"Alerte aux jeux dangereux": le cri d'alarme d'une maman

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER, le 11 septembre 2006 à 05h00 , mis à jour le 20 septembre 2006 à 08h15

Interview - . Onze ans après le décès de son fils de dix ans, victime du "jeu du foulard", une mère de famille publie un livre pour alerter parents et enfants sur la pratique des jeux dangereux à l'école.

"Jeux dangereux", un ouvrage poignant de Magali Duwelz jeux dangereux violences scolaires. Septembre 2006."Jeux dangereux", un ouvrage poignant de Magali Duwelz jeux dangereux violences scolaires © DR

LCI.fr : En 1995, Benjamin, votre fils de 10 ans a été retrouvé pendu dans les toilettes de son école, victime du "jeu du foulard". Dans votre livre (1), vous vous élevez contre la pratique de ces jeux dangereux, un phénomène sous estimé selon vous.

  • Jeu du foulard : "Je ne l'avais pas prévenu de ce danger-là..."

    TEMOIGNAGE - Une enquête publiée ce jeudi révèle qu'un enfant sur 10 a déjà joué à un "jeu dangereux", des "jeux" dont beaucoup ignorent les risques. La mère d'un enfant de 11 ans mort comme cela, témoigne en insistant sur l'importance de la prévention.

    Publié le 26/01/2012 Jeu du foulard : "Je ne l'avais pas prévenu de ce danger-là..."
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Magali Duwelz : Oui, c'est un véritable fléau. Depuis 1995, 206 enfants en sont morts dans le monde. Cela touche les jeunes entre 4 et 21 ans, les garçons principalement. Il existe plus de 90 jeux dangereux : du pendu, du foulard ou encore celui du 'happy slapping' (gifle ou agression filmée par téléphone portable, NDLR.) dont en parle beaucoup en ce moment. Il faut savoir que 68% des enfants connaissent au moins un de ces jeux.

LCI.fr : Vous écrivez "Personne ne nous a prévenus, personne ne nous a mis dans la confidence de ces jeux mystérieux auxquels tu te livrais..."

M.D. : A l'époque, on ne parlait pas de ces pratiques dangereuses répandues dans les cours de récréation. Le phénomène était sous-estimé voire inconnu. Le directeur de l'école nous a annoncé que mon fils s'était suicidé. Longtemps, on ne m'a pas écoutée, on pensait que je n'étais qu'une maman dans la douleur. J'ai mis cette souffrance au service d'un combat : informer les parents ou le système éducatif en général pour prévenir d'autres tragédies. Voilà le quotidien que je mène depuis 10 ans via l'association que j'ai créée (2) et, maintenant, ce livre.

LCI.fr : Qu'est ce qui pousse un enfant à se faire mal ? Comment prévenir ce genre de conduite ?

M.D. : La recherche de sensations nouvelles et d'expériences fortes et puis le défi entre copains. Il existe des signes avant-coureurs d'une pratique de conduite à risque : le repli sur soi-même, l'irritabilité ou l'agressivité, la phobie scolaire mais pas d'échec signalé... Dans mon livre, j'essaye d'être le plus détaillée possible sur les symptômes mais aussi sur les jeux. Attention ce ne sont pas des instructions mais cela doit permettre aux parents d'avoir toutes les clefs en main pour en parler avec leurs enfants. Pour prendre conscience du danger d'un jeu, certains enfants doivent être choqués, d'autres simplement avertis. La communication reste le meilleur moyen de démasquer et d'intervenir sur ces conduites à risque avant qu'il ne soit trop tard.

(1) Alerte aux jeux dangereux, par Magali Duwelz et Philippe Martinet, édition Le cercle des Auteurs, 350 pages, 19 euros.
(2) http://www.sosbenjamin.com/

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER le 11 septembre 2006 à 05:00
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17 Commentaires

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  • Valerie, le 13/09/2006 à 05h42

    Comment parle-t-on a un enfant de 6 ans de ces dangers a l'ecole sans pour autant les angoisser?

  • Valentin, le 12/09/2006 à 16h22

    C'est un besoin profond de l'être humain de chercher ses limites. Or quantité d'enfants sont surprotégés par parents et éducateurs. Il vaudrait mieux qu'il y ait plus de prise de risque dans le cadre institutionnel (sports "à risque") où, de temps en temps, un jeune se casserait un bras ou une jambe plutôt que des jeux à risque "en cachette". J'ai toujours été surpris pas la prise de risque des "jeunes parisiens" sur les pistes de ski. Mais tout le monde ne peut pas faire de ski! Alors des terrains d'accrobranche etc à commander à la région !!!

  • Jean-Jacques, le 12/09/2006 à 14h29

    Madame, j'ai rencontré récemment Madame Humbert, la maman de Vincent Humbert devenu tétraplégique, muet et presque aveugle et qui avait demandé à maintes reprise à mourir. Cette femme au courage exemplaire m'a inspiré un profond respect pour le combat qu'elle mêne. Si elle se bat pour la légalisation de l'eutanasie mais encadrée, votre combat est tout aussi honorable et je tenais à vous féliciter et vous remercier pour tous les enfants que vous avez déjà sauvés et ceux que vous sauverez encore.

