Une soucoupe volante survole le concert de Muse au Stade de France le 11 juin 2010 © TF1News/D.H.La colère des artistes contre la revente de billets sur internet a-t-elle été entendue. La revente de billets sportifs ou culturels sans autorisation des exploitants sera passible de sanctions, selon un amendement UMP à une proposition de loi sur le régime d'assurance des sportifs, adopté lundi soir à l'unanimité à l'Assemblée.
Le texte stipule notamment que "le fait de vendre, d'offrir à la vente ou d'exposer en vue de la vente (...) des titres d'accès à une manifestation sportive, culturelle ou commerciale ou à un spectacle vivant, de manière habituelle et sans l'autorisation du producteur, de l'organisateur ou du propriétaire des droits d'exploitation" est puni de 15.000 euros d'amende. Cette peine sera portée à 30.000 euros en cas de récidive, précise le texte de l'amendement des députés UMP Eric Berdoatti, au nom de la commission des Affaires culturelles, et Michèle Tabarot.
S'ils rappellent que l'Assemblée et le Sénat ont adopté des dispositions similaires dans le projet de loi sur la consommation, ces députés jugent "probable que ce projet de loi ne soit pas définitivement adopté avant la fin de la 13e législature". La navette parlementaire sur ce texte n'est pas achevée et l'ordre du jour du Parlement est chargé d'ici la fin des travaux, prévue le 9 mars. La proposition de loi dans laquelle est incluse l'amendement devrait, elle, être définitivement votée dans les temps par le Parlement. Le gouvernement a en effet décidé de son examen en urgence (une seule lecture par chambre).
La colère de Benabar, Zaz, Mahé... et les autres
"L'accès à la culture ne saurait être un luxe !". Une vingtaine d'artistes, dont Zaz, Benabar, Yannick Noah, Christophe Mahé, se sont justement élevés sur les reventes de billets au marché noir sur internet et ont demandé aux pouvoir publics d'agir dans une tribune parue lundi sur le site internet de Liberation. Des places de spectacles "revendues cinq fois leur prix sur internet" : "scandaleux", ont-ils écrits.
La revente de billets au marché noir sur internet est apparue en France il y a environ quatre ans. A l'époque très ciblée, elle s'est généralisée. Certains tentent d'"assécher" le marché pour faire monter les prix, selon Dinh Thien Ngo, le président de Camus Productions. "Ils sont organisés en bande, 50 personnes vont dans des points de vente différents pour rafler un maximum de billets et quand le spectacle affiche complet, ils mettent en vente leurs billets soient avec un système d'enchères, soit en fixant dès le départ à un prix prohibitif: 300 voire même 500 euros", explique le producteur.
Mi-janvier, le TGI de Paris a ainsi interdit au site Starlight-Europe.com de revendre des billets pour le spectacle des Enfoirés. Le site proposait des places allant de 199 à 249 euros, alors que le prix officiel était au maximum de 65 euros. Cet été, c'est le festival des Vieilles Charrues qui a attaqué un site de revente de billets britanniques. Dans les deux cas, la justice s'est appuyée sur une loi de 1919 interdisant la revente d'une place de spectacle subventionné à un prix supérieur à celui décidé par l'organisateur.
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