Johnny Depp et Vanessa Paradis ont illuminé mon Festival

Par Sophie WITTMER, le 20 mai 2010 à 21h57 , mis à jour le 21 mai 2010 à 13h29

Dossier : Festival de Cannes 2012

Le choix de Sophie - Au-délà des film, le Festival de Cannes c'est aussi des rencontres, de rayonnantes apparitions, magiques et improbables.

[Expiré] [Expiré] Vanessa Paradis Johnny Depp Festival de Cannes 2010 © AFP

Des rencontres comme celle-là, nous n'en faisons qu'une à chaque festival. Mais celle-ci a une saveur particulière dans un festival morne. Cette rencontre, ou plutôt ce croisement, c'était avec Johnny Depp et Vanessa Paradis, leurs ravissants sourires démentant toutes les rumeurs courant autour d'une future séparation. Lorsque soudainement je les aperçois, lorsque je les croise alors qu'ils traversent le hall pour s'engouffrer dans une limousine, je reste subjuguée, ils sont charmants et ce sera probablement l'image qu'il me restera, au-delà des films, de ce festival, une rencontre furtive, improbable et ensoleillée, une rencontre magique comme nous en réserve justement habituellement la Croisette où soudainement tout peut arriver, où vous pouvez brusquement vous retrouver face au plus irrésistible séducteur de la planète venue défendre l'un de ses films, Ocean's Thirteen à l'époque, George Clooney en personne et restez médusée, clouée face à lui alors qu'il vous décroche poliment, et probablement amusé par votre expression se rapprochant alors de la moue d'un poisson rouge gobant du plancton, un incroyable sourire.

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Naomi sans Sean 

Pour rester dans la mouvance people, la soirée de jeudi s'annonçait comme la plus électrique de cette année avec la présentation du film de Doug Liman, seul film américain concourant pour la sélection officielle. Les badauds vicés sur leurs escabeaux, agglutinés le long des barrières jouxtant le palais depuis l'aurore, attendent impatiemment la venue de Naomi Watts mais pas celle de Sean Penn, retenu à Washington. Si la mise en scène n'est pas renversante, le sujet de Fair Game bouscule et le traitement direct, l'approche réaliste de Doug Liman apporte à son film une véritable puissante. Après l'excellent Green Zone de Paul Greengrass, le cinéaste dénonce avec virulence l'affaire des armes de destruction massive, la politique du gouvernement Bush, l'offensive irakienne reposant sur un mensonge au travers de l'affaire Plane-Wilson. Valérie Plane, agent de la CIA liée à la non-prolifération des armes s'est vue littéralement sacrifiée par l'administration Bush. Elle finira par rompre le silence auquel elle est tenue pour sauver sa famille, sa réputation et son intégrité. Un film d'une intéressante intensité politique, interprété avec une grande justesse par Naomi Watts et Sean Penn s'emparant ici d'un rôle qui lui convient parfaitement et répond à ses propres engagements.

Le Festival retrouvé 

Festival de CannesUne journée, en dehors de quelques anecdotes people croustillantes, très engagée justement, puisque le dernier film de Ken Loach, Route Irish revient également sur la guerre irakienne, différemment, en s'arrêtant sur le meurtre d'un ancien professionnel à la solde d'une entreprise privée louant des mercenaires. Si le film comporte certaines faiblesses, une narration légèrement brouillonne, superficielle dans ses contours, par rapport aux précédents films  du cinéaste britannique ancrée dans une réalité sociale profonde, le scénario reste, dans ce qu'il véhicule idéologiquement, assez percutant.

Une journée au cœur de laquelle nous retrouvons ce qui construit souvent l'identité du Festival de Cannes, des films sombres et dérangeants face à des explosions de paillettes les heurtant brutalement.

Par Sophie WITTMER le 20 mai 2010 à 21:57
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