  • Pivot, le 12/09/2006 à 11h11

    Un grand bravo pour votre combat. Pour info je me suis procurée le livre directement à la maison d'éditions le cercle des auteurs en commandant par téléphone ( on intenet )et j'y ai trouvé encore beaucoup plus d'informations de qualité. Merci et encore bravo.

  • Anaïs, le 12/09/2006 à 10h58

    Du même avis que l'ensemble des personnes ayant posté ici, je soutiens vraiment le combat de cette maman pour que les gens soient au courant de ces "jeux" méconnus. J'ai aujourd'hui 19 ans, je me souviens que des amiEs y jouaient quand je suis rentrée en 6ème (il y a 8 ans), elles se cachaient dans certains couloirs ou autres recoins pendant les inter-classes, entre midi et deux, et faisaient ce "jeux" du foulard (strangulation par les mains d'une autre, comme l'a expliqué Motard). Personnellement, je n'ai jamais voulu essayer, j'avais conscience du danger et je les ai dissuadées de le faire, mais c'est pas facile de se faire entendre dans ces cas-là, on passe pour un "nul". Elles ont fini par arrêter d'elle-même peu après, après qu'une amie se soit évanouie. C'était cette fois-ci en rentrant de l'école, dans un recoin de porte. Rien de grave dans cette histoire donc, mais ça aurait pu l'être... Bon courage dans votre combat Madame Duwelz !

  • Duwelz, le 11/09/2006 à 21h55

    Merci a tous pour votre soutien, 10 ans de travail acharné et intense pour sauver la vie des enfants, aujourd'hui ce combat est ma vie, et je suis à votre disposition pour vous aider,n'hésitez pas à me contacter, vous êtes tous les bienvenus et chacun pierre par pierre nous allons endiguer ce fléau , soyons solidaire pour nos enfants, pour vos enfants, merci Mme Duwelz

  • Vastre, le 11/09/2006 à 17h37

    Madame Duwetz, je suis extrêmement ému de ce que je lis sous la plume de votre interviewer. Votre expérience est extrême et je comprends votre douleur et votre action. Je souhaiterais vous aider (j'ai perdu aussi un fils), mais je ne sais pas si j'en suis capable. Je pense qu'accuser des personnes, des organisations, des administrations est ni utile ni efficace. Dans tous les cas quand on porte le débat sur un tel terrain on se trouve rapidement encerclé par la ligne rouge syndicale qui recentre le problème sur le domaine des moyens. On doit donc crier haut et fort que l'on n'a pas le droit de taire certaines choses. L'éducation des éducateurs est parfois à perfectionner, sinon à faire ! Il y a des responsabilités personnelles à mettre en évidence chez les parents comme chez les professionnels. Une prise de conscience de tous les intéressés serait bienvenue. Bien cordialement vôtre.

  • Delphine, le 11/09/2006 à 12h48

    Ces jeux existe depuis bien longteps.J'ai aujourd'hui 27 ans & je me souviens des garçons au collège qui tombaient à la renverse,les yeux retournés...c'était un défit car il faut faire comme les autres pour être bien...Comment stopper ça?Quand on veut se cacher dans une école pour faire des trucs interdits,on trouve toujours le moyen...

  • Laurent, le 11/09/2006 à 12h05

    Madamer, continuez votre combat. J'ai moi-meme ete une victime involontaire de ce genre de jeu, a l'age de 13 ans, en 1992-1993 au college. Le jeu en question etait de faire perdre connaissance a la victime en coupant l'arrivee de sang au cerveau par strangulation de la veine jugulaire. Je me suis reveille par terre. Ce jeu etait deja populaire a l'epoque.

  • Vincent, le 11/09/2006 à 12h04

    Merci à Motard de Marseille pour l'explication, ça me revient maintenant. En effet, ces jeux stupides tournaient dans les bouches à l'époque. Je reconnais que ceux-là en particuliers sont tout à fait dangeureux et vraiment graves. A Paul de Paris: en effet, je n'ai pas d'enfants. Et j'avoue volontier que si j'en coince un à tenter ce genre de jeux, ça se passera très mal. En fait, j'entendais par le classique "t'es pas cap" des choses beaucoup plus innocentes et qui me paraissent normales. Du genre sauté d'une branche etc... mais tout cela aussi est dangeureux et peut provoquer des accidents, mais je ne vois en aucun cas comment les empêcher. et c'est bien de ces "défis" dont je parlais quand je disais que ce n'était pas forcément une bonne chose de mettre des barrières partout. Seulement, après le petit rafraichissement de mémoire de Motard sur ce jeux du foulard, il n'y a aucun doute, ils faut en parler. Mais je rejoins l'avis de Peluche de Nice: dur d'être partout à la fois :-/

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