Nicolas Sarkozy, le 12 septembre 2010. © LCICertains trouveront que l'emplacement, le quartier historique du Marais, en plein cœur de la capitale, est un choix logique. D'autres regretteront qu'à l'heure où l'on évoque la création d'un Grand Paris, on n'ait pas trouvé un site plus "délocalisé". Quoiqu'il en soit, 20 mois après avoir annoncé officiellement sa décision de créer une Maison de l'histoire de France, Nicolas Sarkozy lui a enfin trouvé un logis central: elle s'implantera sur le site parisien des Archives nationales et fonctionnera en réseau avec d'autres musées historiques.
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C'est après avoir visité dimanche la grotte de Lascaux, grand lieu de la préhistoire, que le chef de l'Etat a fait connaître son arbitrage entre les différents sites possibles. "Nous avons décidé de retenir comme siège de cette nouvelle institution le site des Archives nationales, grand quadrilatère regroupant au coeur de Paris les hôtels de Soubise et de Rohan autour de grands jardins", a-t-il déclaré dans un discours prononcé aux Eyzies-de-Tayac (Dordogne).
Réseau de neuf musées
Le chef de l'Etat a précisé que la création de cette Maison de l'histoire de France serait symbolisée par l'ouverture "au printemps prochain" des jardins des Archives nationales, actuellement fermés au public, puis par une "première grande exposition" dès la fin de l'année 2011", dont il a confié la préparation au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand.
La Maison de l'histoire de France "s'incarnera dans un réseau de musées", a-t-il dit. Ils constitueront "le premier cercle d'un réseau appelé à tisser des liens avec les mille musées d'histoire éparpillés sur tout le territoire", a-t-il ajouté. Neuf musées nationaux, représentants diverses périodes historiques, doivent passer sous la bannière de la Maison de l'histoire de France, a-t-on appris de source proche du dossier. Il s'agit du musée de la Préhistoire des Eyzies de Tayac, du musée d'archéologie de Saint-Germain-en-Laye, du musée du Moyen-Age de Cluny, du musée de la Renaissance d'Ecouen, du château de Pau, du château de Fontainebleau, de la Malmaison, du musée de Compiègne et du musée des plans reliefs aux Invalides.
Trois sites envisagés
Pour faire son choix, Nicolas Sarkozy disposait de trois rapports (Hervé Lemoine, Jean-Pierre Rioux, Jean-François Hebert) passant au crible les différents sites possibles (Invalides, châteaux de Versailles, de Fontainebleau ou de Vincennes, Hôtel de la Marine, île Seguin, etc.). Ces derniers mois, le site parisien des Archives, rue des Francs-Bourgeois, s'est peu à peu imposé, à la fois par son caractère central, son accessibilité et le fait qu'une part de ses locaux allait être prochainement libérée.
Le coût de réalisation devrait tourner autour de 80 millions d'euros, selon une source proche du dossier qui souligne que les hôtels particuliers avaient de toute façon besoin d'être restaurés. Le quartier général de la Maison de l'histoire de France devrait être prêt pour 2015.
| Une "occasion manquée" pour Vincennes ? |
Le maire (Nouveau centre) de Vincennes, Laurent Lafon, qui avait défendu l'installation de la Maison de l'histoire de France au château de Vincennes (Val-de-Marne), a regretté dimanche la décision de Nicolas Sarkozy de l'établir sur le site parisien des Archives nationales, déplorant une "vraie occasion manquée de donner une consistance au Grand Paris". "L'installation de ce musée national, avec tout ce qu'il porte de symbole et de force, à Vincennes, aurait été la traduction concrète des discours de l'Etat sur le nécessaire rééquilibrage à l'est de la région capitale", écrit l'édile dans un communiqué. "Ce beau projet aurait pu être la première pierre d'un Grand Paris hors de Paris", poursuit-il. |
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