"Un Homme qui crie" : photo du film du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun © Pyramide DistributionLe jury du 63e Festival de Cannes a distingué dimanche soir des filmographies qui ont du mal, ne serait-ce qu'à survivre, dans des pays dont, de surcroît, la situation politique est extrêmement troublée. C'est ainsi que le cinéaste thaïlandais Apitchatpong Weerasetakhul s'est vu décerner la Palme d'or par le jury présidé par le cinéaste américain Tim Burton, pour son film contemplatif, à consonance mystique, Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures.
Cannes : la Palme d'or au Thaïlandais Apichatpong Weerasethaku
La Palme d'or du 63e Festival de Cannes a été attribuée au Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul pour "Oncle Boonmee", dimanche soir. Le Grand prix a été décerné au Français Xavier Beauvois pour "Des hommes et des dieux". Le point sur le reste du palmarès.
Publié le 23/05/2010
Apitchatpong Weerasethakul avait déjà obtenu le Prix du Jury en 2004 pour Tropical Malady. Il a exprimé l'espoir que cette Palme apporte un peu d'espoir à son pays meurtri par des affrontements entre le pouvoir en place et les "chemises rouges".
Dénonciation d'un monde qui devient "monoculturel"
"Je pense que le fait de recevoir cette récompense signifie beaucoup pour moi en tant que cinéaste, mais en même temps la Thaïlande a besoin d'espoir, d'autres formes d'espoir, car la situation est très grave", a-t-il déclaré durant la conférence de presse suivant la remise des prix. Il a rappelé qu'il avait failli rater son rendez-vous cannois à cause de la situation politique locale qui aurait pu empêcher son départ. Il voit dans cette Palme d'or une reconnaissance envers un certain cinéma d'auteur et il a fustigé un monde qui devient peu à peu "monoculturel". "J'essaye de faire un type de cinéma différent, qui lance un défi au public pour que le cinéma aille plus loin, car c'est après tout un art récent", a dit le cinéaste. "Et j'espère que ce sera une inspiration, notamment pour les jeunes, parce que partout dans le monde nous devenons soumis à une monoculture, une culture unique", a-t-il ajouté, jugeant que le cinéma était l'un des moyens de mieux comprendre les différences culturelles.
Le Prix du Jury échoit au réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun pour son long métrage L'homme qui crie, qui est l'histoire d'une trahison, celle d'un père envers son fils, enrôlé de force dans l'armée d'un pays en pleine décomposition, puis d'une rédemption. Mahamat-Saleh Haroun a salué la "diversité" d'un palmarès qui a couronné des films "exigeants" et félicité le président du jury Tim Burton pour sa cinéphilie. "Je la prends (cette distinction) comme une invitation à faire partie de cette famille du cinéma", a déclaré le cinéaste, allusion implicite à une forme de reconnaissance d'une cinématographie d'Afrique noire qui en a le plus grand besoin.
Enfin, la Corée du Sud, qui avait deux films en compétition, quitte Cannes avec le Prix du Scénario décerné à Poetry, du cinéaste Lee Chang-dong.
Retour MYTF1


Chargement en cours...




