"La merditude des choses", de Felix van Groeningen © Menuet & IDTV FilmUn gilet rouge d'ado, la mèche blonde, la gueule bon enfant, le sourire franc et réservé à la fois. Felix van Groeningen descend les marches en sautillant au milieu de 600 personnes avant la projection en avant-première de La merditude des choses, son troisième film à seulement 31 ans, tiré d'un livre autobiographique à succès. Une petite phrase pour nous dire combien il espère qu'on aimera son dernier né. La merditude des choses fut l'une des belles surprises de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes 2009 et a fait 400.000 entrées en Belgique. Autant dire un vrai carton là-bas, un peu leur Ch'tis.
Et une autre petite phrase qui présage déjà de l'ambivalence et du ton de son film : un drame social sur fond de notes d'humour. "Notre ministre des Affaires étrangères m'a demandé de vous prévenir que seulement un tout petit pourcentage de la population belge est comme ça." On l'espère !
Le pitch : Gunther Strobbe, gamin boutonneux de 13 ansà la coupe ringarde, nage dans un environnement de marginaux losers. Son père, tout comme ses trois oncles, incapables de s'assumer, vivent chez leur mère. Alcoolos, joueurs, glandeurs... Bref tous des vauriens, le cheveu gras et la moustache pendante, que la mère poule n'ose pousser dehors. Pas un plan du film sans bière ou whisky et des clopes débordant des cendriers. Pourtant Gunther, partagé entre la fierté de son nom, l'amour bancal de cette famille et sa survie, s'en sort tant bien que mal.
Un régal de bêtise humaine
On oscille sans cesse entre l'éclat de rire et le dégoût. Un coup, on grimace devant la scène crue d'un père qui ne prend pas la peine de sauter ses nanas d'un soir ailleurs que dans la chambre partagée avec son fils, ou qui se réveille dans son vomi.
L'autre, on s'esclaffe devant le concours de vélo à poil ou l'oncle en slip dans le jardin pour y flinguer l'oiseau du voisin qui a eu le tort de tâcher les draps de sa mère séchant au vent. Un régal de bêtise humaine.
Une belle brochette d'acteurs mal fagotée et mal peignée, qu'on découvre beaux gosses dans la vraie vie (oh surprise !), des notes de pianos volontairement en décalage avec le sujet (bien vu, ça rend la cruauté de certaines scènes plus criante encore mais plus digeste), de belles prises de vue... Felix van Groeningen réussit la belle performance de faire le portrait d'un univers trash, graveleux, sauvage avec poésie, sensibilité et drôlerie. En clair, on a aimé et on vous le recommande, mais ayez l'estomac bien accroché !
> La merditude des choses
de Felix van Groeningen
avec Johan Heldenbergh, Koen de Graeve,
Valentijn Dhaenens et Wouter Hendrickx
Sortie en France le 30 décembre
107 minutes
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