"Séraphine", le film aux 7 César assigné pour plagiat

le 19 septembre 2009 à 14h38 , mis à jour le 19 septembre 2009 à 14h41

Un historien accuse producteur et scénariste de "Séraphine", incarnée à l'écran par Yolande Moreau, d'avoir plagié un de ses ouvrages.

Yolande Moreau recevant le César de la meilleure actrice, lors de la cérémonie retransmise sur Canal+ (27 février 2009)Yolande Moreau recevant le César de la meilleure actrice, lors de la cérémonie retransmise sur Canal+ (27 février 2009) © DR

"Séraphine", incarnée à l'écran par Yolande Moreau, a beau avoir fait l'unanimité des spectateurs, avec 800.000 entrées, Alain Vircondelet, lui, boude ce succès qu'il juge immérité. Docteur en histoire de l'art, cet universitaire est un spécialiste reconnu de Séraphine Louis, née en 1864 dans l'Oise et morte en 1942 dans un hôpital psychiatrique. Et il accuse les auteurs de "Séraphine" d'avoir plagié un de ses ouvrages. Il a assigné en contrefaçon le film, qui a raflé sept prix à la dernière cérémonie des César, dont ceux du meilleur film, de la meilleure actrice et du meilleur scénario.

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Alain Vircondelet a soutenu en 1984 une thèse de doctorat sur cette domestique un peu illuminée devenue peintre autodidacte, et découverte par le critique et marchand d'art allemand Wilhelm Uhde. Deux ans plus tard, il a publié aux Editions Albin Michel une biographie intitulée Séraphine de Senlis, un ouvrage qui selon son avocat "révélait pour la première fois la vie publique et secrète de Séraphine de Senlis". Selon l'avocat, qui a déposé récemment une assignation devant le TGI de Paris, de nombreux passages du long-métrage "sont la reproduction servile" de passages publiés en 1986.

"Nous contestons expressément l'existence d'une contrefaçon", réagit l'avocat du producteur TS Productions et du scénariste Martin Provost, Me Yves Henri Nédélec, arguant que les passages litigieux trouvent leur origine "dans des ouvrages antérieurs". Regrettant d'avoir été "totalement évincés du succès de ce film, alors même que le scénario reproduit à de nombreuses reprises des parties de l'ouvrage dont ils détiennent les droits", l'écrivain et les éditions Albin Michel réclament 600.000 euros de dommages et intérêts. L'affaire pourrait être tranchée d'ici un à deux ans.

le 19 septembre 2009 à 14:38
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12 Commentaires

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  • Daniel C., le 21/09/2009 à 04h19

    En réponse à Valérie qui répond à Plume 63. Dommage votre pseudo n'a vraiment rien d'original ... mais plus sérieusement, je soutien que la vie de Séraphine n'appartient à personne et donc aucune maison d'édition ne peut en revendiquer sa propriété ... il s'agit là d'un personnage public, comme peut l'être Napoléon, Picasso etc. Reste à prouver que des séquences du film ont été tirés de l'ouvrage en question ... mais ces séquences sont-elles fictionnées ou bien réelles ? Toute la question est là ... Mais il est vrai que j'y vois là un acte délibérément pécunier ... si le film n'avait pas marché je ne pense pas qu'il y aurait eu un procès ... cela me rappelle un peu "Les Choristes" ou alors "être et avoir" ...

  • Chris, le 20/09/2009 à 14h27

    Une reaction a l'americaine... quoique tu fasses, on poursuit tout le monde. Un tres, tres beau film, bien tourne et.... unique!

  • Yves, le 20/09/2009 à 05h45

    Si nous copions des films, HADOPI 2 nous tape la main, mais les producteur eux ne se gene pas de copier les auteurs... Décidément, qui vole qui?

  • Chris, le 20/09/2009 à 01h47

    Le livre de ce monsieur a pas du ce vendre , alors que le film a fait un carton et qu'il ce vend bien en dvd , alors monsieur cri au plagiat.

  • Valérie, le 20/09/2009 à 00h11

    Plume 63, comment peut on avoir un si joli pseudo et faire un tel commentaire, c'est décevant.... E crire un livre, est un gros travail de recherche et de rédaction. Les responsables du film, s'il se sont inspirés de ce livre très fortement, comme ça l'est suggéré, aurait dû demander une autorisation à l'auteur pour mettre en scène le livre. Il y a des lois qui protègent les propriétés intellectuelles. Si la maison d'édition suit l'auteur, c'est qu'il y a eu un problème, sinon elle ne courerait pas ce risque. Bien sûr c'est de la vie de l'artiste qu'il s'agit, mais s'il n'y avait pas eu tout ce travail de recherche et d'écriture, personne n'en aurait rien su, et le film n'aurait certainement pas pu se faire.

  • Albert, le 19/09/2009 à 21h20

    Merci à Jean-marie pour son commentaire qui fait véritablement avancer le débat !

  • Jean Marie, le 19/09/2009 à 18h47

    Albert. Ca serait trop long de t'expliquer et tu ne comprendrais pas.

  • Plume63, le 19/09/2009 à 18h05

    N'importe quoi! La vie de cette grande artiste n'appartient à personne. Il fallait cependant oser faire un film sur une femme quasi-inconnue du grand public. Bravo et merci pour ce film magnifiquement sobre et réaliste. Moi qui suis peintre, je n'avais jamais vu une mise en scène aussi crédible sur un sujet aussi délicat. La solitude de cette femme a été décrite avec une perfection de Maître.

  • Albert, le 19/09/2009 à 17h57

    Comment peut-on détenir les droits de certains passages qui se veulent biographiques ? Si c'est le cas, je m'en vais vite écrire un livre sur Michael Jackson...

  • Aurore, le 19/09/2009 à 17h16

    1°) Le premier ouvrage publié sur Séraphine est de Jean-Pierre Foucher et date de 1968. Vircondelet n'a donc rien "révélé". 2°) Séraphine de Senlis a réellement existé, donc chacun peut tirer une histoire, un roman, ou un film de sa vie sans qu'il y ait plagiat puisqu'elle a EXISTEE. 3°) Il met 1 an à réagir Vircondelet ou "Comment se faire de la tune facile".

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