Claude Chabrol (archives) © TF1/LCIClaude Chabrol, décédé dimanche à l'âge de 80 ans, croquait, à travers une oeuvre prolifique qui s'étale sur près d'un demi-siècle, les travers de la bourgeoisie de province avec la même gourmandise qu'il mettait à en savourer la cuisine. Nul doute alors que l'ensemble de la société française soit touchée par sa mort, en passant par les cinéastes et les politiques de tous bords. Voici un florilège des dernières réactions.
Célébrités et anonymes rendent hommage à Chabrol
Isabelle Huppert, Costa-Gavras, Sandrine Bonnaire, Stéphane Audran ou encore Frédéric Mitterrand se sont recueillis autour du cercueil du cinéaste, vendredi, devant la cinémathèque française, à Paris.
Publié le 17/09/2010
Claude Chabrol : férocité, bonne chère et boulimie de pellicule
Claude Chabrol, décédé dimanche à l'âge de 80 ans, croquait, à travers une oeuvre prolifique, les travers de la bourgeoisie de province avec la même gourmandise qu'il mettait à en savourer la cuisine.
Publié le 12/09/2010
Claude Chabrol est mort
L'annonce de la mort du cinéaste a été faite dimanche par Christophe Girard, adjoint chargé de la culture du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Claude Chabrol avait 80 ans.
Publié le 12/09/2010
Claude Chabrol par Claude Chabrol
Les relations entre les films et la vie : leçon de cinéma à travers cet entretien avec Claude Chabrol.
Publié le 12/09/2010
Merci pour le cinéma !
Le metteur en scène Claude Chabrol, auteur d'une soixantaine de films et grande figure du cinéma français représentant le courant de la "Nouvelle vague", est mort dimanche à l'âge de 80 ans. Retour sur une carrière hors-normes.
Publié le 12/09/2010
Isabelle Hupert : "Chabrol a représenté mes débuts"
Actrice fétiche de Claude Chabrol, Isabelle Huppert revient sur la relation qu'elle entretenait avec lui.
Publié le 12/09/2010
Mort de Chabrol : l'hommage de Jean-Pierre Mocky
Le réalisateur fait part du choc ressenti à l'annonce de la disparition, inattendue, de Claude Chabrol.
Publié le 12/09/2010
L'hommage de Thierry Frémaux à Claude Chabrol
Le délégué général du Festival de Cannes rappelle le "grand coup de pied dans la fourmilière du cinéma des années 50" qu'avait su donner Claude Chabrol.
Publié le 12/09/2010
François Berléand : "Chabrol, un amoureux de la vie"
L'acteur revient sur la personnalité du cinéaste disparu, et décrit le rapport que Claude Chabrol entretenait avec les acteurs.
Publié le 12/09/2010
Chabrol : la réaction de Sarkozy
Nicolas Sarkozy a salué dimanche la mémoire de Claude Chabrol, "grand auteur et grand cinéaste".
Publié le 12/09/2010
- Isabelle Huppert : "Il a représenté mes débuts, en tout cas mes quasi-débuts particulièrement significatifs et un futur qui n'en est désormais plus un, on se serait rencontrés encore beaucoup de fois, je pense". "De film en film j'étais devenue une sorte de double de lui, de sa pensée, de ce qu'il avait envie d'exprimer, il ne me l'a jamais demandé plus clairement qu'en me redemandant à chaque fois de faire des films pour lui". "Il avait en lui un mélange de froideur, souvent de drôlerie, une qualité d'observation". "Il m'a filmée un peu comme si j'étais sa fille, il ne m'a pas filmée comme un objet de désir, ce qui façonne parfois une relation entre un metteur en scène et son actrice". "Ce que je retiens, c'était une forme d'humanisme". "Il avait les apparences de quelqu'un de simple, il en avait les apparences, mais il y avait quelque chose d'opaque, des mystères". "C'était un grand sujet de plaisanteries entre nous, il disait qu'il n'avait pas d'égo".
- Claude Lelouch : "Je fête mes 50 ans de cinéma, et pendant 50 ans Chabrol et moi on a voyagé côte à côte, il y avait toujours un film de Chabrol quand je sortait un film, on a été à la fois amis et concurrents. Pour moi, c'est l'aventure de la Nouvelle Vague. (...) Il représente à la fois une révolution et une tradition. Un fois qu'il a été consacré, il est revenu à un cinéma de tradition et c'est tout à son honneur, il a peut-être fait ses plus beaux films quand il respectait les comédiens et surtout les histoires qu'il racontait (...) ".
