Affiche française du film "Les chemins de la liberté" © DRPeut-on, en plein hiver et en pleine Seconde Guerre Mondiale, s'échapper d'un goulag situé près du cercle polaire, partir en marchant de la Sibérie, traverser toute la Russie du Nord au Sud, s'engager en Mongolie dans la fournaise du désert de Gobi, puis enfin franchir des sommets de l'Himalaya à plus de 5.000 mètres d'altitude pour arriver en Inde après environ un an de voyage ? L'histoire, censée être son histoire, est racontée par Slavomir Rawicz dans A marche forcée, un classique des années 50. Après vérifications, elle serait plus ou moins vraie -plutôt moins que plus d'ailleurs. Peu importe.
Il a refait le périple des "Chemins de la liberté"
<b> Interview </b> - Entre mai 2006 et avril 2007, Cyril Delafosse-Guiramand a refait, à pied, le trajet entre le Nord de la Sibérie et l'Asie, itinéraire supposé de plusieurs évadés du goulag. Leur histoire, racontée dans "A marche forcée", est aujourd'hui portée au cinéma par Peter Weir dans "Les chemins de la liberté", en salles ce mercredi.
Publié le 26/01/2011
Elle fournit en effet un excellent prétexte pour un scénario et un film hollwyodien mi-historique, mi-aventure. C'est Peter Weir qui s'y est collé, avec les moyens accordés à un réalisateur de sa trempe. On retrouve ainsi au casting de ses Chemins de la liberté des stars comme Colin Farrell ou Ed Harris (déjà vu avec Peter Weir dans le Truman show notamment). Et il a fallu des prestations techniques conséquentes pour affronter un tournage rude et coûteux, dans les montagnes bulgares (pour représenter la Sibérie), le Sahara (pour figurer le désert de Gobi) ou l'Inde.
Rapports humains
Après une rapide première partie, en forme de reconstitution, pour décrire la vie (ou plutôt la survie) dans un goulag sibérien en 1941 où se côtoient prisonniers politiques et criminels en tous genres, Peter Weir se penche sur l'essentiel de son sujet : la fuite des bagnards, bientôt rejoints par une femme, et leurs conditions de survie. Se délestant de l'aspect historique proprement dit, il se consacre alors essentiellement aux relations humaines entre des personnages à la personnalité et à l'histoire parfois diamétralement opposées. Jim Sturgess joue par exemple le "bon" face au "truand" incarné par Colin Farrell. Dans un souci de détail et de véracité sur la survie en milieu hostile, le réalisateur s'est adjoint les services de l'explorateur Cyril Delafosse-Guiramand, qui a refait il y a quelques années le périple décrit par Slavomir Rawicz. Comme c'est souvent le cas, Peter Weir s'est aussi éloigné, sans grande conséquence, du livre original.
Sur un peu plus de deux heures, le tout donne un récit bien joué, à l'esthétique irréprochable avec de superbes séquences tournées en plein désert ou sur les sommets enneigés. Il lui manque néanmoins le souffle qu'on pourrait attendre de la mise en scène et en images d'une telle épopée.
de Peter Weir
2h14, en salles ce mercredi
A marche forcée
de Slavomir Rawicz
Version française : Editions Phebus, collection "Ailleurs"
304 pages, 21 €
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Il a refait le périple des "Chemins de la liberté"
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