différents supports et à la télévision. Outre la question des DVD et de la vidéo à la demande, le texte instaure aussi des délais d'exploitation plus courts sur d'autres supports. Ainsi les services de télévision payants (Canal+, Orange) pourront-ils désormais montrer les films en première diffusion 10 à 12 mois après leur sortie en salles, contre 12 mois minimum aujourd'hui, puis 22 à 24 mois en 2e diffusion (24 mois à l'heure actuelle). Les chaînes de télévision en clair pourront les programmer 22 mois (contre 24 mois) après leur sortie en salles lorsqu'elles seront co-productrices et 30 mois dans le cas contraire (contre 36 mois). Avec un délai de 36 mois à compter de la sortie des films en salles, la VoD par abonnement se situe vers la fin de la chaîne d'exploitation des oeuvres. Seule la VoD gratuite, interdite avant 48 mois à "l'exception d'opérations promotionnelles" exceptionnelles, lui est postérieure. Un précédent accord professionnel en vigueur de 2005 à 2006, la proscrivait.

Voix discordantes

Le tout nouveau ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, s'est félicité de cette signature, et a assuré qu'il "prendrait dans les meilleurs délais un arrêté d'extension de cet accord", soit d'ici le 12 juillet. Il est vrai, le temps pressait pour le ministère : l'amélioration de l'offre légale de films (et de musique) est précisément la contrepartie du volet répressif du projet de loi Hadopi contre le piratage sur internet, examiné à partir de mercredi au Sénat.

Parmi la vingtaine de signataires de ce texte figurent des organisations professionnelles d'exploitants (FNCF), distributeurs (FNDF, DIRE, SDI), réalisateurs (SRF) et producteurs (API, APC, UPF) de cinéma, les chaînes de TV France Télévisions, TF1, Arte, Canal+ et M6 ainsi que le syndicat des éditeurs de VoD et les groupes Orange et SFR. Toutefois, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), la Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs (ARP) et la Fédération Française des Télécoms ont stigmatisé le manque d'ambition d'un texte qu'ils n'ont pas signé. Le SEVN qui représente les éditeurs DVD, s'est abstenu lui aussi malgré les "réelles avancées" de l'accord, jugeant trop restrictives les règles instaurées sur la publicité pour les sorties de films en DVD.

D'après agence

le 07 juillet 2009 à 09:35
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Culture
  

12 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Damien, le 28/07/2009 à 18h05

    Ce qui est selon moi le plus aberrant, c'est que nos télévisions nous repassent toujours les mêmes vieux films d'il y a 15 ou 30 ans. Je suis d'accord pour réduire le temps entre les sorties cinéma et les sorties DVD, mais qu'en est t-il des délais entre Sorties DVD et sorties Télévision publique ????

  • Nono, le 14/07/2009 à 11h02

    Seul probleme c'est que le tarif des dvd est trop elevé arrivera ton a voir la differences des salaires en france

  • Max, le 09/07/2009 à 18h32

    3 il reste dommage que l acces a la culture reste aussi cher

  • Max, le 09/07/2009 à 18h29

    2 je trouve que c'est une bonne mesure

  • Max, le 09/07/2009 à 17h53

    Les films arrivent sur internet avant leur sortie en DVD en France

  • Max, le 09/07/2009 à 17h50

    Les films arrivent sur internet avant leur sortie en DVD en France

  • Max, le 09/07/2009 à 17h46

    Les films arrivent sur internet avant leur sortie en DVD en France, donc cela ne changera rien de ce point de vue.

  • Thierry, le 07/07/2009 à 23h48

    La faille de ce truc, c'est que les pirates vont avoir le droit à un support de qualité pour en faire des bons divx deux mois plus tot

  • Noob, le 07/07/2009 à 17h06

    Tout a fait d'accord avec Delayed !

  • Delayed, le 07/07/2009 à 11h10

    Pas envie de remuer le couteau dans la plaie, mais ce genre de négociation parait assez obsolète, surtout lorsque l'on voit que le support DvD est évoqué. A l'heure de la dématérialisation, de l'écologie, et de la communication, on nous impose un support qui est est anti-évolutif... De plus, "Hadopi" est placée sur la table des négociations, alors que cette loi va juste permettre à des entreprises de "Cadenasser" le marché de la culture... Et d'ailleurs, les délais d'import des films provenant de l'étranger? On en parle pas de ça? Ah oui, c'est vrai que c'est long de traduire un film, enfin, quand on voit les doublages et leurs incohérences, parfois, on se demande si on ne cherche seulement pas à entretenir, voire à nous imposer, une culture de "L'inculte".... Prenons un exemple concret : Un film sort aux USA, des accords de diffusions sont signés ou pas par des maisons de production, il sera donc traduit ou pas, et importé ou pas, mais pour ceux ou celles qui veulent le voir en VO, directement via le net en VOD, ou à la télé lors de la diffusion, il faut payé, ou cela n'est pas possible à cause d'accord qui sont ou pas signé! Le monde à l'envers...! Dans une ère, ou tout les gens voyages, où plusieurs langue sont enseignées à l'école, on impose des restrictions seulement pour maintenir une "Industrie", en sacrifiant l'évolution que pourrait apporter un nouveau système d'échange de la culture. Avez vous penser au nombre d'emplois que cela pourrait apporter? A quand les vrais débats et actions qui en résulteraient?

Lire tous les commentaires

      logAudience