"Hors la loi" présenté à Cannes, Bouchareb calme le jeu

Par TF1 News (D'après agence), le 21 mai 2010 à 13h58 , mis à jour le 21 mai 2010 à 19h12

Dossier : Festival de Cannes 2012

Alors que le film de Rachid Bouchareb a été applaudi lors de sa présentation à la presse, une manifestation a réuni un peu plus d'un millier de personnes devant le monument aux morts de Cannes. Le cinéaste s'est de nouveau expliqué.

Rachid Bouchareb et Jamel Debbouze lors du "photocall" du film "Hors-la-loi"Rachid Bouchareb et Jamel Debbouze lors du "photocall" du film "Hors-la-loi" © www.abacapress.com

 
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Rachid Bouchareb, dont le précédent long métrage Indigènes avait valu à ses acteurs un Prix d'interprétation collectif à Cannes en 2006, s'est dit "attristé, peiné" de la polémique que Hors la loi a suscitée dès avant sa projection sur la Croisette vendredi. Ce film, qui évoque notamment les émeutes du 8 mai 1945 à Sétif, est vivement critiqué par certains milieux rapatriés. Le député UMP Lionnel Luca, avant d'avoir vu le film, a dénoncé une vision "antifrançaise" et "hémiplégique". L'élu relève que l'oeuvre a été financée "à plus de 50%" par l'Etat français. Un millier de personnes, dont des députés, ont manifesté vendredi matin à Cannes pour protester contre la projection du film.

Parmi les manifestants réunis devant le monument aux morts de l'Hôtel de ville figuraient plusieurs élus UMP, dont le député-maire de Cannes, Bernard Brochand, et environ 70 anciens combattants portant des drapeaux français ainsi que des représentants d'associations de harkis ou de pieds-noirs. Le Front national était présent avec une discrète banderole. La "cérémonie du souvenir organisée en hommage aux victimes françaises de la guerre d'Algérie a été voulue par la municipalité de Cannes afin de marquer (...) son attachement à la mémoire de nos compatriotes civils et militaires et des hommes des forces supplétives tombés au cours des événements de Sétif", selon un communiqué de la mairie lu aux participants. Après un salut aux couleurs, les manifestants ont chanté la Marseillaise et le Chant des Africains. Ils ont ensuite défilé dans les rues du centre-ville, en évitant le Palais des festivals, encadré par un important dispositif policier. Ils scandaient des slogans tels que : "FLN assassin".

"Ouvrir un débat"

"Ce film est plutôt destiné à ouvrir un débat dans la sérénité", a expliqué pour sa part Rachid Bouchareb lors d'une conférence de presse, remerciant le délégué général du festival, Thierry Frémaux, d'avoir accueilli le film malgré les pressions que, selon le cinéaste, ce dernier a subies. "Que ça suscite une telle violence autour du film, j'estime que c'est exagéré, que sans avoir vu le film, on dise tellement de choses autour du film... J'ai été un peu attristé, un peu peiné. Mon film n'est pas là pour provoquer des affrontements mais bien au contraire pour ouvrir un débat et qu'enfin tout le monde puisse s'exprimer autour du film et que demain une page se tourne".

Se défendant d'avoir voulu faire un film "antifrançais", une épithète qui avait également stigmatisé Indigènes, Rachid Bouchareb a rappelé que Hors la loi était "coproduit par deux ministères, sur la même idée, sur le même projet". Le film est, en effet, une coproduction entre cinq pays, France, Algérie, Belgique, Tunisie et Italie, et le nombre d'organismes publics étant intervenus est assez impressionnant, du CNC au ministère algérien de la Culture en passant par l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, entre autres.

Hors la loi n'a pas vocation à être une analyse historique, c'est une oeuvre de fiction, a insisté le cinéaste. Avant d'ajouter : "Je ne discuterai pas avec les gens qui veulent faire du film un champ de bataille et l'utiliser pour des raisons personnelles". Dans ce climat tendu, Jamel Debbouze est venu apporter sa touche d'humour personnelle. Fidèle à l'humour facétieux qui l'a fait connaître, le comédien a jugé que "ce genre de films qui exorcisent notre histoire commune, devrait être remboursé par la Sécurité sociale !" Tout en commentant : "C'est compliqué de travailler avec Rachid Bouchareb, pour plein de raisons. Je veux pas parler à la place des producteurs, mais déjà c'est vrai que trouver un financement... Quand ils vous voient arriver, ils ont l'impression de voir arriver Al Qaida Cinéma ! Ils sont méfiants".

Jamel Debbouze a, par ailleurs, égaillé le photo-call de Hors-La-Loi, vendredi après-midi, de ses facéties. Regardez-le dans notre diaporama, en cliquant ici.

Retrouvez les acteurs, en interview, ci-dessous.

Par TF1 News (D'après agence) le 21 mai 2010 à 13:58
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15 Commentaires

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  • robert51, le 22/05/2010 à 08h43

    Ahhh !!!! pascalcaen aux pays des merveilles .....

  • bruder, le 22/05/2010 à 00h53

    Pour comprendre la guerre d'Algérie,commence par lire le decret Cremieux (nom du deputé)deposé à l'assemblée Nationale Française en 1870 accepté et mis en pratique,et là tu verra une de causes qui n'a rienà voire avec Setif ou la colonisation

  • globecab, le 21/05/2010 à 22h43

    Mais qui va voir les films de Cannes qui sont projetés au cinéma après ? dîtes moi... les films de cannes sont pas ceux de Hollywood ( Oscar) et ne font surtout jamais rêvé .... non ?

  • kilian0611, le 21/05/2010 à 21h58

    Bien d'accord avec vous mais encore faut il que si ont veut que nous connaissions ce qu'il s'est passé a cette époque qu'on y montre les deux coté car le parti pris a pour cause d'orienter les gens dans un sens et dans notre contexte actuel et je pense qu'avec les problemes dans nos cités le risques d'attiser est grand du faite de ne pas montrer les deux cotes

  • fatiiiiima, le 21/05/2010 à 20h57

    Tu te fais un delire tout seul, là !!!

  • baal_, le 21/05/2010 à 20h36

    Entre ceux qui, d'un côté, trouvent artistique le fait de dénigrer leur pays (pour mémoire l'affaire de la photo du gars qui s'essuie les fesses avec son drapeau qui avait reçu une récompense), et ceux qui critiquent un film sans l'avoir vu, difficile de se faire une idée. Il suffirait de voir le film, mais ce serait récompenser le côté provoc' de l'affaire. La prochaine fois ce sera quoi ? Y a encore une dernière position : on s'en fout. Le jour où il passera à la TV et où il n'y aura rien de mieux, on se fera une opinion par nous même.

  • blitz39, le 21/05/2010 à 20h30

    C'est quoi ce bras levé poing fermé ? la revanche ? la revanche de quoi !

  • hifrane, le 21/05/2010 à 20h01

    Bien les rigolos qui se permettent de juger un film sans meme l'avoir vu :-))

  • framboise9250, le 21/05/2010 à 18h54

    Eh bien c'est une occasion pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire de la guerre d' Algérie de s'y interesser.

  • nicapae, le 21/05/2010 à 18h29

    Regardons la verité en face au lieu de se braquer , peu de franccais savent ce qui s est réellement passé en algerie , personne n en parle c est tabou alors un film meme partial c est deja un debut . et je pense pas que ces acteurs soient anti france bien au contraire

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