© Actes SudNotes pour une histoire de guerre de Gipi (Actes-sud BD) a remporté le prix du meilleur album de l'année écoulée décerné jeudi soir par le Festival international de la bande dessinée (FIBD) d'Angoulême. La récompense suprême du palmarès est allée à ce récit où, quelque part en Europe de nos jours, vers les Balkans peut-être, trois très jeunes gens se retrouvent rattrapés par un conflit armé et deviennent, un peu par désoeuvrement, sans le vouloir vraiment au départ, de véritables "chiens de guerre". Gipi (Gian Alfonso Pacinnetti), 42 ans, est né à Pise en Italie. Très connu dans son pays, il n'avait jamais, jusqu'à présent, été traduit en français. Pour une première, il a réussi un doublé puisque Notes pour une histoire de guerre a reçu, début décembre 2005, le prix Goscinny.
Le jury, présidé par Georges Wolinski, Grand prix d'Angoulême 2005 et président des festivités 2006, a également décerné le prix du meilleur dessin au Vol du corbeau de Jean-Pierre Gibrat (Dupuis), le prix du premier album à Aya de Yopougon de Clément Oubrerie et Marguerite Abouet (Gallimard), le prix de la série au 3e tome de Blacksad de Juan Diaz Canales et Juan Guarnido (Dargaud) et le prix du patrimoine, saluant une oeuvre classique, à Locas de Jaime Hernandez (Seuil). Autre "grand vainqueur" de la compétition : Les mauvaises gens d'Etienne Davodeau (Delcourt), récompensé par le prix du scénario et le prix du public, après avoir déjà reçu le prix de la critique des journalistes de l'ACBD et le prix France-info de la BD d'actualité.
Convergence et interaction
"Le temps est révolu où la bande dessinée pouvait exister et se perpétuer en circuit fermé comme une forme d'expression entièrement autonome et imperméable aux disciplines extérieures", estime Jean-Marc Thévenet, le directeur du festival. "Aujourd'hui, la BD évolue en convergence et interaction avec d'autres formes d'expression culturelle", ajoute-t-il. Aussi, comme déjà l'an dernier, le FIBD présidé par Georges Wolinski, va-t-il s'ouvrir pour cette édition 2006 à toutes les autres images.
Au programme, un concert électro venu de Finlande, de même qu'un "concert de dessin", création en direct et sur grand écran d'une BD accompagnée d'une musique composée et jouée par Areski Belkacem. Il y aura également des projections de films et même une expo retraçant tout le "making of" d'un dessin animé.
L'espace enfants sacrifie aussi à cette volonté d'ouverture, préférant aux originaux exposés l'organisation de jeux et d'animations diverses. Le festival, d'autre part, amplifie encore cette année sa dimension internationale avec un espace dévolu aux BD japonaises et coréennes et un grand spectacle "cosplay", ces jeux de rôles où l'on personnifie ses héros favoris, programmé au théâtre. La BD africaine sera également à l'honneur, ainsi qu'un "focus" sur la Finlande et des rencontres, prévues tout au long du festival avec des auteurs du monde entier.
Le festival, qui attend 200.000 visiteurs et qui doit réunir près de mille auteurs de BD pour ce rendez-vous "incontournable", ne va toutefois pas négliger ce qui fit son succès: les cases et les bulles, les textes et les images sur papier glacé. Les fans de BD peuvent découvrir de nombreuses expositions "traditionnelles" dont une expo transgérationelle "de Pilote à Poisson pilote", montrant les correspondances et filiations entre auteurs des années 1960-70 et nouvelle vague 1995-2005.
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