Où est la polémique Hors-la-loi ?

Par Sophie WITTMER, le 21 mai 2010 à 18h46 , mis à jour le 21 mai 2010 à 19h13

Dossier : Festival de Cannes 2012

Le choix de Sophie - Injustifiée la polémique autour du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb qui se révèle au final plus humaniste que politique.

Hors la loi de Rachid BoucharebHors la loi de Rachid Bouchareb © StudioCanal

Cette journée de vendredi aura certainement été la plus animée d'un festival de Cannes globalement calme voire morne. Mais la polémique qui entoure le film Hors-la-loi, est venue bousculer cette tranquillité. Dès le début de matinée, au moment de la première projection du film, la ville s'est embrasée, la présence policière s'est accrue et les contrôles se sont multipliés, il m'a même fallu laisser ma précieuse bouteille d'eau à l'entrée du Théâtre Lumière. On entend des manifestants dans les rues cannoises accusant Rachid Bouchareb, le réalisateur, de détourner l'Histoire. Il m'est difficile de réagir directement à cette controverse, ne maitrisant pas suffisamment cette problématique historique, mais si certains historiens remettent en cause la position du cinéaste, il faut rappeler que d'autres historiens renommés, ainsi que certaines associations dont la Ligue des Droits de l'Homme, soutiennent le film.

Polémique injustifiée   

Une polémique dont la violence se révèle, selon moi, injustifiée, le film de Rachid Bouchareb se focalisant plus sur le cheminement de ses personnages et leur histoire personnelle. Sans justement se laisser emporter par son implication directe, le cinéaste livre un film vibrant, loin des clichés manichéens ou mélodramatiques vers lesquels le sujet pouvait tendre. Plus qu'un film politique, Hors-la-loi s'impose en ce sens comme un film humaniste, plus puissant dans sa forme qu'Indigènes, reposant sur une mise en scène maitrisée, aux allures de western, porté par l'interprétation engagée de ses comédiens.
 
Festival de CannesQuatre ans après d'Indigènes, les quatre comédiens, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan, dont les prestations furent saluées à l'époque par un prix d'interprétation commune, reviennent pour une montée des marches qui devrait allumer le tapis rouge, aussi houleuse qu'émouvante puisqu'en réponse à toute cette véhémence le Festival a choisi de dédier cette journée à toutes les victimes de la guerre d'Algérie, une décision replaçant Hors-la-loi dans un débat plus humain que politique et c'est avant tout ce qui ressort du film.

Par Sophie WITTMER le 21 mai 2010 à 18:46
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1 Commentaires

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  • lcosium, le 22/05/2010 à 15h29

    Il n y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voire...!!!

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