Xavier Beauvois s'exprimant lors de la 36è cérémonie des César (25/02/2011) © www.abacapress.comXavier Beauvois, couronné vendredi par le César du Meilleur film 2011 pour Des hommes et des Dieux, est un passionné autodidacte, déterminé à dénoncer la violence du monde, à l'instar des moines cisterciens de son film. Né dans un milieu modeste du nord de la France, il affirme avoir attrapé le virus du cinéma après avoir reçu un magnétoscope en cadeau pour ses 16 ans. Barré à l'entrée de l'Idhec, il concrétise sa passion à travers quelques rencontres, Bertrand Tavernier ou des critiques comme Jean Douchet et Serge Daney qui lui forgent "une morale de cinéma" : "Faire des plans, pas des images". "Bonheur royal" confie-t-il, quand il devient assistant de Manoel de Oliveira, puis d'André Téchiné.
Beauvois et Polanski se partagent la vedette aux César
Grand favori des 36è César, "Des Hommes et des Dieux", de Xavier Beauvois, a reçu trois prix dont celui du Meilleur film, partageant le palmarès avec Polanski, pour "The Ghost Writer" et "Gainsbourg, Vie Héroïque".
Publié le 26/02/2011
En 1990, il devient pensionnaire de la Villa Médicis à Rome et passe à la caméra un an plus tard pour son premier long-métrage, Nord, évocation du Pas-de-Calais à travers la désintégration d'une famille. Suivent Aux Petits Bonheurs (1994), avec Anémone et André Dussolier, et surtout N'oublie pas que tu vas mourir (1995), chronique désenchantée et romantique d'un étudiant apprenant sa séropositivité. Le film lui vaut le Prix Jean Vigo et le Prix du jury au Festival de Cannes.
"Ce n'est même pas un métier, c'est une passion"
Viennent ensuite Selon Matthieu (2001) avec Benoît Magimel et Nathalie Baye, filmé dans le village des Causses où il a élu domicile, puis Le petit lieutenant (2005), où il retrouve Nathalie Baye - César de la meilleure actrice pour ce rôle d'une femme commandant de police, noyée de chagrin et d'alcool.
Xavier Beauvois assure souvent que le cinéma lui "a sauvé la vie". "Ce n'est même pas un métier, c'est une passion. Quand je pense à mon enfance, à d'où je viens, à ce que j'aurais pu faire là-bas..." Des Hommes et des Dieux, son troisième film nommé aux César, est emblématique de ses exigences. Il suit la vie rude et austère des moines cisterciens de Tibéhirine, bouleversée par l'irruption de la violence. Faut-il partir, abandonner le village et ses habitants à leur sort, ou rester en résistant à la terreur ? "Ces hommes étaient des aventuriers, des artistes de l'amour, des gens qui vont jusqu'au bout des choses, avec une foi, une rigueur... c'est très rare aujourd'hui, de faire don de soi, de s'intéresser aux autres", expliquait Xavier Beauvois à Cannes en mai dernier.
Plus tard, il a envoyé le film au seul survivant de la communauté, frère Jean-Pierre, 87 ans, dans son monastère de l'Atlas, au Maroc. "Il était le mieux placé pour juger mon film", explique Beauvois cette semaine au Pélerin. Il a fait de même avec les familles des moines. En dépit des honneurs et 3,2 millions de spectateurs en France et d'une distribution internationale du film, "je n'ai été serein qu'après qu'ils l'ont tous vu et apprécié", confie-t-il.
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