- Philippe Bouvard : "Une de ses facettes, et pas la plus négligeable, était d'être le cinéaste le plus gourmand, le plus gourmet et le plus épicurien. Il se vantait d'ailleurs de n'organiser ses tournages en province qu'en fonction des bonnes tables qu'on pouvait y trouver". Le cinéaste avait suggéré au micro de "fesser cul nu en public" tout ministre qui n'a pas tenu ses promesses ou fait des promesses qu'il ne pouvait réaliser. "Et ça, c'était tout à fait Claude Chabrol qui prenait légèrement les choses graves et avec des choses graves pouvait faire des films légers."
- Société des Réalisateurs de Films (communiqué): les co-présidents de la SRF et l'ensemble de son conseil d'administration "saluent l'oeuvre d'un grand réalisateur du cinéma français. Chaque fois qu'un cinéaste disparaît, c'est un regard singulier sur le monde et une expression particulière de notre humanité
qui nous manquent irrémédiablement".
- Nicolas Sarkozy, président de la République : "Il tenait de Balzac pour la finesse de sa peinture sociale. Il tenait de Rabelais pour son humour et sûrement aussi pour sa corpulence, mais il était surout lui-même dans ses films comme dans sa vie. Et je suis certain qu'il manquera beaucoup à chacun".
- Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication: "Claude Chabrol était l'une des personnalités les plus fortes du cinéma français. Il y a maintenant plus de cinquante ans, ses articles des Cahiers du cinéma et son premier film, 'Le beau Serge', l'imposèrent comme l'une des figures de proue de la nouvelle vague et du souffle prodigieux qu'elle fit passer dans le cinéma français (...). Analyste subtil, drôle et féroce de la société et de ses travers, doué d'un regard à la fois malicieux et foudroyant, il était l'anticonformiste par excellence, un maître de l'ironie (...)" (communiqué).
- Jack Lang, ancien ministre de la Culture et de la Communication: "Claude Chabrol était le symbole même de la vie. Il la dévorait avec passion et ses films expriment cette énergie vitale". Son oeuvre est "marquée par la drôlerie, la tendresse parfois incisive. Nul mieux que lui a su sur un mode décapant et parfois féroce mettre en scène l'hypocrisie et la veulerie d'une certaine bourgeoisie (...). Sans avoir jamais cherché à l'être, il était objectivement l'une des plus brillantes et truculentes incarnations du cinéma français". (communiqué)
- Martine Aubry, première secrétaire du PS: "Le cinéma français tout entier et la France perdent l'un de leurs géants. Chabrol faisait partie de mon quotidien comme de celui de beaucoup de Français: on attendait chaque année 'le Chabrol' comme la promesse de poursuivre cette discussion avec le cinéma. A partir d'histoires simples et intimes, avec un regard d'une grande finesse, il savait montrer toute la complexité des relations humaines et sociales" (communiqué).
- François Fillon, Premier ministre : Claude Chabrol était "l'une des grandes figures de la Nouvelle vague, qui révolutionna le style et les techniques du cinéma et inventa l'image du vécu, du vrai, de l'indiscret et du subtil".
- Bertrand Delanoë, maire PS de Paris: "Avec lui disparaît l'inventeur d'un cinéma inspiré, foisonnant et profondément humain (...) A travers Madame Bovary, Landru ou encore La Cérémonie, Claude Chabrol a produit une oeuvre immense, particulièrement originale, qui se dresse aujourd'hui comme un monument du cinéma français" (communiqué).
- Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP: L'UMP "salue la mémoire de cet immense cinéaste qui savait si bien mettre en avant ses acteurs. Sa sensibilité lui permettait de nous offrir en tant qu'acteur un jeu particulièrement touchant et, en tant que réalisateur, une peinture authentique de nos provinces qui aura marqué pour toujours le cinéma français" (communiqué).
- Pierre Laurent, secrétaire national du PCF: "Touche à tout de génie et réalisateur prolifique, il alliait admirablement l'exigence artistique et populaire. Que ce soit avec humour ou gravité, il traquait le vice, la bêtise, le mensonge, particulièrement quand la bourgeoisie qu'il détestait les camouflait derrière une hypocrisie de mauvais aloi" (communiqué).
- Jean-Marie Le Pen, président du FN: "J'éprouve une grande tristesse (...). La vie nous avait séparés mais je gardais, et lui aussi je crois, un souvenir attendri de nos années de jeunesse. Claude avait été membre du Comité de la Corpo de droit que je présidais. Il était déjà fou de cinéma et nous entraînait, au détriment de nos cours de droit, tous les matins au cinéma "Le Paris" pour voir les films qui allaient sortir et dont nous discutions à perte de vue à la sortie" (communiqué).
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