Poetry de Lee Chang-dong - Cannes 2010 © Diaphana DistributionRevenons un instant sur la montée des marches de mardi soir, celle à laquelle nous avons assisté avec émotion, celle de Lambert Wilson. Le comédien absent pour le tapis rouge réservé à La princesse de Montpensier a finalement pu assurer la montée du film de Xavier Beauvois, Des hommes et des dieux et frôler avec une profonde sérénité, discrètement, le tapis rouge. Une salve d'applaudissements a salué sa prestation et celle de ses compagnons, espérons que cet accueil chaleureux et unanime lui permettra de retrouver le sourire.
C'est quoi ce film ?
Mais le quotidien, décidément calme pour ne pas dire morne, nous pousse à nous concentrer sur les films, même si la compétition officielle ne répond pas aux espérances des journalistes et festivaliers et soulève certaines interrogations. Mardi soir, Mon bonheur du cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa, film incompréhensible et obscur, nous a ainsi laissé perplexes et médusés. Lorsque les lumières de la salle se sont rallumées, chacun s'interrogeait, tentait de saisir, désemparé, dans le regard de son voisin un éclair de lucidité, mais visiblement personne n'a pu (su ?) deviner ce que recherchait le cinéaste, dont la prose reste particulièrement personnelle et torturée.
La belle surprise Poetry
Heureusement la journée de mercredi s'est ouverte sur une vibrante surprise. Après l'avoir croisé la veille au soir au restaurant entouré d'une délégation de Coréens, preuve que l'établissement de sushis que nous avions choisi était prisé, nous avons découvert le lendemain matin le nouveau film de Lee Chang-dong, Poetry, le premier à remuer avec autant de force les spectateurs, à générer une réelle unanimité. L'histoire d'une vieille femme curieuse et excentrique s'intéressant soudainement à la poésie, cherchant à se rapprocher de la beauté qui l'entoure. En dépit de quelques longueurs, un film vibrant et élégant, qui pourrait s'ouvrir sur un prix d'interprétation pour l'actrice Yun Junghee, sublimement touchante.
Mais l'évènement de ce mercredi, c'est évidemment le film/la série d'Olivier Assayas, Carlos, une projection très attendue, à laquelle je n'ai malheureusement pas pu assister en raison de sa durée, plus de 5 heures, impossible de me libérer. Les échos sont positifs, les spectateurs semblent visiblement happés par le cheminement de cette figure phare du terrorisme international, tournant le dos à ses engagements politiques, au parti d'extrême gauche auquel il était affilié, pour devenir un mercenaire opportuniste à la solde des services secrets les plus offrants. L'histoire d'un manipulateur manipulé. Une série portée par l'acteur Edgar Ramirez, engagé, habité par son rôle.
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