Xavier Beauvois, un cinéaste contre la violence du monde

Par TF1 News (d'après agence), le 26 février 2011 à 08h11 , mis à jour le 26 février 2011 à 08h16

A 43 ans, ce cinéaste autodidacte connaît la consécration avec "Des hommes et des Dieux", successivement couronné à Cannes et triplement récompensé aux César, et qui a connu un succès inespéré dans les salles obscures.

Xavier Beauvois CésarXavier Beauvois s'exprimant lors de la 36è cérémonie des César (25/02/2011) © www.abacapress.com

Xavier Beauvois, couronné vendredi par le César du Meilleur film 2011 pour Des hommes et des Dieux, est un passionné autodidacte, déterminé à dénoncer la violence du monde, à l'instar des moines cisterciens de son film. Né dans un milieu modeste du nord de la France, il affirme avoir attrapé le virus du cinéma après avoir reçu un magnétoscope en cadeau pour ses 16 ans. Barré à l'entrée de l'Idhec, il concrétise sa passion à travers quelques rencontres, Bertrand Tavernier ou des critiques comme Jean Douchet et Serge Daney qui lui forgent "une morale de cinéma" : "Faire des plans, pas des images". "Bonheur royal" confie-t-il, quand il devient assistant de Manoel de Oliveira, puis d'André Téchiné.

  • Beauvois et Polanski se partagent la vedette aux César

    Grand favori des 36è César, "Des Hommes et des Dieux", de Xavier Beauvois, a reçu trois prix dont celui du Meilleur film, partageant le palmarès avec Polanski, pour "The Ghost Writer" et "Gainsbourg, Vie Héroïque".

    Publié le 26/02/2011 Beauvois et Polanski se partagent la vedette aux César
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En 1990, il devient pensionnaire de la Villa Médicis à Rome et passe à la caméra un an plus tard pour son premier long-métrage, Nord, évocation du Pas-de-Calais à travers la désintégration d'une famille. Suivent Aux Petits Bonheurs (1994), avec Anémone et André Dussolier, et surtout N'oublie pas que tu vas mourir (1995), chronique désenchantée et romantique d'un étudiant apprenant sa séropositivité. Le film lui vaut le Prix Jean Vigo et le Prix du jury au Festival de Cannes.

"Ce n'est même pas un métier, c'est une passion"

Viennent ensuite Selon Matthieu (2001) avec Benoît Magimel et Nathalie Baye, filmé dans le village des Causses où il a élu domicile, puis Le petit lieutenant (2005), où il retrouve Nathalie Baye - César de la meilleure actrice pour ce rôle d'une femme commandant de police, noyée de chagrin et d'alcool.

Xavier Beauvois assure souvent que le cinéma lui "a sauvé la vie". "Ce n'est même pas un métier, c'est une passion. Quand je pense à mon enfance, à d'où je viens, à ce que j'aurais pu faire là-bas..." Des Hommes et des Dieux, son troisième film nommé aux César, est emblématique de ses exigences. Il suit la vie rude et austère des moines cisterciens de Tibéhirine, bouleversée par l'irruption de la violence. Faut-il partir, abandonner le village et ses habitants à leur sort, ou rester en résistant à la terreur ? "Ces hommes étaient des aventuriers, des artistes de l'amour, des gens qui vont jusqu'au bout des choses, avec une foi, une rigueur... c'est très rare aujourd'hui, de faire don de soi, de s'intéresser aux autres", expliquait Xavier Beauvois à Cannes en mai dernier.

Plus tard, il a envoyé le film au seul survivant de la communauté, frère Jean-Pierre, 87 ans, dans son monastère de l'Atlas, au Maroc. "Il était le mieux placé pour juger mon film", explique Beauvois cette semaine au Pélerin. Il a fait de même avec les familles des moines. En dépit des honneurs et 3,2 millions de spectateurs en France et d'une distribution internationale du film, "je n'ai été serein qu'après qu'ils l'ont tous vu et apprécié", confie-t-il.

Par TF1 News (d'après agence) le 26 février 2011 à 08:11
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38 Commentaires

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  • fvxjnsxfg, le 28/02/2011 à 22h50

    Je suis tout à fait d'accord avec vous. Merci à ceux qui on fait le film.

  • fvxjnsxfg, le 28/02/2011 à 22h48

    Ce que vous dîtes n'a aucun intérêt, le film est-il beau ou non ? nous donne-t'il envie d'être "meilleur" ou non ? On ne parle pas de politique mais d'oeuvre artistique, que l'on aime ou pas l'auteur, c'est son oeuvre qui compte. A.B

  • humanoide56, le 26/02/2011 à 22h21

    Willh1978, Depuis la nuit des temps, tout art est politique (hormis quelques farelus), il implique le partage (du créateur détenteur de la culture, vers le consommateur instruit ou non)

  • humanoide56, le 26/02/2011 à 21h04

    Peux s'y risquent, là est la question de la culture fast-food suivant le théorème de Probb ou de l'art de voir autrement

  • gillou955, le 26/02/2011 à 18h03

    Il y a des endroits pour les engagements, mais il est vrai qu'il faut penser pour comprendre. L'art est aussi de faire connaitre ses opinions dans ses films (mais là il n'aurait peut être pas de financiers) et nous avons la liberté d'aller ou pas le voir. Vous devriez vous demandez ou a fété son "Oscar" ce réalisteur.

  • pascalcaen, le 26/02/2011 à 17h12

    A.1.2.c.4, : mouais, moins bon.

  • monacfrance, le 26/02/2011 à 17h06

    N'empêche que c'est quand même la fête du cinéma et non pas la fête de l'humanité. Si un cinéaste avait du poids contre la violence ça se saurait ....

  • a.1.2.c.4, le 26/02/2011 à 16h19

    La politesse "pascalcaen" ...! Faut vous acheter un rouleau à savoir-vivre ...! :o)))

  • a.1.2.c.4, le 26/02/2011 à 16h14

    Ça devient une vilaine habitude ... le procès d'intention ...! Où est le commentaire de "katon21" ...? Qui fait ceci ou cela n'a pas d'importance ... et le constat est amer ...! Car, la liberté d'expression est bafouée ...! :o(((

  • desnos75, le 26/02/2011 à 16h14

    Excellent Pascalcaen, très drôle.

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