Rachid Bouchareb et Jamel Debbouze lors du "photocall" du film "Hors-la-loi" © www.abacapress.com
- Hors-La-Loi, une polémique "exagérée" - 02 min 24 s
Cube Info du 21 mai : "Tu nous fous dans la merde Rachid"
Enfin un frémissement sur la croisette à cannes avec la présentation vendredi du film "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb sur la guerre d'Algérie. Acteurs angoissés, manifestants énervés mais spectateurs placides...
Publié le 21/05/2010
Jamel Debbouze et Melissa Theuriau sur le tapis rouge de Hors-La-Loi
<b>Cannes 2010 - </b> Les acteurs de Hors-La-Loi ont foulé le tapis rouge de Cannes, dans la joie et la bonne humeur, vendredi, Jamel Debbouze et son épouse Melissa Theuriau en tête.
Publié le 21/05/2010
Rachid Bouchareb, dont le précédent long métrage Indigènes avait valu à ses acteurs un Prix d'interprétation collectif à Cannes en 2006, s'est dit "attristé, peiné" de la polémique que Hors la loi a suscitée dès avant sa projection sur la Croisette vendredi. Ce film, qui évoque notamment les émeutes du 8 mai 1945 à Sétif, est vivement critiqué par certains milieux rapatriés. Le député UMP Lionnel Luca, avant d'avoir vu le film, a dénoncé une vision "antifrançaise" et "hémiplégique". L'élu relève que l'oeuvre a été financée "à plus de 50%" par l'Etat français. Un millier de personnes, dont des députés, ont manifesté vendredi matin à Cannes pour protester contre la projection du film.
Parmi les manifestants réunis devant le monument aux morts de l'Hôtel de ville figuraient plusieurs élus UMP, dont le député-maire de Cannes, Bernard Brochand, et environ 70 anciens combattants portant des drapeaux français ainsi que des représentants d'associations de harkis ou de pieds-noirs. Le Front national était présent avec une discrète banderole. La "cérémonie du souvenir organisée en hommage aux victimes françaises de la guerre d'Algérie a été voulue par la municipalité de Cannes afin de marquer (...) son attachement à la mémoire de nos compatriotes civils et militaires et des hommes des forces supplétives tombés au cours des événements de Sétif", selon un communiqué de la mairie lu aux participants. Après un salut aux couleurs, les manifestants ont chanté la Marseillaise et le Chant des Africains. Ils ont ensuite défilé dans les rues du centre-ville, en évitant le Palais des festivals, encadré par un important dispositif policier. Ils scandaient des slogans tels que : "FLN assassin".
"Ouvrir un débat"
"Ce film est plutôt destiné à ouvrir un débat dans la sérénité", a expliqué pour sa part Rachid Bouchareb lors d'une conférence de presse, remerciant le délégué général du festival, Thierry Frémaux, d'avoir accueilli le film malgré les pressions que, selon le cinéaste, ce dernier a subies. "Que ça suscite une telle violence autour du film, j'estime que c'est exagéré, que sans avoir vu le film, on dise tellement de choses autour du film... J'ai été un peu attristé, un peu peiné. Mon film n'est pas là pour provoquer des affrontements mais bien au contraire pour ouvrir un débat et qu'enfin tout le monde puisse s'exprimer autour du film et que demain une page se tourne".
Se défendant d'avoir voulu faire un film "antifrançais", une épithète qui avait également stigmatisé Indigènes, Rachid Bouchareb a rappelé que Hors la loi était "coproduit par deux ministères, sur la même idée, sur le même projet". Le film est, en effet, une coproduction entre cinq pays, France, Algérie, Belgique, Tunisie et Italie, et le nombre d'organismes publics étant intervenus est assez impressionnant, du CNC au ministère algérien de la Culture en passant par l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, entre autres.
Hors la loi n'a pas vocation à être une analyse historique, c'est une oeuvre de fiction, a insisté le cinéaste. Avant d'ajouter : "Je ne discuterai pas avec les gens qui veulent faire du film un champ de bataille et l'utiliser pour des raisons personnelles". Dans ce climat tendu, Jamel Debbouze est venu apporter sa touche d'humour personnelle. Fidèle à l'humour facétieux qui l'a fait connaître, le comédien a jugé que "ce genre de films qui exorcisent notre histoire commune, devrait être remboursé par la Sécurité sociale !" Tout en commentant : "C'est compliqué de travailler avec Rachid Bouchareb, pour plein de raisons. Je veux pas parler à la place des producteurs, mais déjà c'est vrai que trouver un financement... Quand ils vous voient arriver, ils ont l'impression de voir arriver Al Qaida Cinéma ! Ils sont méfiants".
Jamel Debbouze a, par ailleurs, égaillé le photo-call de Hors-La-Loi, vendredi après-midi, de ses facéties. Regardez-le dans notre diaporama, en cliquant ici.
Retrouvez les acteurs, en interview, ci-dessous.
Retour MYTF1
Jamel Debbouze et Melissa Theuriau sur le tapis rouge de Hors-La-Loi

Chargement en cours...




